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France: l'islamologue Tariq Ramadan sera jugé par défaut à son procès pour viols, un mandat d'arrêt délivré

Vendredi 6 Mars 2026

La cour criminelle départementale de Paris a décidé vendredi 6 mars 2026 de juger par défaut l'islamologue Tariq Ramadan, absent depuis l'ouverture lundi de son procès pour viols, et a délivré un mandat d'arrêt à son encontre. Les avocats de l'accusé ont quitté la salle d'audience après l'énoncé de la décision de la cour. 


Le procès du prédicateur de 63 ans s'est ouvert lundi 2 mars à Paris, mais il ne s'est pas présenté devant la justice, ayant été hospitalisé deux jours auparavant à Genève, en Suisse, en raison, selon ses avocats, d'une « poussée » de sclérose en plaques.

La présidente de la cour criminelle départementale, Corinne Goetzmann, a dès lors ordonné une expertise médicale sur pièces à deux neurologues désignés pour évaluer son état de santé, afin de décider d'un renvoi ou pas à une date ultérieure de la tenue du procès, comme le demande la défense de Tariq Ramadan. Dans ce rapport, lu à l'audience par la magistrate, les experts concluent à la « stabilité de la sclérose en plaques » dont souffre l'islamologue depuis plusieurs années, « sans signe de poussée récente ». En conclusion, son état est considéré comme compatible avec la comparution.

Néanmoins ses avocats ont à nouveau demandé un report du procès. Les avocats de Tariq Ramadan ont fourni un autre document médical, suggérant que celui-ci, éprouvé par son hospitalisation et un état anxieux à l'approche de la procédure judiciaire, devait se reposer encore une dizaine de jours. La demande a été rejetée par la Cour.



Tariq Ramadan sans représentation au procès après le départ de ses avocats
L'accusé est absent « sans excuse valable », considère la présidente. Il sera donc jugé par défaut. Un mandat d'arrêt à exécution immédiate a également été prononcé à son encontre. Vu la configuration du procès, les avocats de Tariq Ramadan ont décidé de quitter la salle, leur client ne sera donc pas représenté.

Après quatre jours de retard, les débats ont donc enfin commencé mais l'une des trois femmes qui accusent l'islamologue de viol a demandé, pour protéger son identité, que le procès se tienne à huis clos. Une demande validée par la Cour qui, dans les affaires de viol, doit l'accorder aux parties civiles qui en font la demande.

L'islamologue, déjà condamné par la justice suisse pour un viol sur une femme, était censé comparaître à Paris jusqu'au 27 mars pour des viols qui auraient été commis sur trois autres femmes entre 2009 et 2016, qu'il conteste: un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur « Christelle » (prénom d'emprunt) à Lyon en octobre 2009; un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017; et un autre sur une troisième femme, remontant à 2016. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion criminelle.

Pendant l'instruction et après son renvoi devant la justice, Tariq Ramadan a multiplié les offensives procédurales pour réclamer une reprise des investigations et repousser la tenue d'un procès, arguant disposer de nouvelles expertises prouvant selon lui son innocence.
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