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Gabon: la nomination de l’ex-patronne de la Cour constitutionnelle en tant que présidente honoraire annulée

Samedi 3 Février 2024

Au Gabon, la Cour constitutionnelle a annulé ce 2 février la nomination de son ex-patronne de 1991 à 2023 à un poste de présidente honoraire. Marie-Madeleine Mborantsuo était vue comme un pilier du pouvoir dirigé par la famille Bongo.


La déclaration sonne comme un désaveu : au Gabon, la Cour constitutionnelle vient d’annoncer qu’elle annulait la nomination de Marie-Madeleine Mborantsuo à la fonction de présidente honoraire. La magistrate avait été à la tête de la plus haute juridiction du pays pendant plus de 30 ans. Elle était vue comme un pilier du pouvoir.

Pour se justifier, la Cour affirme que des « vices de procédures, de forme et de fond ont été constatés dans la délibération » qui a nommé Marie-Madeleine Mborantsuo à la présidence honoraire. C’est ce qu'a déclaré ce 2 février Christian Bignoumba Fernandes, le doyen des juges de la Cour constitutionnelle, dans un texte lu à la télévision nationale. Le magistrat a expliqué que cette fameuse délibération ne figurait pas dans « les minutes du greffe » de la cour. Par conséquent, l'institution judiciaire « déclare nulle et non avenue ladite délibération »,


Au passage, on apprend dans cette allocution que la « dame de fer » – comme on l’appelait – avait été discrètement nommée le 2 septembre 2023. Mais l’information n’avait filtré que la semaine dernière, notamment dans la presse, et lorsque dans son discours de rentrée judiciaire, Dieudonné Aba'A Owono, le successeur de Marie-Madeleine Mborantsuo, avait salué l’ancienne juge, précisant ses nouvelles attributions.



La raison du rétropédalage de la Cour est encore floue. Néanmoins, on sait que la pression politique était forte depuis cette nomination. Sur les réseaux sociaux et au sein de la classe politique, beaucoup accusaient les autorités de transition de dévoyer l’esprit du coup d’État d’août dernier, de maintenir un pilier de l’ancien régime dans des fonctions, certes honorifiques, mais qui confèrent certains avantages : couverture santé, frais de voyage, véhicule de fonction… Marie-Madeleine Mborantsuo est également vue comme un symbole de l'ancien pouvoir. Elle avait systématiquement validé les élections présidentielles, même les plus contestées, permettant aux Bongo de se maintenir à la présidence.

Selon la loi, Marie-Madeleine Mborantsuo a le droit de devenir présidente honoraire. Mais pour obtenir ce statut, sa notoriété doit avoir été reconnue par ses pairs ou le président de la transition. Étant donné son rôle sulfureux, certains se demandaient donc si la présidence honoraire était méritée.

Pour Jeanne-Clarisse Dilaba, vice-présidente du Conseil national de la société civile, la pression populaire a fonctionné. 

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