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Lutte contre le terrorisme au Sahel: Pourquoi les djihadistes ne sont pas vaincus malgré les déploiements de Bakhane, du G5 et des casques bleus?

Mardi 21 Mai 2019

Par Erick Salemon Bassène


Malgré les déploiements militaires des forces françaises, du G5, des casques bleus, l’équipement et tout le logistique militaire, les terroristes islamiques ne sont pas encore vaincus et chassés du Sahel. Au contraire, ils continuent à y exercer leurs activités  terroristes. Pire, ils sont finis par  étendre leurs activités  dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest. 

L'opération Barkhane prend le relais en août 2014 de « l'opération nationale Serval ». Celle-ci a été lancée en urgence en janvier 2013 pour faire face aux avancées djihadistes et rebelles au Mali. Depuis 2014, la France déploie une force militaire dans le Sahel composée de 4500 hommes, 260 véhicules lourds, 360 véhicules logistiques, 210 véhicules blindés légers. Elle dispose de 7 Mirage 2000 C ou D, de 6 à 10 avions de transport tactique et stratégique et de 3 drones, indique un dossier de l’état-major des armées françaises cité par le site web club.bruxelles2.eu. De son côté,  le G 5 Sahel (le groupe des cinq pays composé du Mali, Burkina Faso, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad)  déploie également 5000 soldats. Les Nations Unies, elle aussi, a envoyé dans cette zone 15000 casques bleus dans le cadre de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali est une opération de maintien de la paix des Nations unies au Mali - MINUSMA. 

 Au moins 9515 militaires dans le Sahel
L’ensemble de l’effectif militaire déployé dans le Sahel est d’au moins 9515 militaires. Sans compter les troupes militaires de chaque État membre du G5 Sahel qui patrouille et sécurise son terroir pour parer à toute infiltration ou attaque terroriste. 

L’opération Barkhane coûte à la France 600 millions par année. Selon les Nations  Unies, le « budget approuvé des opérations de maintien de la paix de l'ONU pour l'exercice allant du 1er juillet 2015 au 30 juin 2016 est d'environ 8,27 milliards de dollars. Cela représente 0,5% du total des dépenses militaires mondiales estimées à 1 747 milliards de dollars en 2013 ». Toujours d’après notre source des Nations Unies, « beaucoup de pays ont également volontairement versé des contributions supplémentaires pour appuyer les efforts de l'ONU - sur une base non remboursable - sous forme de services de transport, de fournitures, de personnel et de ressources financières en plus d'assumer leur part des dépenses de maintien de la paix ». Et les dépenses  de l’opération militaire du G5 Sahel s’élèvent à « 258 milliards CFA dont 50 millions d’Euros annoncés par l’Union Européenne », selon une source militaire nigérienne. 

Groupes armés djihadistes au Sahel
Les estimations sur le nombre de djihadistes actifs au Sahel ne cesse de varier. Personne ne sait avec exactitude l’effectif total des djihadistes en activité dans zone.  Pour Mélanie Matarese, journaliste pour Le Figaro,  début août 2014, « un proche des mouvements islamistes », Ansar Dine compte encore 800 hommes au Mali et AQMI, 700. En septembre 2014, la chercheuse au New America's International Security Program, Hannah Armstrong, estime que « 3 000 djihadistes sont actifs au Sahel ». En novembre et décembre 2015, Mathieu Olivier et Rémi Carayol, tous journalistes de Jeune Afrique, écrivent que selon la DGSE malienne, AQMI, en perte d'influence, ne compterait plus dans le Sahara que 200 combattants divisés en trois katiba. À l'été 2016, une source militaire française de l'AFP déclare que « les forces islamistes dans le nord ne sont estimées qu'entre 200 et 400 hommes ».

Pour Philippe Migaux, maître de conférence à Sciences Po Paris,  300 hommes  combattaient pour le groupe Al-Mourabitoune au moment de sa création.  Si l’on se fie à une sécuritaire malienne, ce le mouvement djihadiste a subi par la suite des pertes dans son rang dans la période. Et pour les services français de renseignements, ce groupe ne comptait plus qu'une centaine de combattants en mai 2014. Mais selon le journaliste mauritanien Lemine Ould Mohamed Salem, « le groupe compte encore 500 à 600 hommes » en mars 2015.



Boko Haram au Nigéria, Cameroun, Niger et Tchad 
Boko Haram, un mouvement insurrectionnel et terroriste d'idéologie salafiste djihadiste, originaire du nord-est du Nigeria et ayant pour objectif d'instaurer un califat et d'appliquer la charia est fondé par le prédicateur Mohamed Yusuf en 2002 à Maiduguri, dans le Nord du Nigeria. Après la mort de son fondateur, Abubakar Shekau est devenu depuis 2010 le leader . En 2014, les estimations sur les forces de Boko Haram vont de « 6 000 à 30 000 combattants ». Ce groupe terroristes déploie ses combattants au Nord du Nigeria mais aussi au Cameroun, au Niger et au Tchad. Il a même revendiqué à maintes reprises de nombreux massacres, attentats et enlèvements à l'encontre de populations civiles de toute confession, au Nigeria mais aussi au Cameroun, au Niger et au Tchad. Il est responsable de «  crimes de guerre, de crimes contre l’humanité »,  et est classé comme organisation terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies le 22 mai 2014. 



La « guérilla »
Avec l’ensemble des effectifs militaires de Barkhane, du G5 Sahel, des casques bleus, le logistique et le matériel militaire, le terrorisme devrait être vaincu et éradiqué au Sahel. Mais malheureusement tel n’est pas le cas. Malgré la forte omniprésence  militaire dans le Sahara,  les terroristes islamiques parviennent à étendre leurs activités terroristes en Afrique de l’Ouest et Centrale. 

Les djihadistes bénéficient à la fois de la connaissance, de la maîtrise du terrain et de la complicité de « nombreux parents, hommes, femmes et même des enfants. Ces derniers refusent de signaler aux forces militaires (françaises, du G5 Sahel et celles des Nations Unie) les djihadistes,  les armes et leurs munitions cachés dans les maisons ou ailleurs dans le Sahara », selon un enseignant au Nord du Mali qui a requis l’anonymat. Pour notre source, « les combattants ont compris qu’ils ne peuvent plus faire face aux différentes troupes militaires qui opèrent » sur le terrain depuis 2012. 


Ils ont abandonné, dit-il, l’idée selon laquelle il faut impérativement occuper, contrôler et régner sur un territoire comme ils l’ont fait au Nord du Mali avant d’être délogés par l’armée française. Et en lieu et place,  « ils ont opté de mener une  « guérilla » au Sahel. Dès que les « militaires français ou africains quittent une zone, les djihadistes se précipitent pour aller l’occuper. Ils partent et disparaissent dans la nature avant le retour de ces militaires sur les lieux », renseigne l’enseignant. Pour ce dernier, grâce à la « complicité de certaines populations, l’option de la guérilla, à l’accès à Internet et aux radios nationales et internationales écoutées partout en brousse et  dans les villages » les plus reculés, les djihadistes ont pu propager leurs activités vers d’autres pays de la région  comme la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Benin qui sont eux aussi victime du terrorisme. Le Sénégal, la Guinée Conakry, la Sierra Léone, le Libéria, la Gambie et et le Ghana sont aujourd’hui les prochaines cibles de ces mouvements djihadistes. Ainsi, tous les différents dispositifs militaires français de l’opération Barkane, du G5, des Nations Unies déployés et ceux des pays ciblés, en Afrique de l’Ouest comme en Afrique Centrale, sont plus que sous pression dans leur difficulté à être partout et à contenir les différentes organisations terroristes qui « s’enkystent », d’après RFI, chacune dans une zone en se partageant des territoires à cheval sur les frontières.

Source de financement des terroristes
Dans un document intitulé « DOSSIER DE PRESSE Opération Barkhane »,  datant de décembre de 2018, le Bureau relations médias de l’État-major des armées françaises indique qu’  « Au cours de l’opération Serval, près de 200 tonnes de munitions et d’armement avaient été saisies. En 2018, Barkhane a neutralisé plus de 170 terroristes ». La même source renseigne que du 9 au 13 mars 2018, deux opérations planifiées avec les forces armées maliennes dans le sud d’In Delimane et dans le sud de Ménaka ont permis de « mettre hors de combat une dizaine de terroristes ». « Trois campements logistiques sont découverts, permettant la saisie ou la destruction de nombreux matériels dont de l’armement individuel et collectif et du matériel de communication», d’après l’État-major des armées françaises. 

Les groupes armés djihadistes qui ont occupé le Nord et avançaient vers Bamako  en 2012 se sont armés après la chute du colonel Khadafi. Ils ont mis la main sur les armes lourdes, les munitions et le logistique militaires de l’armée libyenne. Mais la Libye n’est pas la seule source de leur armement. 

Avant même la chute du colonel Khadafi et le chaos de l’État islamique Libyen, les groupes armés islamiques étaient déjà contacts avec des narcotrafiquants de l’Amérique Centrale. On se souvient bien du « Boeing 727 », soupçonné de transporter une grosse quantité de cocaïne. Il aurait atterri début novembre 2009 à  Sinkrébaka, dans le Sahara, au nord du Mali, avant d'être incendié. 

Pour le journaliste Pascal Le Pautremat  de Slate, « Avant d’être religieux et al-qaïdiste, le terrorisme sahélien s’appuie d’abord sur les différentes filières du crime organisé et principalement des trafics d’armes et de drogue ». Après avoir pris femmes dans les oasis de la zone, d’après Pascal Le Pautremat, les chefs ont vite compris qu’il serait très profitable de mettre leurs capacités militaires au service des trafiquants locaux d’armes, d’êtres humains et de drogues, relevant d’un banditisme diversifié et florissant des côtes du Sénégal jusqu’à la Corne de l’Afrique. La jonction avec les filières du crime organisé, en provenance d’Amérique Centrale, serait, toujours d’après ce journaliste de Slate, plus porteuse si elle se parait des oripeaux de la lutte contre l’occident. « Ces mêmes chefs du GSPC (Global Strategy for Plant Conservation) ont fait allégeance à Ousmane ben Laden en janvier 2007. Ainsi, terroriste refuge et sanctuarisé de cette jonction tactique entre banditisme et fanatisme religieux, la zone sahélienne va devenir l’une des plaques tournantes intercontinentales des narcotrafiquants », a-t-il écrit. A l’en croire, « Les narcotrafiquants des cartels latino-américains acheminent d’ailleurs depuis des années leurs marchandises de mort vers l’Europe (cocaïne, métamphétamines), en transitant, grâce aux voies maritimes, par l’Afrique de l’Ouest, au gré de véritables têtes de pont portuaires, comme au Sénégal, en Guinée-Conakry et en Guinée Bissau ». 

Grâce à cette longue chaîne de collaboration et au trafic  de la drogue dure (cocaïne, métamphétamines), les groupes armés ont pu se procurer facilement des armes guerres lourdes et très sophistiquées que les armées nationales de la région n’avaient pas avant l’opération Serval.  
Le 25 février 2013, nos confrères de France 24 a fait état d’armement saisi aux mains des jihadistes et qui aurait appartenu à la gendarmerie sénégalaise. Cette information a fait réagir la hiérarchie militaire sénégalaise à l’époque. « C’est une accusation trop sérieuse et qui a nécessité, de notre part, des investigations poussées, dans le but de cerner les tenants et les aboutissants de cette accusation gravissime et d’en tirer toutes les conséquences », a dit le patron de la Cellule de communication de la gendarmerie sénégalaise, le commandant Daouda Diop.


En fin, une note confidentielle des services de renseignements attribuée au G5-Sahel dont le journal « Confidentiel Afrique », a pu obtenu une copie, renseigne qu’«Un hélicoptère inconnu a survolé deux fois la zone de Gomacoura courant journée du 24704/2019 à 10 H et à 16 H ; un hélicoptère a atterri dans un buisson près de Farabougou vers 16 H au milieu d’un dispositif temporaire établi par les GAT qui ont attaqué Dioura et Guiré». Mais à Bamako, un officier de l’armée malien contacté par nos services indique qu’il « en a entendu parler mais ne peut nous apporter des preuves matérielles pouvant confirmer ou démentir la présence ou le survol d’un hélicoptère inconnu au Mali ». 
RED



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