Alors que le Sahel s'est solidement ancré dans l'orbite de Moscou, la Côte d'Ivoire et la France lancent ce samedi 7 novembre 2026 le Grand Exercice Multinational Interarmées (GEX), baptisé « Fangha » (« la force »). Derrière les simulations tactiques de haute intensité qui vont secouer le pays jusqu'au 14 novembre, se joue une partie de poker menteur géopolitique cruciale : stabiliser le littoral ouest-africain et réinventer la présence militaire française avant que la digue ne cède sous la poussée des forces russes d'Africa Corps.
Les manœuvres du GEX 2026 dépassent la simple démonstration de tir pour se muer en un laboratoire de la guerre moderne. Le déploiement s'articule autour de trois hubs géographiques hautement stratégiques, pensés pour répondre à une déstabilisation asymétrique et transfrontalière :
Le hub aéro-maritime de Jacqueville (Sanctuarisation des côtes) : C’est le cœur névralgique du dispositif amphibie. Les forces tripartites (Côte d'Ivoire, Gabon, France) y simulent des scénarios d'interdiction maritime et de débarquement de vive force. L'enjeu tactique est double : d'une part, sécuriser les infrastructures énergétiques et pétrolières offshore de la Côte d'Ivoire ; d'autre part, s'entraîner à projeter des troupes depuis l'océan pour reprendre le contrôle d'une zone littorale qui serait tombée aux mains d'éléments hostiles (pirates ou groupes terroristes infiltrés).
Le verrou de Bouaké et Yamoussoukro (Mobilité et guerre asymétrique)
Plus au nord, l'entraînement bascule sur le combat urbain et la lutte contre le terrorisme. Les tactiques reposent sur l'intégration de la numérisation de l'espace de bataille : utilisation de drones de surveillance en temps réel, coordination des frappes aériennes légères et déploiement de blindés agiles. L'objectif est de tester la capacité des Forces Armées de Côte d'Ivoire (FACI) à stopper une poussée djihadiste ou une infiltration subversive venue des frontières septentrionales (Burkina Faso et Mali).
Le rôle de la France : Le « bunker » ivoirien face à l'onde de choc russe au Sahel
Pour Paris, le GEX 2026 est un test existentiel pour sa politique africaine. Chassée successivement du Mali, du Burkina Faso et du Niger au profit des forces paramilitaires russes (ex-Wagner, désormais intégrées à l'Africa Corps), l'armée française a dû réinventer sa présence à marche forcée.
Une présence « invisible » mais structurante : Fini le temps de l'opération Barkhane où la France opérait en première ligne sous ses propres couleurs. À Abidjan, le mot d'ordre est la "co-construction". Dans le GEX 2026, la France fournit la colonne vertébrale technologique et logistique : partage de renseignements satellitaires, systèmes de commandement interarmées (C2) et vecteurs de projection lourds. L'armée française se positionne en « facilitateur de puissance » au profit des forces ivoiriennes, qui gardent le lead politique de l'exercice.
La guerre d'influence à distance avec Moscou : En affichant sa proximité avec Abidjan, Paris cherche à tracer une ligne rouge invisible mais ferme face aux régimes de l'Alliance des États du Sahel (AES), soutenus by la Russie. Le GEX 2026 sert de vitrine : démontrer que le partenariat militaire occidental reste plus structuré, plus complet technologiquement (intégration terre-air-mer) et plus respectueux de la souveraineté territoriale que l'offre sécuritaire russe, jugée par les chancelleries occidentales comme purement prédatrice et centrée sur la survie des « régimes putschistes ».
Les enjeux géopolitiques : Une ligne de front invisible au cœur des réseaux
En choisissant le Gabon comme troisième invité, la coalition tente également de créer une passerelle sécuritaire entre l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest, contournant le bloc sahélien hostile.
Cependant, cette stratégie de la « forteresse Côte d'Ivoire » comporte un risque majeur pour le gouvernement ivoirien. En s'affichant comme le dernier grand allié militaire de la France et de l'Occident dans la sous-région, Abidjan s'expose aux foudres de la guerre informationnelle menée par les réseaux d'influence pro-russes, très actifs sur les réseaux sociaux. L'exercice « Fangha » est déjà dépeint par certaines plateformes souverainistes sahéliennes comme une « provocation néocoloniale » aux portes du Burkina Faso.
Pour le chef d'état-major ivoirien, le général Lassina Doumbia, l'enjeu interne est donc de prouver à l'opinion publique que cette débauche de forces militaires (avions de chasse, navires de guerre, blindés) sert uniquement la sécurité nationale ivoirienne, et non les intérêts géostratégiques de Paris. Le succès ou l'échec de cette communication politique pèsera tout aussi lourd que les résultats tactiques obtenus sur le terrain de Jacqueville.
Les manœuvres du GEX 2026 dépassent la simple démonstration de tir pour se muer en un laboratoire de la guerre moderne. Le déploiement s'articule autour de trois hubs géographiques hautement stratégiques, pensés pour répondre à une déstabilisation asymétrique et transfrontalière :
Le hub aéro-maritime de Jacqueville (Sanctuarisation des côtes) : C’est le cœur névralgique du dispositif amphibie. Les forces tripartites (Côte d'Ivoire, Gabon, France) y simulent des scénarios d'interdiction maritime et de débarquement de vive force. L'enjeu tactique est double : d'une part, sécuriser les infrastructures énergétiques et pétrolières offshore de la Côte d'Ivoire ; d'autre part, s'entraîner à projeter des troupes depuis l'océan pour reprendre le contrôle d'une zone littorale qui serait tombée aux mains d'éléments hostiles (pirates ou groupes terroristes infiltrés).
Le verrou de Bouaké et Yamoussoukro (Mobilité et guerre asymétrique)
Plus au nord, l'entraînement bascule sur le combat urbain et la lutte contre le terrorisme. Les tactiques reposent sur l'intégration de la numérisation de l'espace de bataille : utilisation de drones de surveillance en temps réel, coordination des frappes aériennes légères et déploiement de blindés agiles. L'objectif est de tester la capacité des Forces Armées de Côte d'Ivoire (FACI) à stopper une poussée djihadiste ou une infiltration subversive venue des frontières septentrionales (Burkina Faso et Mali).
Le rôle de la France : Le « bunker » ivoirien face à l'onde de choc russe au Sahel
Pour Paris, le GEX 2026 est un test existentiel pour sa politique africaine. Chassée successivement du Mali, du Burkina Faso et du Niger au profit des forces paramilitaires russes (ex-Wagner, désormais intégrées à l'Africa Corps), l'armée française a dû réinventer sa présence à marche forcée.
Une présence « invisible » mais structurante : Fini le temps de l'opération Barkhane où la France opérait en première ligne sous ses propres couleurs. À Abidjan, le mot d'ordre est la "co-construction". Dans le GEX 2026, la France fournit la colonne vertébrale technologique et logistique : partage de renseignements satellitaires, systèmes de commandement interarmées (C2) et vecteurs de projection lourds. L'armée française se positionne en « facilitateur de puissance » au profit des forces ivoiriennes, qui gardent le lead politique de l'exercice.
La guerre d'influence à distance avec Moscou : En affichant sa proximité avec Abidjan, Paris cherche à tracer une ligne rouge invisible mais ferme face aux régimes de l'Alliance des États du Sahel (AES), soutenus by la Russie. Le GEX 2026 sert de vitrine : démontrer que le partenariat militaire occidental reste plus structuré, plus complet technologiquement (intégration terre-air-mer) et plus respectueux de la souveraineté territoriale que l'offre sécuritaire russe, jugée par les chancelleries occidentales comme purement prédatrice et centrée sur la survie des « régimes putschistes ».
Les enjeux géopolitiques : Une ligne de front invisible au cœur des réseaux
En choisissant le Gabon comme troisième invité, la coalition tente également de créer une passerelle sécuritaire entre l'Afrique centrale et l'Afrique de l'Ouest, contournant le bloc sahélien hostile.
Cependant, cette stratégie de la « forteresse Côte d'Ivoire » comporte un risque majeur pour le gouvernement ivoirien. En s'affichant comme le dernier grand allié militaire de la France et de l'Occident dans la sous-région, Abidjan s'expose aux foudres de la guerre informationnelle menée par les réseaux d'influence pro-russes, très actifs sur les réseaux sociaux. L'exercice « Fangha » est déjà dépeint par certaines plateformes souverainistes sahéliennes comme une « provocation néocoloniale » aux portes du Burkina Faso.
Pour le chef d'état-major ivoirien, le général Lassina Doumbia, l'enjeu interne est donc de prouver à l'opinion publique que cette débauche de forces militaires (avions de chasse, navires de guerre, blindés) sert uniquement la sécurité nationale ivoirienne, et non les intérêts géostratégiques de Paris. Le succès ou l'échec de cette communication politique pèsera tout aussi lourd que les résultats tactiques obtenus sur le terrain de Jacqueville.

