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Olivier Boucal : « Je ne peux pas défendre des positions auxquelles je ne crois pas uniquement pour conserver des privilèges ministériels »

Mercredi 24 Juin 2026

Invité de l’émission « Opinion Publique » sur la radio Number One FM (88.6) de Ziguinchor, animée par le journaliste Siradio Baldé, l’ancien ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Olivier Boucal, est revenu sur plusieurs sujets d’actualité, notamment son départ du gouvernement.


« Être choisi parmi 18 millions de Sénégalais pour diriger ce pays est un immense honneur », a-t-il déclaré, estimant avoir assumé cette responsabilité avec « tout le sérieux nécessaire » avant de quitter ses fonctions.
Mais au-delà de son bilan personnel, l’ancien ministre a surtout profité de cet entretien pour réaffirmer son ancrage politique au sein de PASTEF. Interrogé sur les démarches entreprises lors de la mise en place du nouveau gouvernement, il a révélé avoir été sollicité, tout en précisant avoir décliné l’invitation. Pour Olivier Boucal, une telle proposition ne pouvait être examinée en dehors du cadre de son parti. « J’appartiens à une organisation politique, PASTEF, qui a des principes, un leader et des règles claires », a-t-il affirmé, soulignant que l’engagement politique repose, selon lui, sur une logique collective et non sur des trajectoires individuelles.


Cette position traduit une volonté de privilégier la discipline de parti à toute démarche personnelle. Face aux critiques de ceux qui l’accusent de faire passer les intérêts de son parti avant ceux de la nation, Olivier Boucal défend une autre lecture. « Les Sénégalais nous ont élus sur la base d’un programme », a-t-il rappelé. À ses yeux, la légitimité politique découle du respect des engagements pris devant les électeurs. « Si les conditions ne permettent plus de suivre cette vision ou les valeurs pour lesquelles les Sénégalais nous ont fait confiance, il faut savoir s’arrêter », a-t-il soutenu.

L’ancien ministre est également revenu sur le message publié après la formation du nouveau gouvernement, dans lequel il affirmait être « enfin libéré d’un compagnonnage encombrant et insipide ». Une formule qui avait suscité de nombreuses interrogations dans l’espace politique. Sans désigner explicitement les personnes visées, il a expliqué qu’il s’agissait d’une relation politique devenue incompatible avec ses convictions. « Si la relation devient pesante, s’il n’y a plus de plaisir ni de convergence de vues, il vaut mieux que chacun reprenne sa route », a-t-il déclaré.


Olivier Boucal insiste également sur son indépendance personnelle et professionnelle pour justifier son choix. « Je suis fonctionnaire à la base, j’ai mon travail, je gagnais dignement ma vie », a-t-il rappelé. Une manière de répondre à ceux qui pourraient interpréter son départ comme la conséquence d’un calcul politique. « Je ne peux pas défendre des positions auxquelles je ne crois pas uniquement pour conserver des privilèges ministériels », a-t-il martelé.

Sur le terrain de l’action gouvernementale, l’ancien ministre défend un bilan qu’il juge significatif. « Nous avons réussi à débloquer des crises sociales qui stagnaient depuis des décennies », a-t-il affirmé. Il cite notamment le dossier des enseignants décisionnaires, « un problème vieux de plus de vingt ans », ainsi que celui des greffiers, dont le reclassement aurait permis de mettre fin à plusieurs mouvements de contestation.

Selon lui, des avancées importantes ont également été enregistrées dans les collectivités territoriales et dans le secteur de la santé. « Nous avons apaisé ces secteurs en apportant des solutions concrètes à leurs revendications », a-t-il soutenu.


Pour Olivier Boucal, ces résultats illustrent la volonté du gouvernement auquel il appartenait de s’attaquer à des dossiers sociaux longtemps laissés en suspens. Au-delà du bilan et des débats sur son départ, l’ancien ministre inscrit son engagement dans une dimension plus large, liée à l’histoire récente du combat politique mené par son camp. « Des gens sont morts, d’autres ont fait de la prison. J’en ai moi-même fait l’expérience pour ce projet. On ne peut pas trahir cela », a-t-il déclaré au cours de l’émission retransmise en direct sur Number One FM 88.6.
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