L’attaque jihadiste menée le 18 mai contre une mine d’or exploitée par des Chinois à Narena, près de Bamako, illustre la montée des violences visant les sites miniers au Mali. Revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), cette attaque intervient un an après une première offensive contre le même site.
Selon plusieurs analystes, le Jnim ne cherche pas à contrôler directement les mines, mais plutôt à imposer des taxes sur l’exploitation aurifère informelle, devenue une source majeure de financement pour le groupe jihadiste. Le Mali, troisième producteur d’or d’Afrique, possède un important secteur d’orpaillage artisanal qui échappe largement au contrôle de l’État et génère des milliards de francs CFA.
Les sites exploités illégalement par des opérateurs chinois dans l’ouest et le sud du Mali seraient particulièrement visés. D’après des sources locales, certains exploitants chinois refusent de payer les taxes exigées par le Jnim, ce qui entraîne des attaques, des pillages, des enlèvements et parfois des assassinats.
Selon Jeune Afrique, le Jnim tire ses revenus de l’extorsion, de la taxation du bétail, des réseaux de contrebande ou encore des enlèvements contre rançon. Une étude du groupe de renseignement Insight Threat Intelligence évalue les activités économiques du Jnim à environ 100 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel, fournissant des ressources pour ses campagnes militaires, ses structures de gouvernance et sa propagande.
Face à cette situation, la junte dirigée par Assimi Goïta tente de renforcer le contrôle du secteur minier, notamment avec la création d’une Brigade spéciale des mines. Mais les autorités peinent encore à sécuriser les zones rurales reculées où se concentrent les exploitations illégales.
Cette crise met également en lumière les limites de la présence chinoise au Mali. Fidèle à sa politique de non-ingérence, la Chine privilégie la protection assurée par l’État malien et des sociétés privées, sans intervention militaire directe sur le terrain.

