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Le temps est venu au Sénégal de s’occuper de sa jeunesse (Par Bodian COULIBALY)

Samedi 3 Avril 2021

Le temps est venu au Sénégal de s’occuper de sa jeunesse (Par Bodian COULIBALY)
Il y a quelques semaines, le Sénégal, pays modèle de démocratie en Afrique de l’Ouest était secoué par de terribles manifestations. En l’espace de quelques jours en ce début du mois de mars 2021, le pays a connu ses pires manifestations politiques depuis l’indépendance avec son lot de morts, de blessés et d’importants dégâts matériels sur des biens publics et privés.


Le monde a été terrifié de voir ses images en boucle sur les chaînes d’information en continue. L’image du pays a pris un sacré coup. Au cour de cette déferlante de violence, ce qui est désormais appelé l’Affaire Ousmane Sonkho – Adji Sarr. Au-delà de cet élément déclencheur, ces jours de violence ont un exutoire d’un ras-bol généralisé de la population sénégalaise estimant n’ayant pas suffisamment bénéficié des retombées de la croissance de ces dernières années dans un contexte aussi de restrictions des libertés fondamentales. Les Sénégalais attendent encore une amélioration substantielle de leurs conditions de vie et au cœur de cet enjeu, se trouve la précarité de la jeunesse. Le pourvoir de Macky a été secoué. Il est aujourd’hui obligé d’apporter des réponses au malaise social et surtout aux problèmes que rencontrent les jeunes en matière d’éducation, de formation et d’emploi. Il est vrai que le Sénégal regorge du talent avec des jeunes brillants qui excellent dans maints domaines et arrivent à tirer leur épingle du jeu dans une économie sénégalaise largement mondialisée.


Mais la réalité, l’autre face est que la majorité de cette jeunesse rencontre énormément de difficultés au quotidien, vivant dans la précarité, doutant sur leur avenir et à la quête permanent d’une occupation ou d’un emploi pour joindre les deux bouts. L’une des réponses des autorités sénégalaise annoncée il y a peu est de mieux accompagner les jeunes avec la création des Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté. Belle idée pour promouvoir l’éducation, la formation, l’apprentissage à la vie et au civisme permettant à tout jeune où qu’il soit au Sénégal d’être outillé pour affronter les péripéties de la vie dans l’espoir de trouver sa place dans une société en profonde mutation. Je dis bravo avec un bémol tout de même, le pouvoir de Macky Sall aurait dû s’engager résolument dans cette voie, il y a 10 ans.


Il aurait pu s’inspirer de ce qui se passe dans ce même pays qu’est le Sénégal très tôt engagé
par exemple dans l’éducation populaire. L’éducation populaire au Sénégal a une histoire, des
hommes et des femmes engagés qui ont fait leur preuve dans la prise en charge des besoins
spécifiques des jeunes. Cette éducation populaire a des réussites à l’échelle du territoire national qu’on aurait pu capitaliser pour offrir des espaces des jeunes, pour mettre à leur disposition des outils et pour contribuer à leur formation dans un élan patriotique. 


A mon échelle, avec des hommes et des femmes au Sénégal, j’ai pu vérifié cela dans le Sud – Est au Sénégal oriental où pendant plus de 10 ans dans une cadre d’une coopération décentralisée, nous avons accompagné les Centres Départementaux d’Éducation Populaire et  Sportive (CDEPS), véritable outil de formation et d’accompagnement des jeunes au Sénégal.


Ces expériences ont été documentées. Les autorités d’alors étaient au courant car les rapports
leur étaient remontés et à chaque fois nécessaire, elles étaient rencontrées et débriefées.
Concrètement, des projets pour accompagner les CDEPS au niveau national ont été montés
pour améliorer le service public d’appui aux jeunes. Malheureusement, ces projets restés
enfermés dans des tiroirs, faute d’une bureaucratie lourde et peu entreprenante. Et pourtant,
cet accompagnement des jeunes reste essentiel pour leur doter de savoirs, savoir-faire et
savoir-être pour leur permettre d’être acteur de leur propre changement et contribuer tant soit
peu au développement du Sénégal.


Au regard de ce qui s’est passé en ce début de mois de mars 2021, où la jeunesse a exprimé son ras-le-bol face à un système politique et économique qui le broie, on comprend aisément que s’occuper des jeunes, c’est avant tout assurer la vie de la nation. Il est temps pour les autorités sénégalaises de réorienter profondément leur politique en faveur des jeunes en lui donnant plus de cohérence, en s’inspirant de ce que font les acteurs à l’échelle des territoires, où de petits projets donnent parfois de grands et surprenants résultats.


Le Sénégal ne pourra rester longtemps dans une forme d’immobiliste en la matière
ou distiller des discours politiques vides de contenus au risque de revivre les manifestations
du mois de mars dernier. Il est temps d’agir. A bon entendeur salut !


Bodian COULIBALY, Acteur Associatif
Expert en animation Socioculturelle et en Éducation Populaire
La Redaction



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