Invité de l’émission Point de vue sur la RTS, Ousmane Ngom a vivement critiqué la vision souverainiste portée par le régime de PASTEF, estimant que cette orientation politique ne peut être viable sans des bases économiques et financières solides. L’ancien ministre et proche de Abdoulaye Wade a mis en garde contre ce qu’il considère comme une approche déconnectée des réalités géopolitiques et économiques contemporaines.
« Parce que la souveraineté ne se proclame pas. Le souverainisme, quand on n’a pas les moyens de sa politique, c’est vraiment se faire des illusions », a-t-il déclaré. Pour étayer son propos, Ousmane Ngom s’est appuyé sur une célèbre formule du général Charles de Gaulle. « Le général De Gaulle avait l’habitude de dire : “Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités”. C’est ce qu’on a appelé la realpolitik », a-t-il rappelé. Selon lui, le Sénégal doit avant tout tenir compte des rapports de force et du contexte international actuel plutôt que de miser sur une logique de rupture totale avec les partenaires extérieurs. « Il faut tenir compte des réalités du monde actuel, du contexte actuel dans lequel nous sommes, et à partir de ce moment-là marcher avec ces réalités », a-t-il soutenu.
L’ancien ministre de l'intérieur estime que le souverainisme absolu est une illusion dans un monde globalisé où même les plus grandes puissances dépendent de partenariats économiques et financiers. « Aucun État ne peut vivre en autarcie ou avec des solutions endogènes uniquement », a-t-il affirmé, rappelant que « les États-Unis, qui sont la plus grande puissance politique du monde, sont endettés ».
Dans son analyse, Ousmane Ngom souligne que même les pays développés entretiennent des relations permanentes avec des partenaires internationaux pour soutenir leur croissance et leur stabilité économique. « Tous les pays du monde, même les pays développés, sont endettés et ont des relations avec des partenaires pour avancer. Donc aucun pays ne peut vivre en autarcie ou programmer un souverainisme absolu. Ça n’existe nulle part ailleurs », a-t-il insisté.
Le proche de Me Wade considère que cette réalité est encore plus valable pour les pays africains, confrontés à d’importants défis de développement. « Encore moins en Afrique, ici où tout est à faire », a-t-il lancé, estimant que les États africains doivent encore bâtir leurs infrastructures, leurs institutions et leurs outils de production. « Il faut construire des hôpitaux, des routes, des usines, etc. Il faut que l’État puisse s’appuyer encore une fois sur des partenaires solides qui vont l’accompagner », a expliqué Me Ngom.
S’il plaide pour une coopération renforcée avec les partenaires étrangers, l’ancien ministre insiste également sur la nécessité de soutenir les opérateurs économiques nationaux. « Il faut s’appuyer d’abord aussi sur des champions nationaux. Il faut les bâtir, les rassurer, les accompagner et ne pas vraiment les étouffer », a-t-il déclaré. Pour lui, le véritable développement passe par une combinaison entre forces nationales et coopération internationale. « À partir de ces champions nationaux qui vont travailler avec des partenaires étrangers, on peut faire avancer le pays, parce qu’on ne peut pas faire l’économie de travailler avec des partenaires étrangers », a conseillé Me Ousmane Ngom.

