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« PASTEF doit exiger un gouvernement de cohabitation » : l'appel musclé de l'imam Cheikh Ibra Ndiaye

Dimanche 26 Juillet 2026

L'ancien inspecteur de l'Éducation et imam à Fatick, Serigne Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi, s'est prononcé sur la situation politique actuelle au Sénégal. Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux, il estime que PASTEF doit faire valoir sa majorité parlementaire en réclamant la mise en place d'un gouvernement de cohabitation dirigé par un Premier ministre issu de ses rangs.

Selon lui, le parti dirigé par Ousmane Sonko ne doit faire « aucun cadeau » au président Bassirou Diomaye Faye. Il affirme que ce dernier « est prêt à tous les coups bas pour avoir un deuxième mandat » et appelle PASTEF à réagir en exigeant « un gouvernement de cohabitation avec un Premier ministre PASTEF et des ministres PASTEF ».

Dans son analyse, Serigne Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi estime que si le président de la République décidait de dissoudre l'Assemblée nationale et que PASTEF remportait de nouvelles élections législatives, le parti devrait conditionner sa participation au pouvoir à la nomination d'un chef du gouvernement et de ministres issus de ses rangs. « Si PASTEF gagne les législatives après dissolution de l'Assemblée nationale en décembre 2026, il exige un Premier ministre et des ministres PASTEF dans un gouvernement de cohabitation », écrit-il.

À défaut de dissolution, il invite les députés de la majorité parlementaire à utiliser les mécanismes institutionnels prévus par la Constitution. « S'il n'y a pas dissolution de l'Assemblée, PASTEF renverse le gouvernement dès maintenant par une motion de censure et exige un gouvernement de cohabitation avec ses ministres et son programme », soutient-il.

L'ancien inspecteur de l'Éducation estime que la majorité parlementaire doit être pleinement assumée et traduite dans la composition de l'exécutif. « Un gouvernement de cohabitation n'est pas une aumône à mendier, c'est une exigence et un droit conforme à la Constitution et aux lois : on ne peut pas gouverner un pays contre sa majorité politique », affirme-t-il.

Dans son texte, Serigne Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi appelle également Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale, à tirer les conséquences de cette situation politique. « Il appartient à Sonko d'en tirer toutes les conséquences et de dire clairement que la majorité va censurer tout gouvernement qui n'est pas de cohabitation avec un Premier ministre et des ministres de PASTEF », écrit-il.

Des précisons
Il insiste sur le fait que la cohabitation doit intervenir immédiatement et ne doit pas être conditionnée à d'éventuelles élections législatives anticipées. « Certains n'ont pas du tout compris mon post. La cohabitation doit être immédiate et n'est pas du tout à différer, encore moins d'attendre que Pastef gagne les législatives anticipées si l'Assemblée nationale est dissoute en 2026 », écrit-il. Pour Serigne Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi, la majorité actuelle de PASTEF à l'Assemblée nationale lui confère la légitimité de réclamer la direction du gouvernement. « Je dis que Pastef est largement majoritaire à l'Assemblée et devrait exiger un Premier ministre et un gouvernement issus de ses rangs ou choisis par lui. C'est tout à fait abusif que le président Diomaye fasse fi de Pastef, choisisse un Premier ministre et un gouvernement hors de la majorité », soutient-il.

Il appelle ainsi les députés de PASTEF à utiliser les mécanismes parlementaires pour renverser l'actuel gouvernement. « Pastef doit automatiquement renverser le gouvernement d'Al Amin Lô par une motion de censure », affirme-t-il, estimant qu'« il est légal et légitime que le gouvernement vienne de la majorité claire qui est nette et indiscutable ».

L'ancien inspecteur de l'Éducation rappelle que, selon lui, PASTEF a remporté seul les élections présidentielle et législatives, sans coalition, ce qui lui donnerait toute légitimité pour former le gouvernement. « Légalement et légitimement, ce parti peut réclamer et obtenir que le Premier ministre et les ministres sortent de son giron, faute de quoi tout autre gouvernement hors de Pastef sera immédiatement censuré », écrit-il.

Pour illustrer son argumentation, il fait référence à l'histoire politique française. « Quand Chirac avait gagné les législatives, Mitterrand l'avait nommé Premier ministre et il avait choisi les ministres dans son parti et à droite. Le socialiste Mitterrand a dû accepter la cohabitation avec un Premier ministre et un gouvernement de droite », rappelle-t-il.

Serigne Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi estime également que la majorité parlementaire actuelle de PASTEF ne produit pas les effets attendus. « Actuellement, Pastef a une majorité qui ne sert à rien du tout à l'Assemblée parce que, jusqu'à preuve du contraire, il est incapable d'imposer la cohabitation et la mise en œuvre de son programme », déplore-t-il.

Selon lui, le président Diomaye Faye « gouverne avec d'autres et gomme toutes les mesures positives prises pendant deux ans par Sonko ». Il critique également le rejet du projet de révision constitutionnelle porté par PASTEF, estimant que le chef de l'État « s'est réfugié derrière le Conseil constitutionnel pour torpiller la réforme proposée par Pastef ».

Enfin, l'imam réaffirme que la cohabitation constitue, à ses yeux, la seule voie permettant de respecter le choix exprimé par les électeurs. « Il ne faut rien attendre pour la cohabitation : Pastef a gagné et la présidentielle et les législatives et doit faire prévaloir son droit de gouverner le Sénégal par sa majorité dans la cohabitation avec le président. Voilà ma pensée claire et nette : pas de cadeaux à faire à Diomaye ni le laisser déconstruire le Projet et gouverner contre Pastef », ajoute-il.



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