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ONU : Jean-Paul Carteron appelle à dépasser les « symboles » et mise sur le leadership de Macky Sall

Lundi 24 Août 2026

À mesure que se précise la désignation du prochain Secrétaire général des Nations unies, Jean-Paul Carteron, Suisse d’origine et fondateur du Forum de Crans Montana, prend ouvertement position en faveur de l’ancien président sénégalais Macky Sall. Dans une longue déclaration intitulée « Secrétariat général des Nations unies : l’heure n’est plus aux symboles, mais au leadership », il invite les décideurs à privilégier l’expérience politique, l’autorité et la capacité de médiation plutôt que les critères de genre ou d’équilibre géographique.

Deux arguments occupent actuellement une place importante dans les discussions autour de la succession à la tête des Nations unies : la possibilité de voir, pour la première fois, une femme diriger l’Organisation et l’idée que le poste devrait revenir à l’Amérique latine.

Jean-Paul Carteron juge ces aspirations légitimes, mais refuse qu'elles deviennent les critères déterminants du choix.

« Il serait évidemment souhaitable qu’une femme accède enfin à la plus haute fonction de l’Organisation, comme il est naturel que toutes les régions du monde puissent y être équitablement représentées. Mais faire de ces considérations les critères déterminants du choix constituerait une grave erreur », affirme-t-il.

Pour le fondateur du Forum de Crans Montana, le profil du prochain Secrétaire général doit être évalué avant tout à l'aune de ses qualités personnelles et politiques.

« Ce n’est ni en fonction du genre d’un candidat ni en fonction de son origine géographique que l’on peut véritablement apprécier les qualités de la personnalité dont les Nations unies ont aujourd’hui besoin », soutient-il.

Selon Jean-Paul Carteron, « le genre, la nationalité ou l’appartenance régionale ne permettent de mesurer ni l’autorité politique, ni le courage, ni la capacité de médiation, ni l’indépendance d’esprit, ni l’aptitude à dialoguer d’égal à égal avec les dirigeants des grandes puissances ».

« Ni une récompense géographique ni un symbole »

Jean-Paul Carteron récuse ainsi l'idée selon laquelle la direction des Nations unies devrait être attribuée suivant une simple logique de rotation géographique.

« Le Secrétariat général des Nations unies n’est ni une récompense géographique ni un symbole à attribuer selon un mécanisme de rotation. Il constitue l’une des responsabilités politiques les plus importantes et les plus difficiles au monde », insiste-t-il.

Pour lui, le titulaire du poste doit certes incarner l'universalité de l'Organisation, mais surtout disposer de « la stature nécessaire pour agir et pour être entendu ».

Cette exigence serait d'autant plus urgente que l'ONU traverse, à ses yeux, l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.

« Jamais, depuis plusieurs décennies, les Nations unies n’ont traversé une crise aussi profonde. L’Organisation peine à faire entendre sa voix, son autorité est contestée et ses initiatives sont trop souvent paralysées par les rivalités entre grandes puissances », constate Jean-Paul Carteron.

Il dresse également un tableau préoccupant de la situation internationale : « Les guerres se multiplient, le droit international est ouvertement bafoué, les populations civiles paient un tribut effroyable aux conflits et les mécanismes traditionnels de négociation ne fonctionnent plus. »

« Le monde ne cherche pas un fonctionnaire supplémentaire »

Dans ce contexte, Jean-Paul Carteron estime que le prochain patron de l'ONU ne pourra pas se contenter d'être un spécialiste des institutions internationales.

« Il devra être une personnalité politique de tout premier plan, capable de parler d’égal à égal avec les chefs d’État et de gouvernement, de franchir les portes les plus difficiles, de rapprocher des dirigeants qui ne se parlent plus et, lorsque cela sera nécessaire, de résister aux pressions des puissants », plaide-t-il.

À ses yeux, l'ONU a besoin d'une personnalité disposant d'une expérience directe du pouvoir, mais également « de l’audace, du charisme » et de la capacité à instaurer la confiance entre des interlocuteurs aux intérêts parfois diamétralement opposés.

S'il reconnaît les qualités des autres personnalités engagées dans la course, Jean-Paul Carteron considère que la situation internationale impose de dépasser les seuls parcours diplomatiques et administratifs.

« Le monde ne cherche pas aujourd’hui un fonctionnaire supplémentaire, aussi expérimenté soit-il : il a besoin d’un dirigeant capable de remettre les Nations unies au centre du jeu international », tranche-t-il.

Macky Sall, le choix de l’expérience politique

C'est précisément sur ce terrain que Jean-Paul Carteron place Macky Sall en tête de ses préférences.

« À cet égard, la candidature de Macky Sall se distingue avec une force particulière. Ancien président de la République du Sénégal, il possède l’expérience concrète du pouvoir, de la décision et du dialogue avec les plus grands dirigeants internationaux », affirme-t-il.

Le fondateur du Forum de Crans Montana met notamment en avant le passage de Macky Sall à la présidence de l'Union africaine.

Selon lui, l'ancien chef de l'État sénégalais y a « œuvré à des rapprochements essentiels, défendu les intérêts du continent sur la scène mondiale et contribué à maintenir des voies de dialogue dans des circonstances particulièrement difficiles ».

Mais Jean-Paul Carteron refuse de réduire Macky Sall à une candidature strictement africaine.

« Il connaît l’Afrique, mais son expérience et son réseau dépassent très largement les frontières du continent. Il peut s’adresser avec la même légitimité aux responsables africains, européens, américains, asiatiques et arabes », estime-t-il.

« Choisir Macky Sall » ne serait pas choisir une région

Jean-Paul Carteron développe ainsi l'idée d'une candidature appartenant au Sud global tout en ayant une portée internationale.

« Choisir Macky Sall ne signifiera donc pas privilégier une région au détriment d’une autre. Ce sera choisir une personnalité issue du Sud global, et disposant d’une stature véritablement internationale », affirme-t-il.

Pour lui, le véritable arbitrage doit opposer non pas les continents ou les genres, mais différentes conceptions du rôle du Secrétaire général.

Il appelle ainsi à préférer « l’expérience politique, la capacité de médiation, l’autorité personnelle et la connaissance des dirigeants du monde à une logique de quotas ou d’alternance préétablie ».

Jean-Paul Carteron résume le débat en ces termes : « La question n’est donc pas de savoir si le prochain Secrétaire général doit être un homme ou une femme, un Africain ou un Latino-Américain. Elle est de déterminer quelle personnalité possède la stature, la liberté d’action et la volonté nécessaires pour rendre aux Nations unies leur influence, leur crédibilité et leur capacité d’initiative. »

Et son choix est clairement assumé : « Parmi les candidatures en présence, Macky Sall apparaît comme celui qui réunit le plus clairement l’expérience, l’autorité et la dimension politique nécessaires à cette mission historique. »



Dans la dernière partie de sa déclaration, Jean-Paul Carteron interpelle directement ceux qui seront appelés à participer à la désignation du prochain Secrétaire général.

« Ceux qui vont voter dans quelques jours pour désigner le prochain Secrétaire général des Nations unies portent une responsabilité historique dont l’Histoire se souviendra, car leur choix va dépasser de très loin les équilibres diplomatiques, les préférences régionales ou les considérations de circonstance », prévient-il.

À ses yeux, l'enjeu dépasse largement la personne qui succédera à la tête de l'Organisation : c'est l'avenir et la capacité d'action des Nations unies qui seraient en jeu.

« En ces heures de douleur et de désordre pour le monde entier, ils doivent décider s’ils veulent donner à l’Organisation une personnalité à même de servir activement la paix, de restaurer le dialogue et de défendre le droit international », affirme Jean-Paul Carteron.

Son avertissement final est particulièrement sévère : « Un choix insuffisamment ambitieux pourrait précipiter l’effacement des Nations unies et transformer progressivement l’Organisation en une institution dénuée d’autorité, sans influence et, finalement, sans véritable raison d’exister. »

À travers cette déclaration, Jean-Paul Carteron assume donc un soutien sans ambiguïté à Macky Sall. Pour le fondateur du Forum de Crans Montana, face à une ONU fragilisée et à un ordre international profondément bouleversé, l'heure ne serait plus aux symboles, mais au choix d'un dirigeant doté d'une véritable expérience du pouvoir et capable de replacer la diplomatie multilatérale au centre du jeu mondial.

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