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Le Sénégal doit obligatoirement rembourser une dette de 839 milliards en 2018

Lundi 9 Avril 2018

La dette est l’une des charges de plus à tête de l’Etat du Sénégal. En effet, de grosses inquiétudes subsistent quant à la lourdeur du service de la dette sur les finances publiques. L’Inspecteur des Impôts et Domaines à la retraite, Alla Kane, estime qu’il y a «839 milliards de francs Cfa de dette à payer en 2018 avec des intérêts de 221 milliards de francs Cfa». Il animait samedi, à Dakar, une conférence publique sur le «budget social».


Cette alerte est confirmé par l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène (Arcade) qui rappelle que concernant la dette extérieure, «le remboursement de la dette absorbe des ressources de plus en plus élevées, estimées à plus de 800 milliards de francs Cfa, cette année, selon des députés».

Concernant les raisons, M. Kane précise que ces dettes sont celles contractées par les gouvernements antérieurs. Avant de prévenir qu’il en sera de même pour les emprunts d’aujourd’hui qui, d’après l’ancien membre du Parti africain pour l’indépendance (Pai) et actuel membre de Yoonu Askanwi, sont à mettre sur le dos du gouvernement à venir. Une autre raison, avancée par M. Kane, est qu’«au moment où l’on emprunte, il y a des filiales des sociétés qui ne payent pas tout l’impôt qu’elles devraient payer par l’évasion fiscal, la fraude et les remises gracieuses».

Dans l’immobilier, Alla Kane, qui a acquis une expertise sur les questions foncières, se demande si tous les immeubles qu’on construit payent l’impôt. A l’en croire, cela aurait permis d’avoir des ressources internes capables de faire face aux besoins de développement et de rembourser la dette publique. Non sans démontrer que le mauvais usage fait des fonds publics contribue à creuser la dette du pays.

Interpellé sur les solutions pour maîtriser l’endettement, ce diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) pense que  «même l’emprunt ne peut pas permettre de payer les échéances échues». Ce que l’Etat serait contraint de faire, selon lui, c’est de «prendre les recettes fiscales pour compléter les remboursements».

Il estime aussi qu’il faut développer le potentiel fiscal du pays en diminuant les évasions, en luttant contre la fraude, en limitant les remises de dettes fiscales, en baissant les dépenses fiscales et en étendant l’assiette fiscale. Car, dit-il, ces dettes auraient pu servir à financer des programmes de développement.
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