Le Front de libération de l’Azawad (FLA) reconnaît avoir établi des contacts directs avec l’Africa Corps russe, engagé aux côtés des forces armées maliennes. Dans un entretien accordé à Middle East Eye, son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, confirme l’existence de discussions ponctuelles avec la partie russe, tout en excluant tout rapprochement politique avec Moscou.
Cette reconnaissance intervient alors que le FLA et les forces russes se sont affrontés à plusieurs reprises dans le nord du Mali. Mohamed Elmaouloud Ramadane explique que les échanges ont essentiellement porté sur des considérations opérationnelles liées à la situation sur le terrain.
« Je peux confirmer qu’il y a eu des contacts directs dans certains contextes, notamment autour de questions liées aux mouvements, aux retraits et à la situation dans certaines zones », déclare-t-il.
Le porte-parole du FLA se garde toutefois d’interpréter ces discussions comme le début d’un rapprochement avec la Russie. « Cela ne signifie pas que les objectifs politiques des parties sont devenus compatibles », insiste-t-il.
Selon lui, même des forces adverses peuvent maintenir des canaux de communication ponctuels afin de gérer certaines situations ou d’éviter des incidents sur le terrain.
Le FLA tend la main à la Turquie
Au-delà de ses contacts avec l’Africa Corps, le mouvement azawadien cherche également à ouvrir un canal de discussion avec la Turquie, dont les relations avec les autorités maliennes se sont renforcées ces dernières années, notamment dans le domaine militaire.
Le FLA souhaiterait pouvoir présenter directement sa position aux autorités turques et, à terme, au président Recep Tayyip Erdogan. Le mouvement assure cependant qu’il ne demande pas à Ankara de rompre ses relations avec Bamako.
« Nous ne demandons pas à la Turquie de rompre ses relations avec la junte militaire. Nous lui demandons de regarder la réalité malienne dans toute sa complexité et de ne pas considérer la question de l’Azawad uniquement à travers le prisme des autorités de Bamako », explique Mohamed Elmaouloud Ramadane.
Le FLA affirme également ne rechercher aucune aide militaire auprès d’Ankara. Il voit plutôt dans la Turquie un potentiel interlocuteur diplomatique en raison de son influence croissante en Afrique et de ses relations avec le Mali.
« Nous ne demandons pas à la Turquie de choisir entre le Mali et l’Azawad. Nous lui demandons de contribuer à faire en sorte que la paix ne soit pas imposée à l’Azawad, mais négociée avec lui », poursuit le porte-parole.
Selon Middle East Eye, un responsable turc a indiqué qu’Ankara pourrait écouter le FLA si le mouvement souhaitait engager des discussions avec le gouvernement turc, tout en excluant une prise de position en faveur de l’un des camps.
Une coordination avec le JNIM reconnue
Autre point sensible abordé dans l’entretien : les relations entre le FLA et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda.
Mohamed Elmaouloud Ramadane reconnaît une coordination opérationnelle contre des adversaires communs, mais récuse l’existence d’une alliance politique entre les deux organisations.
« Il faut d’abord distinguer deux choses qui sont souvent délibérément confondues : la convergence opérationnelle sur le terrain et l’alliance politique », soutient-il.
Le FLA et le JNIM ont ainsi coordonné certaines opérations militaires, selon le porte-parole, malgré des objectifs politiques et idéologiques différents. Le premier porte les revendications liées à l’Azawad, tandis que le second poursuit son propre projet politico-religieux.
Pour Mohamed Elmaouloud Ramadane, toute recherche d'une issue au conflit malien devrait néanmoins prendre en compte le JNIM.
« Il est impossible de faire la paix au Mali ou de parler de stabilité sans inclure le JNIM », affirme-t-il, estimant que le groupe développe désormais « un langage politique et un programme de revendications locales ».
Entre contacts avec l’Africa Corps, volonté de dialogue avec Ankara et coordination assumée avec le JNIM, les déclarations du porte-parole du FLA mettent ainsi en lumière la complexité des rapports de force et des canaux de communication qui se développent autour du conflit malien.
Cette reconnaissance intervient alors que le FLA et les forces russes se sont affrontés à plusieurs reprises dans le nord du Mali. Mohamed Elmaouloud Ramadane explique que les échanges ont essentiellement porté sur des considérations opérationnelles liées à la situation sur le terrain.
« Je peux confirmer qu’il y a eu des contacts directs dans certains contextes, notamment autour de questions liées aux mouvements, aux retraits et à la situation dans certaines zones », déclare-t-il.
Le porte-parole du FLA se garde toutefois d’interpréter ces discussions comme le début d’un rapprochement avec la Russie. « Cela ne signifie pas que les objectifs politiques des parties sont devenus compatibles », insiste-t-il.
Selon lui, même des forces adverses peuvent maintenir des canaux de communication ponctuels afin de gérer certaines situations ou d’éviter des incidents sur le terrain.
Le FLA tend la main à la Turquie
Au-delà de ses contacts avec l’Africa Corps, le mouvement azawadien cherche également à ouvrir un canal de discussion avec la Turquie, dont les relations avec les autorités maliennes se sont renforcées ces dernières années, notamment dans le domaine militaire.
Le FLA souhaiterait pouvoir présenter directement sa position aux autorités turques et, à terme, au président Recep Tayyip Erdogan. Le mouvement assure cependant qu’il ne demande pas à Ankara de rompre ses relations avec Bamako.
« Nous ne demandons pas à la Turquie de rompre ses relations avec la junte militaire. Nous lui demandons de regarder la réalité malienne dans toute sa complexité et de ne pas considérer la question de l’Azawad uniquement à travers le prisme des autorités de Bamako », explique Mohamed Elmaouloud Ramadane.
Le FLA affirme également ne rechercher aucune aide militaire auprès d’Ankara. Il voit plutôt dans la Turquie un potentiel interlocuteur diplomatique en raison de son influence croissante en Afrique et de ses relations avec le Mali.
« Nous ne demandons pas à la Turquie de choisir entre le Mali et l’Azawad. Nous lui demandons de contribuer à faire en sorte que la paix ne soit pas imposée à l’Azawad, mais négociée avec lui », poursuit le porte-parole.
Selon Middle East Eye, un responsable turc a indiqué qu’Ankara pourrait écouter le FLA si le mouvement souhaitait engager des discussions avec le gouvernement turc, tout en excluant une prise de position en faveur de l’un des camps.
Une coordination avec le JNIM reconnue
Autre point sensible abordé dans l’entretien : les relations entre le FLA et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation affiliée à Al-Qaïda.
Mohamed Elmaouloud Ramadane reconnaît une coordination opérationnelle contre des adversaires communs, mais récuse l’existence d’une alliance politique entre les deux organisations.
« Il faut d’abord distinguer deux choses qui sont souvent délibérément confondues : la convergence opérationnelle sur le terrain et l’alliance politique », soutient-il.
Le FLA et le JNIM ont ainsi coordonné certaines opérations militaires, selon le porte-parole, malgré des objectifs politiques et idéologiques différents. Le premier porte les revendications liées à l’Azawad, tandis que le second poursuit son propre projet politico-religieux.
Pour Mohamed Elmaouloud Ramadane, toute recherche d'une issue au conflit malien devrait néanmoins prendre en compte le JNIM.
« Il est impossible de faire la paix au Mali ou de parler de stabilité sans inclure le JNIM », affirme-t-il, estimant que le groupe développe désormais « un langage politique et un programme de revendications locales ».
Entre contacts avec l’Africa Corps, volonté de dialogue avec Ankara et coordination assumée avec le JNIM, les déclarations du porte-parole du FLA mettent ainsi en lumière la complexité des rapports de force et des canaux de communication qui se développent autour du conflit malien.

