Invités par Shakira à participer au spectacle de la mi-temps de la finale de la Coupe du monde 2026, les Ghetto Kids s'apprêtent à vivre le plus grand moment de leur histoire. Derrière cette invitation se cache le parcours hors du commun d'un groupe de jeunes danseurs ougandais issus de milieux défavorisés, qui voient dans cette opportunité une chance de transformer leur avenir.
Le 14 mai, les Ghetto Kids publient une nouvelle vidéo sur les réseaux sociaux. Comme ils le font régulièrement, les jeunes danseurs ougandais y enchaînent les chorégraphies qui ont fait leur réputation à travers le monde. Cette fois, ils dansent sur « Dai Dai », la chanson officielle de la Coupe du monde 2026 de football, interprétée par Shakira.
Quatre jours plus tard, l'impensable se produit. La chanteuse colombienne repère la vidéo et leur adresse une invitation : participer au spectacle de la mi-temps de la finale de la Coupe du monde, le 19 juillet au MetLife Stadium, dans le New Jersey.
« Nous étions de grands fans de Shakira », raconte Ssegirinya Madwanah, plus connu sous le nom de King, l'un des jeunes danseurs du groupe. « Notre manager nous disait toujours : ''continuez à travailler, peut-être qu'un jour, elle vous remarquera.'' Et ce jour est arrivé. » Lorsque la nouvelle tombe, les enfants n'en revenaient pas. « Nous avons sauté partout. Tout le monde souriait. Nous n'arrivions pas à y croire. Nous avons dansé toute la nuit », se souvient King. Pour Ronnie Ssentongo, ancien membre des Ghetto Kids aujourd'hui responsable des réseaux sociaux du groupe, la surprise fut totale : « Cela nous a pris de court. Nous ne nous attendions pas à une telle réaction. Nous sommes impatients de voir où cette opportunité peut nous mener. »
Les Ghetto Kids ont pourtant déjà connu les projecteurs. Le groupe s'est produit lors des CAF Awards au Maroc, a participé à Britain's Got Talent et a pris part à plusieurs événements organisés autour de la Coupe du monde au Qatar. Mais cette invitation est, selon eux, d'une tout autre ampleur. « C'est bien plus grand que tout ce que nous avons fait auparavant », affirme Ronnie.
Une famille construite autour de la danse
Derrière les millions de vues cumulées sur les réseaux sociaux, les Ghetto Kids sont avant tout une organisation créée en 2013 dans un quartier populaire de Kampala. Aujourd'hui, une soixantaine d'enfants vivent ensemble au sein de la structure. Certains sont orphelins. D'autres viennent de familles particulièrement vulnérables. Quelques-uns ont grandi dans la rue.
La danse, la musique et le théâtre constituent à la fois un moyen d'expression et une source de revenus. « Ce qui nous unit, c'est l'amour, explique Ronnie. Si vous nous voyez aujourd'hui, vous ne pouvez pas deviner que nous venons tous d'horizons différents. Nous sommes une famille. Nous mangeons ensemble, nous prenons soin les uns des autres. »
Les spectacles permettent de financer les frais de scolarité, les vêtements, les soins médicaux et les dépenses du quotidien. Pour Ronnie, l'invitation de Shakira pourrait avoir des conséquences bien au-delà d'une simple performance devant des millions de téléspectateurs : « C'est une opportunité qui peut changer une vie. C'est grâce à ce genre d'événements que nous pouvons financer les frais de scolarité, les soins de santé, les vêtements et tout ce dont les enfants ont besoin. » Le groupe espère que cette visibilité mondiale attirera de nouveaux partenaires et de nouvelles opportunités.
Le parcours de King
Parmi les enfants qui se préparent aujourd'hui à participer à l'un des événements les plus regardés au monde, King incarne à lui seul l'histoire des Ghetto Kids. Avant de rejoindre les Ghetto Kids en 2017, il a grandi dans un contexte familial difficile : « Je vivais avec ma mère et mon beau-père. Il rentrait souvent tard le soir quand il avait bu. Vous savez comment les gens peuvent se comporter dans ces moments-là. »
Très jeune, il commence à danser dans les rues de Kampala pour gagner quelques pièces. Il rejoint ensuite un premier groupe de danseurs. Les représentations ont parfois lieu au milieu de la nuit. « Nous attendions parfois jusqu'à quatre ou cinq heures du matin pour monter sur scène. Ensuite, nous marchions pendant plusieurs heures pour rentrer chez nous parce que nous n'avions pas l'argent pour le transport », se souvient-il.
Sa vie change lorsqu'il participe à un casting organisé par les Ghetto Kids à la recherche de nouveaux talents. En 2020, il retrouve son père biologique. L'année suivante, il perd sa mère.
L'espoir malgré les incertitudes
Une question demeure néanmoins. Ces derniers mois, l'apparition de cas d'Ebola en Ouganda a alimenté des inquiétudes concernant d'éventuelles restrictions de voyage pour certains ressortissants de la région. Les Ghetto Kids suivent la situation avec attention. « Nous avons un peu peur, reconnaît King. Mais nous croyons que tout se passera comme prévu et que nous serons là, quoi qu'il arrive. »
Le rendez-vous est fixé au 19 juillet prochain au MetLife Stadium, dans le New Jersey. Pour King, cette invitation dépasse tout ce qu'il aurait pu imaginer lorsqu'il dansait dans les rues de Kampala : « Je ne savais pas que j'allais rejoindre les Ghetto Kids. Je ne savais pas non plus qu'un jour je serais aux côtés de Shakira. Cela prouve que tout est possible. »
RFI
Le 14 mai, les Ghetto Kids publient une nouvelle vidéo sur les réseaux sociaux. Comme ils le font régulièrement, les jeunes danseurs ougandais y enchaînent les chorégraphies qui ont fait leur réputation à travers le monde. Cette fois, ils dansent sur « Dai Dai », la chanson officielle de la Coupe du monde 2026 de football, interprétée par Shakira.
Quatre jours plus tard, l'impensable se produit. La chanteuse colombienne repère la vidéo et leur adresse une invitation : participer au spectacle de la mi-temps de la finale de la Coupe du monde, le 19 juillet au MetLife Stadium, dans le New Jersey.
« Nous étions de grands fans de Shakira », raconte Ssegirinya Madwanah, plus connu sous le nom de King, l'un des jeunes danseurs du groupe. « Notre manager nous disait toujours : ''continuez à travailler, peut-être qu'un jour, elle vous remarquera.'' Et ce jour est arrivé. » Lorsque la nouvelle tombe, les enfants n'en revenaient pas. « Nous avons sauté partout. Tout le monde souriait. Nous n'arrivions pas à y croire. Nous avons dansé toute la nuit », se souvient King. Pour Ronnie Ssentongo, ancien membre des Ghetto Kids aujourd'hui responsable des réseaux sociaux du groupe, la surprise fut totale : « Cela nous a pris de court. Nous ne nous attendions pas à une telle réaction. Nous sommes impatients de voir où cette opportunité peut nous mener. »
Les Ghetto Kids ont pourtant déjà connu les projecteurs. Le groupe s'est produit lors des CAF Awards au Maroc, a participé à Britain's Got Talent et a pris part à plusieurs événements organisés autour de la Coupe du monde au Qatar. Mais cette invitation est, selon eux, d'une tout autre ampleur. « C'est bien plus grand que tout ce que nous avons fait auparavant », affirme Ronnie.
Une famille construite autour de la danse
Derrière les millions de vues cumulées sur les réseaux sociaux, les Ghetto Kids sont avant tout une organisation créée en 2013 dans un quartier populaire de Kampala. Aujourd'hui, une soixantaine d'enfants vivent ensemble au sein de la structure. Certains sont orphelins. D'autres viennent de familles particulièrement vulnérables. Quelques-uns ont grandi dans la rue.
La danse, la musique et le théâtre constituent à la fois un moyen d'expression et une source de revenus. « Ce qui nous unit, c'est l'amour, explique Ronnie. Si vous nous voyez aujourd'hui, vous ne pouvez pas deviner que nous venons tous d'horizons différents. Nous sommes une famille. Nous mangeons ensemble, nous prenons soin les uns des autres. »
Les spectacles permettent de financer les frais de scolarité, les vêtements, les soins médicaux et les dépenses du quotidien. Pour Ronnie, l'invitation de Shakira pourrait avoir des conséquences bien au-delà d'une simple performance devant des millions de téléspectateurs : « C'est une opportunité qui peut changer une vie. C'est grâce à ce genre d'événements que nous pouvons financer les frais de scolarité, les soins de santé, les vêtements et tout ce dont les enfants ont besoin. » Le groupe espère que cette visibilité mondiale attirera de nouveaux partenaires et de nouvelles opportunités.
Le parcours de King
Parmi les enfants qui se préparent aujourd'hui à participer à l'un des événements les plus regardés au monde, King incarne à lui seul l'histoire des Ghetto Kids. Avant de rejoindre les Ghetto Kids en 2017, il a grandi dans un contexte familial difficile : « Je vivais avec ma mère et mon beau-père. Il rentrait souvent tard le soir quand il avait bu. Vous savez comment les gens peuvent se comporter dans ces moments-là. »
Très jeune, il commence à danser dans les rues de Kampala pour gagner quelques pièces. Il rejoint ensuite un premier groupe de danseurs. Les représentations ont parfois lieu au milieu de la nuit. « Nous attendions parfois jusqu'à quatre ou cinq heures du matin pour monter sur scène. Ensuite, nous marchions pendant plusieurs heures pour rentrer chez nous parce que nous n'avions pas l'argent pour le transport », se souvient-il.
Sa vie change lorsqu'il participe à un casting organisé par les Ghetto Kids à la recherche de nouveaux talents. En 2020, il retrouve son père biologique. L'année suivante, il perd sa mère.
L'espoir malgré les incertitudes
Une question demeure néanmoins. Ces derniers mois, l'apparition de cas d'Ebola en Ouganda a alimenté des inquiétudes concernant d'éventuelles restrictions de voyage pour certains ressortissants de la région. Les Ghetto Kids suivent la situation avec attention. « Nous avons un peu peur, reconnaît King. Mais nous croyons que tout se passera comme prévu et que nous serons là, quoi qu'il arrive. »
Le rendez-vous est fixé au 19 juillet prochain au MetLife Stadium, dans le New Jersey. Pour King, cette invitation dépasse tout ce qu'il aurait pu imaginer lorsqu'il dansait dans les rues de Kampala : « Je ne savais pas que j'allais rejoindre les Ghetto Kids. Je ne savais pas non plus qu'un jour je serais aux côtés de Shakira. Cela prouve que tout est possible. »
RFI


