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Afrique : voici les mouvements, rébellions et partis africains soutenus par Israël

Dimanche 4 Octobre 2026

Les relations entre Israël et l’Afrique reposent historiquement sur une stratégie diplomatique et sécuritaire visant principalement à nouer des partenariats avec des gouvernements en place. Cette politique a notamment cherché à renforcer les appuis diplomatiques de l’État hébreu sur le continent et à contenir l’influence de puissances rivales, notamment arabes et iraniennes.


Mais l’histoire des relations israélo-africaines ne se limite pas aux rapports avec les gouvernements. Plusieurs travaux et enquêtes ont documenté, selon les périodes, des formes de soutien, de formation ou de coopération militaire avec des mouvements armés, des factions ou des régimes engagés dans des conflits internes.



Dans les années 1960, Israël a notamment été associé à des formes de soutien clandestin à des mouvements opposés au régime de Ian Smith en Rhodésie, aujourd’hui le Zimbabwe. Des sources historiques rapportent des contacts et un appui logistique à certains mouvements de résistance avant l’évolution de la politique israélienne dans la région.

L’un des dossiers les plus souvent cités concerne également la première guerre civile soudanaise. À cette époque, Israël a apporté un soutien militaire à Anyanya, mouvement rebelle opérant dans le Sud-Soudan contre le pouvoir central de Khartoum. Cette politique s’inscrivait dans une stratégie visant notamment à affaiblir un gouvernement considéré comme proche du monde arabe.

Le rapprochement avec l’Afrique du Sud de l’apartheid

L'alliance stratégique et militaire entre Israël et le régime de l'apartheid en Afrique du Sud s'est développée principalement des années 1970 au début des années 1990. Si Israël avait initialement critiqué la politique raciale de Pretoria à l'ONU dans les années 1950 et 1960, son isolement diplomatique croissant après la guerre du Kippour (1973) l'a poussé à sceller un partenariat secret et multiforme avec le gouvernement de la minorité blanche.

Les piliers du soutien israélien au régime de l'apartheid : Coopération militaire de grande envergure : Israël est devenu l'un des principaux fournisseurs d'armes de l'Afrique du Sud, permettant au régime d'apartheid de contourner le strict embargo sur les armes décrété par l'ONU en 1977. Le commerce militaire entre les deux pays s'est élevé à plusieurs milliards de dollars. Israël a notamment fourni des vedettes lance-missiles, aidé à moderniser les avions de chasse de l'armée sud-africaine (les Cheetah, basés sur les Mirage) et partagé son expertise en matière de contre-insurrection.

• L'accord secret de défense (ISSA) de 1975 : Signé secrètement par Shimon Peres (alors ministre de la Défense) et P.W. Botha (son homologue sud-africain), l'accord Israel–South Africa agreement (ISSA) a officialisé une étroite collaboration en matière de sécurité et de technologie de défense. • Collaboration technologique et nucléaire : Les deux pays ont étroitement collaboré au développement de technologies militaires avancées, incluant des missiles balistiques (programme Jericho) et des armes nucléaires. L'Afrique du Sud fournissait de l'uranium (« yellowcake »), tandis qu'Israël apportait son expertise technologique.

• Relations avec les Bantoustans : Contrairement à la communauté internationale, Israël a entretenu des échanges commerciaux et des relations diplomatiques de fait avec les dirigeants des Bantoustans, ces territoires pseudo-indépendants créés par le régime sud-africain pour confiner et priver de droits civiques la population noire.
Ce soutien historique a pris fin sous la pression des États-Unis à la fin des années 1980, obligeant Israël à adopter des sanctions contre Pretoria en 1987. Après l'avènement de la démocratie en 1994, Nelson Mandela et les dirigeants du Congrès National Africain (ANC) ont rappelé à plusieurs reprises qu'ils « n'oublieraient pas » l'appui militaire apporté par Israël à leurs oppresseurs. Ce passé structure encore aujourd'hui les tensions géopolitiques profondes entre l'Afrique du Sud et Israël.

Coopérations militaires dans les conflits africains

Les relations militaires israéliennes avec plusieurs États africains ont également été régulièrement documentées dans le contexte de conflits internes.

Le Soudan du Sud, devenu indépendant en 2011, constitue l'un des exemples régulièrement évoqués. Les relations entre les deux pays se sont développées sur les plans diplomatique, sécuritaire et militaire, dans un contexte marqué par les affrontements entre les forces gouvernementales et les partisans de Riek Machar.

Le Rwanda fait également partie des pays cités dans les travaux consacrés aux exportations d'armes israéliennes vers l'Afrique. La question des livraisons d'armes et de leur utilisation dans des contextes de violences ou de conflits a, à plusieurs reprises, suscité des controverses.

Une influence qui passe désormais par les parlements

Plus récemment, l'influence israélienne sur le continent s'est également développée à travers les relations parlementaires et les réseaux politiques.

Des groupes de parlementaires favorables au développement des relations avec Israël ont ainsi été constitués dans plusieurs pays africains, notamment en Éthiopie, en Côte d'Ivoire, aux Seychelles, au Gabon et en Guinée.

Ces réseaux cherchent notamment à promouvoir la coopération avec Israël dans des secteurs comme la technologie, l'agriculture, la sécurité et l'économie.

Une stratégie qui a évolué

L'histoire des relations entre Israël et l'Afrique apparaît ainsi plus complexe qu'une simple succession de relations diplomatiques entre États. Selon les périodes et les contextes, la stratégie israélienne a combiné coopération gouvernementale, partenariats militaires, renseignement, diplomatie et, dans certains cas documentés, relations avec des mouvements armés ou des acteurs non étatiques.

Cette évolution s'inscrit dans une logique plus large : pour Israël, l'Afrique représente à la fois un espace diplomatique stratégique, un marché économique et technologique, mais aussi un terrain important dans les rapports de force régionaux et internationaux.
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