L’ancien Premier ministre a indiqué que 27 véhicules avaient été acquis pour un montant de 900 millions de francs CFA. Au-delà de la polémique sur leur coût ou sur l’origine des ressources mobilisées, cette déclaration soulève une question qui mérite d’être posée : comment ces 900 millions de ressources publiques sont-ils devenus 27 véhicules régulièrement intégrés au patrimoine de l’État ?
Il a également été indiqué publiquement que tout ou partie du financement provenait de ressources rattachées à un dispositif concernant la paix en Casamance. La nature exacte de ces crédits et les conditions de leur utilisation peuvent naturellement être discutées.
Mais admettons même que ces ressources aient pu être légalement mobilisées. Cela ne règle pas la question de la traçabilité des véhicules acquis.
Acheter ne suffit pas
L’Instruction présidentielle n°00112 du 6 janvier 2021 encadre l’acquisition, l’attribution et l’utilisation des véhicules appartenant à l’État.
Elle prévoit notamment une programmation des acquisitions à partir des besoins exprimés ainsi qu’une procédure de réception des véhicules acquis par l’administration. Elle organise ensuite leur identification et leur suivi : immatriculation dans les séries administratives, affectation et inscription dans un fichier permettant notamment de connaître l’immatriculation du véhicule, ses caractéristiques et son service affectataire.
Autrement dit, dépenser l’argent public ne suffit pas : encore faut-il pouvoir suivre le bien public acquis grâce à cet argent.
Plutôt que de spéculer sur l’origine ou la destination de ces véhicules, quelques questions administratives simples méritent donc d’être posées :
Quels besoins ont justifié leur acquisition ? Quelle administration les a réceptionnés ? Sous quelles immatriculations administratives circulent-ils ? À quels services ont-ils été affectés ? Et figurent-ils aujourd’hui dans le fichier du parc automobile de l’État ?
Si la chaîne administrative des 27 véhicules existe et qu’elle est complète, sa production permettra de lever les interrogations.
Si elle présente des ruptures, alors le débat dépasse largement 27 véhicules et 900 millions de francs CFA.
Il pose une question autrement plus importante : le patrimoine de l’État du Sénégal est-il suffisamment sécurisé ?
El Hadji Diaydi Ba Cissé
Administrateur public
Spécialiste en gouvernance publique et gestion du patrimoine de l’État
Il a également été indiqué publiquement que tout ou partie du financement provenait de ressources rattachées à un dispositif concernant la paix en Casamance. La nature exacte de ces crédits et les conditions de leur utilisation peuvent naturellement être discutées.
Mais admettons même que ces ressources aient pu être légalement mobilisées. Cela ne règle pas la question de la traçabilité des véhicules acquis.
Acheter ne suffit pas
L’Instruction présidentielle n°00112 du 6 janvier 2021 encadre l’acquisition, l’attribution et l’utilisation des véhicules appartenant à l’État.
Elle prévoit notamment une programmation des acquisitions à partir des besoins exprimés ainsi qu’une procédure de réception des véhicules acquis par l’administration. Elle organise ensuite leur identification et leur suivi : immatriculation dans les séries administratives, affectation et inscription dans un fichier permettant notamment de connaître l’immatriculation du véhicule, ses caractéristiques et son service affectataire.
Autrement dit, dépenser l’argent public ne suffit pas : encore faut-il pouvoir suivre le bien public acquis grâce à cet argent.
Plutôt que de spéculer sur l’origine ou la destination de ces véhicules, quelques questions administratives simples méritent donc d’être posées :
Quels besoins ont justifié leur acquisition ? Quelle administration les a réceptionnés ? Sous quelles immatriculations administratives circulent-ils ? À quels services ont-ils été affectés ? Et figurent-ils aujourd’hui dans le fichier du parc automobile de l’État ?
Si la chaîne administrative des 27 véhicules existe et qu’elle est complète, sa production permettra de lever les interrogations.
Si elle présente des ruptures, alors le débat dépasse largement 27 véhicules et 900 millions de francs CFA.
Il pose une question autrement plus importante : le patrimoine de l’État du Sénégal est-il suffisamment sécurisé ?
El Hadji Diaydi Ba Cissé
Administrateur public
Spécialiste en gouvernance publique et gestion du patrimoine de l’État

