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Le député Moustapha Diop laisse éclater sa colère : « Et même si c’était une dette, est-ce un délit ? »

Mercredi 19 Mars 2025

L’enquête sur l’affaire dite « Tabaski Ngom » prend une nouvelle tournure avec l’audition du député-maire de Louga, Moustapha Diop, par la commission ad hoc de l’Assemblée nationale. Cette commission examine la demande de levée de son immunité parlementaire, formulée par le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, dans le cadre d’un présumé détournement de deniers publics.


L’affaire a éclaté en janvier dernier avec l’arrestation et la mise en détention provisoire d’une Inspectrice du Trésor, alors agent-comptable de l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (Aprosi). Elle est accusée d’un détournement présumé de fonds publics portant sur une somme initialement évaluée à 700 millions de F CFA. L’enquête a conduit à des soupçons impliquant Moustapha Diop, qui aurait bénéficié d’un prêt non remboursé de Tabaski Ngom.


Face à la commission ad hoc, Moustapha Diop a adopté une posture de défiance. « Je voulais prouver que je n’ai rien à me reprocher », a-t-il déclaré à la radio RFM, précisant s’être présenté seul, sans avocat ni accompagnant, et avec une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu. Malgré la proposition d’un rapport détaillé de la séance pour préparer sa défense, il a refusé : « Je n’ai pas besoin de défense. »

Il conteste la procédure visant la levée de son immunité, affirmant que l’accusation initiale de détournement de 700 millions de F CFA a été réévaluée à 300 millions de F CFA, une somme qu’il qualifie de simple prêt.


L’élu considère que la tentative de lever son immunité repose sur des bases fragiles. Il souligne avoir été convoqué en tant que témoin avant que la procédure ne prenne une autre tournure. « Pourquoi veut-on lever mon immunité alors que j’étais censé être entendu comme simple témoin ? », s’interroge-t-il, affirmant qu’il reste disponible pour répondre à la justice.

Il rejette également les accusations de « maraboutage » formulées par Tabaski Ngom, affirmant n’avoir exercé aucune influence occulte. « C’est archi faux. Je marche la tête haute sans garde du corps ni rien dans la rue », lance-t-il.

Enfin, il remet en cause la nature même de l’affaire : « Et même si c’était une dette, est-ce un délit ? Combien de personnes doivent de l’argent à d’autres ? » Une déclaration qui laisse entrevoir un bras de fer politique autour de ce dossier.
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