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New York : le grand architecte sénégalais Cheikh Ngom à l’honneur au Museum of Modern Art

Jeudi 13 Août 2026

Du 5 juillet 2026 au 2 janvier 2027, l’œuvre de feu Cheikh Ngom est mise à l’honneur à New York, dans le cadre d’une exposition consacrée à l’architecture ouest-africaine de l’après-indépendance. Une reconnaissance internationale qui met en lumière l’empreinte laissée par l’architecte sénégalais dans l’histoire de l’architecture moderne du continent.


Le Sénégal est une nouvelle fois mis en lumière sur la scène culturelle et intellectuelle internationale à travers l’œuvre de feu Cheikh Ngom. Figure majeure de l’architecture sénégalaise du XXe siècle, l’architecte originaire de Casamance occupe une place centrale dans une exposition organisée à New York, du 5 juillet 2026 au 2 janvier 2027, autour de l’architecture ouest-africaine de l’après-indépendance. Cette exposition entend notamment montrer comment les architectes africains ont contribué à réinventer le modernisme en l’adaptant aux réalités historiques, culturelles et sociales du continent.

Né en 1935 en Casamance, Cheikh Ngom, décédé en 2025, est présenté comme le premier architecte sénégalais formé à l’université. Après des études à Paris durant les dernières années de la période coloniale française, il obtient des formations d’ingénieur, d’urbaniste et d’architecte avant de revenir au Sénégal au lendemain de l’indépendance. Son parcours intervient dans une période où les nouveaux États africains cherchent à affirmer leur identité, y compris à travers leur architecture.

Un modernisme profondément ancré dans l’identité sénégalaise

L’œuvre de Cheikh Ngom repose sur une volonté de concilier les principes de l’architecture moderne avec les traditions, les cultures et les modes de vie locaux. L’architecte considère ainsi les références africaines non comme des éléments secondaires, mais comme une véritable source de création architecturale. Ses réalisations témoignent de cette démarche, notamment l’extension de la Faculté de droit de l’Université de Dakar, la tour de la BCEAO à Dakar, achevée en 1979, ainsi que plusieurs projets résidentiels et institutionnels.

Son projet, non réalisé, du Musée national Léopold Sédar Senghor illustre également cette recherche d’un dialogue entre modernité et traditions architecturales africaines. Le projet imaginait notamment un ensemble de formes inspirées de l’architecture villageoise, réinterprétées dans un cadre institutionnel contemporain.

Cette approche rejoint les grands débats intellectuels qui traversaient le Sénégal et l’Afrique au lendemain des indépendances, notamment autour de l’identité culturelle, de la négritude et de la construction d’une nouvelle conscience africaine.

Une architecture pensée pour les populations

Au-delà des grands édifices, Cheikh Ngom s’est également distingué par sa conception sociale de l’architecture. Son ensemble de logements de Grand Médine, à Dakar, constitue à cet égard l’un des exemples les plus significatifs de sa démarche. Le projet organisait un millier d’habitations autour d’espaces communs, en tenant compte des habitudes de vie et des relations communautaires. L’objectif était notamment de permettre aux habitants de faire évoluer leurs logements en fonction de leurs besoins, plutôt que de leur imposer des constructions figées. Cette vision de l’architecture, attentive aux communautés et à leur environnement, donne aujourd’hui une résonance particulière à son œuvre, à l’heure où les questions de climat, de durabilité et d’adaptation des villes sont au cœur des réflexions internationales.

Un héritage qui dépasse le Sénégal

L’influence de Cheikh Ngom ne se limite pas à ses réalisations. Enseignant, mentor et intellectuel, il a également participé à la formation de plusieurs générations d’architectes sénégalais.

Son parcours est ainsi présenté comme une illustration de l’originalité du modernisme ouest-africain. Pour les promoteurs de l’exposition, les architectes africains de l’après-indépendance n’ont pas simplement reproduit les modèles occidentaux. Ils ont contribué à élargir le champ de l’architecture moderne en y intégrant leurs propres références historiques, culturelles et sociales.

« Une fierté nationale et planétaire »

Pour Abdou Sané, conseiller municipal de Ziguinchor, cette reconnaissance internationale constitue une source de fierté particulière pour la Casamance, région natale de l’architecte. « Derrière cette exposition, c’est l’expertise de tout un continent qui est célébrée. Le Sénégal et Ziguinchor en particulier ont des raisons d’être fiers de l’envergure et de la stature de cet architecte connu pour sa générosité, son sens élevé de l’humanisme, sa fibre patriotique et son attachement viscéral à son terroir », souligne-t-il.

L’élu rappelle également que la ville de Ziguinchor a déjà tenu à inscrire la mémoire de l’architecte dans son espace urbain. « Ce n’est pas par hasard qu’une des rues de la commune de Ziguinchor porte son nom », rappelle Abdou Sané. Pour lui, cette reconnaissance internationale devrait désormais être accompagnée d’un hommage officiel au niveau national. « Il est aussi attendu du niveau central un hommage à la dimension, à l’envergure et à la notoriété de cet homme qui constitue plus qu’une fierté nationale, mais une fierté planétaire », plaide-t-il.

À travers cette exposition new-yorkaise, c’est donc une partie de l’histoire architecturale du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest qui bénéficie d’une nouvelle visibilité. Pour ses admirateurs, l’œuvre de Cheikh Ngom mérite désormais d’être davantage valorisée au Sénégal, notamment dans sa Casamance natale, afin que les nouvelles générations puissent mieux connaître l’héritage laissé par celui qui fut l’un des pionniers de l’architecture moderne sénégalaise.

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