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« Notre silence est complice » : Maimouna Bousso après le meurtre de Baba Abdoulaye Diop

Jeudi 18 Décembre 2025

Un drame endeuille la diaspora sénégalaise en France. Le jour même où l’État sénégalais célébrait officiellement ses ressortissants de l’extérieur, un jeune Sénégalais a été tué à Paris lors d’une altercation aux relents politiques. La députée de Pastef, Maimouna Bousso, a réagi avec fermeté, mettant en cause un climat de haine qu’elle juge entretenu et banalisé dans le débat public sénégalais.

Dans une déclaration sans détour, l’élue établit un lien direct entre ce qu’elle considère comme des discours politiques irresponsables et le passage à l’acte violent. « Le jour même où l’État sénégalais célèbre sa diaspora, un Sénégalais est tué dans la diaspora, à Paris », déplore-t-elle, avant d’ajouter : « Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un discours xénophobe banalisé, toléré et exploité par des responsables politiques au Sénégal ».


La victime, Baba Abdoulaye Diop, sympathisant de Pastef et résident en France pour ses études, a été mortellement poignardée, selon des membres de sa famille. « Il a été assassiné à l’arme blanche au cours d’une altercation », confient ses proches, qui évoquent un différend sur fond de divergences politiques.

Très actif sur les réseaux sociaux, Baba Abdoulaye Diop était connu sous le pseudonyme de Guelwar (Venom) sur TikTok, où il défendait régulièrement le projet politique et les idées du leader de Pastef, Ousmane Sonko. Selon ses proches et des membres de sa famille, « son meurtre serait lié à une altercation survenue à la suite de divergences politiques ». Le présumé agresseur serait, d’après les mêmes sources, présenté comme membre d’un parti nationaliste sénégalais.

Un réquisitoire contre l’irresponsabilité politique

Pour Maimouna Bousso, ce drame dépasse le fait divers. Il s’inscrit dans une spirale dangereuse nourrie par des discours de stigmatisation. « À force de jouer avec la haine des autres pour exister politiquement, ils ont rendu cette violence possible. Qu’ils assument », accuse-t-elle, dénonçant ce qu’elle qualifie de faillite collective.

La députée appelle également à une prise de conscience nationale. « Notre silence est complice. Voilà la vérité. Voilà notre faillite », affirme-t-elle, exhortant les autorités et la classe politique à rompre avec ce qu’elle considère comme une indignation de façade. « Exigeons responsabilité et justice. Le temps de l’indignation feinte est révolu », insiste-t-elle.

Maimouna Bousso a tenu à adresser un message de compassion à la famille du défunt. « Mes condoléances à la famille et mes prières pour le repos de l’âme de Baba Abdoulaye Diop », a-t-elle déclaré, appelant à ce que toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce meurtre qui secoue la communauté sénégalaise de France et relance le débat sur la violence politique, y compris au sein de la diaspora.

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