Menu

Massacre en Casamance : que s’est-il passé dans la forêt de Bourofaye ?

Mercredi 10 Janvier 2018

Dans le sud du Sénégal, treize bûcherons ont été retrouvés morts, tués par balles ou à l’arme blanche. Sept hommes ont réchappé à l’attaque.

Samedi 6 janvier, vers 6 heures du matin, Ibrahima Dafé, un jeune bûcheron, a été capturé par des hommes encagoulés alors qu’il allait couper du bois dans la forêt protégée de Bourofaye Bainounk, dans le sud du Sénégal. « Ils étaient en uniforme militaire, munis de chaussures de type rangers ou en plastique et parlaient en langue locale », explique-t-il à l’AFP depuis son lit d’hôpital à Ziguinchor, capitale de la Casamance. « J’ai été le premier à être capturé », affirme-t-il. Emmené par ses ravisseurs dans un coin reculé de la forêt, il sera bientôt rejoint par d’autres coupeurs de bois arrêtés dans des circonstances similaires.

« Deux personnes m’ont interpellé en pleine forêt, m’ont demandé si j’avais un téléphone portable et m’ont sommé de l’éteindre », raconte à l’Agence de presse sénégalaise (APS) Amadou Diallo, un autre rescapé – deux balles ont été extraites de son corps. « Nous étions une vingtaine de personnes, les hommes armés étaient plus de 30 voire 40, poursuit-il. Certains portaient des uniformes, d’autres étaient encagoulés. Ils nous ont ordonné d’enlever nos chaussures. Ensuite, ils nous ont demandé de nous coucher par terre et ils ont commencé à nous arroser de balles. Ceux qui tentaient de fuir ont été achevés. Moi, je n’ai pas bougé. »

Attirées par les bruits des tirs, ce sont des femmes travaillant dans des rizières voisines qui ont trouvé les morts. Treize exécutés, dont « dix par balles, deux par arme blanche et un brûlé », a annoncé le secrétaire général du gouvernement sénégalais. L’attaque a également fait sept blessés, dont deux graves évacués d’urgence vers Dakar.
 

Si le gouvernement se refuse pour l’instant à désigner des coupables, nombreux sont les médias et les personnalités politiques qui soupçonnent les hommes de César Atoute Badiate, chef rebelle du front sud du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Certains avancent l’hypothèse d’un acte désespéré face à des négociations de paix ne considérant que les revendications de Salif Sadio, chef rival du front nord. L’affront de trop aurait été la libération par les autorités sénégalaises de deux des hommes de Sadio, le 1er janvier, après une médiation de la communauté catholique de Sant’Egidio. Refusant de s’exprimer sur un potentiel accord de libération avec le MFDC nord, le gouvernement, discret sur l’affaire, a indiqué que les détenus avaient simplement bénéficié d’un non-lieu.

Mais cette hypothèse ne tient pas debout d’après l’ancien journaliste Demba Ndiaye, spécialiste du conflit casamançais : « Si Badiate voulait faire pression sur le gouvernement pour montrer que le front sud existe toujours, il ne tuerait pas treize personnes, ça le desservirait. Il ferait un communiqué, comme d’habitude, car il est toujours prêt à négocier. » Selon lui, si les responsables sont peut-être des hommes du MFDC, le mobile ne serait pas lié aux négociations de paix mais au trafic de bois de teck. « La forêt de Bourofaye est leur forêt sacrée, l’un des derniers poumons verts du Sénégal, poursuit-il. Malgré les avertissements, leur territoire est violé en permanence par les coupeurs de bois qui alimentent les scieries de Ziguinchor et le commerce international. »

Bandes armées rivales
Un avis qui fait écho au communiqué du MFDC publié lundi et dans lequel la rébellion « condamne fermement cet acte » et présente ses condoléances « aux familles éplorées ». Les indépendantistes demandent aux autorités sénégalaises « d’orienter leurs enquêtes vers le gouverneur de la région de Ziguinchor, le chef du service régional des eaux et forêts, le commandant de la légion gendarmerie sud et le procureur de la République en poste à Ziguinchor », qu’ils accusent d’être « à la tête d’un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de teck en provenance de la forêt du Bayotte », autre nom pour la forêt de Bourofaye.

Et de dénoncer des coupeurs de bois venus de Ziguinchor et de la Guinée-Bissau voisine, qui « opèrent de nuit comme de jour avec la complicité des agents des eaux et forêts et de la gendarmerie ». Selon les rebelles, le massacre serait le fait de bandes armées rivales de coupeurs de bois liés à des scieries locales se menant « une forte concurrence, laquelle a fini par instaurer une atmosphère d’animosité entre leurs employés ».
lemonde.fr

Nouveau commentaire :




SPORTS

« Je ne mettrai pas un autre maillot que celui de la France » : cette phrase rattrape le malgache Zacharie Boucher

Équipe nationale : Patrick Vieira lance son mandat avec de nouveaux visages et des retours

Équipe nationale : Lamine Sy, la récompense d’un début de saison remarqué

Équipe nationale : Issa Soumaré, la surprise du chef

Equipe de France : voici la première liste de Zinedine Zidane

Lions : Patrick Vieira ouvre les portes à deux nouveaux gardiens

Sadio Mané forfait, Krépin Diatta non convoqué : les explications de Patrick Vieira

Patrick Vieira officiellement présenté : « Être sélectionneur du Sénégal est un rêve absolu »

Patrick Vieira dévoile sa première liste : 29 Lions convoqués, plusieurs nouveaux visages

« Quatre ans, c’est trop » : Pape Sidy Ba alerte sur le contrat de Patrick Vieira





PEOPLE

« Femme forte » : le coup de gueule d’Esther UHA

À Touba, Awa Fall confie : « De près, on comprend à quel point on ne savait pas grand-chose »

Kandi Burruss : son ex-mari Todd Tucker fait des révélations sur leur vie intime après 11 ans de mariage

Anita Mwarabu, de la blouse d’infirmière aux projecteurs : le parcours mouvementé de « Ninita »

Yaye Awa Dièye, le sourire qui illumine « Yonubercy »

Ciblée à son arrivée au Sénégal, Mourzane Ousmanou rebondit dans le digital

Dakar Olympic City : hôtels, bureaux et 660 appartements prévus à Diamniadio

Musique : Paco Diatta lève le mystère sur « La Lettre J » et dénonce les ravages de la jalousie

Satou, plus de 20 ans d’engagement au service du hip-hop

Thaïlande : un influenceur nigérian meurt après une opération d’agrandissement du pénis