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Emploi des jeunes: Ce que le MEDS propose au Président Sall

Lundi 19 Avril 2021

Mbagnick Diop, président du Mouvement des entreprises du Sénégal (MEDS) et concepteur du « Forum du 1er emploi », des « Business Breakfast », la « Nuit de l’Orientation », des « Cauris d’Or », des « African Leadership Awards », entre autres, concepts, a été l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, le patron du MEDS donne des pistes de réflexions sur l’organisation prochaine du Conseil présidentiel sur l’emploi et l’insertion des jeunes. Il s’est également épanché sur le Forum du 1er emploi prévu les 20 et 21 avril 2021. Morceaux choisis.


Le Conseil présidentiel sur l’emploi et l’insertion des jeunes est prévu jeudi prochain. Depuis 20 ans vous organisez le Forum du 1er emploi. Comment vous préparez vous à cette rencontre en tant que membre du secteur privé ?

Par coïncidence, nous sortons d’une réunion avec le ministre en charge de l’Emploi avec le Patronat pour essayer de voir la position du patronat par rapport à ce Conseil présidentiel. Beaucoup de spécialistes, de professionnels attendent de ce conseil présidentiel. Ce conseil, il faut le dire, tourne autour de la vision et de la stratégie du président de la République sur l’emploi des jeunes, la formation professionnelle et technique, l’inclusion et la protection sociale, l’auto entrepreneuriat des jeunes et des femmes etc. Et, vous avez constaté que depuis temps le président essaye de faire une réelle orientation des allocations budgétaires pour répondre substantiellement aux besoins des jeunes. Donc, nous pensons que c’est une belle initiative. Maintenant, il ne faut pas s’asseoir en conseil présidentiel de plus ou un conseil présidentiel en plus. Il faudrait qu’au sortir de ce conseil présidentiel que des mesures fortes soient non seulement annoncées mais, mises en œuvre au profit des jeunes diplômés et des jeunes qui ne sont pas diplômés mais qui sont dans le secteur informel ou qui sont dans l’auto entrepreneuriat.

Justement le président Sall a annoncé une batterie de mesures avec des montants financiers importants. Comment appréciez-vous aujourd’hui ces nouvelles orientations en matière d’emploi des jeunes notamment ?

C’est toujours important et surtout pour moi qui m’active sur la problématique de l’emploi des jeunes depuis une vingtaine d’années. Je pense que c’est toujours important aujourd’hui que le président de la République prend la juste mesure de la problématique de l’emploi des jeunes et décide de mettre autant d’argent sur cette question-là. On ne peut que saluer cette initiative. Cependant, il faut des garde-fous parce qu’on a déjà constaté depuis les 30, 40 dernières années qu’il y’a beaucoup d’argent qui ont été injectés pour régler le problème du chômage des jeunes. Au finish, il n’y a pas eu les résultats escomptés. Donc, je pense qu’il faut y aller méthodiquement. Déjà il faut élargir c’est-à-dire aider les TPE, aider l’informel parce que 75% de la population active est représentée par le secteur informel. C’est beaucoup 75% ou l’auto emploi. Donc, il y’a 15% de la population active qui sont en chômage. 15% c’est énorme. Il y’a 6,9% qui sont dans le secteur formel et aussi 3,44% dans la fonction publique. Donc, le conseil présidentiel devrait restructurer même les fondamentaux. Il important aujourd’hui non seulement d’impliquer le secteur privé national mais aussi des spécialistes de ceux qui s’activent dans la problématique de l’emploi des jeunes qui est un chantier vaste. Ce n’est pas en injectant plusieurs milliards qu’on régler le problème. Parce que comme j’ai l’habitude de dire les jeunes vous les donner de l’argent ils vont prendre. Mais il n’est pas sûr que dans un an vous allez retrouver ces jeunes-là. Il faut aussi éviter de politiser parce que lorsqu’un militant est financé il ne va pas rembourser. Car, il va se dire que mon leader a facilité mon financement. Donc, c’est sans lendemain. Je crois qu’aujourd’hui en s’appuyant sur le secteur privé, en s’appuyant sur de vrais professionnels le président pourrait trouver un début de commencement des solutions pour l’emploi des jeunes.

On a mis beaucoup d’argent depuis des années et ça n’a pas donné les résultats escomptés. Est-ce qu’il faut continuer de financer ou faut-il trouver d’autres moyens de résorber le gap ? 

Je pense qu’aujourd’hui ce que nous proposons en tant que Meds (mouvement des entreprises du Sénégal) au Conseil présidentiel c’est intégrer la problématique des entreprises qui sont à l’arrêt ou en procédure de liquidation dans le dispositif pour une réintégration de certains travailleurs. Parce que si on essaye de sauver des jeunes qui sont sans emploi et laisser ceux qui ont déjà de l’emploi mais parce que leur patron ou l’entreprise n’a plus les moyens de les payer, le problème reste entier. Le deuxième point, c’est mettre en place des mesures incitatives pour les entreprises locales dans le cadre de la réforme du code des investissements. Il faut des mesures incitatives pour motiver les uns et les autres à pouvoir embaucher. Il faut aussi accroître le niveau du financement et développer les dispositifs d’accompagnement pour l’informel et l’auto entreprenariat. Parce que ce sont les deux mamelles, ce sont également les solutions futures de la problématique de l’emploi des jeunes. Autres propositions sur lesquelles nous avons réfléchi, c’est de développer le bénévolat chez les jeunes. Parce qu’on n’a pas cette culture de bénévolat comme en Europe. Les jeunes sans qualification en totale inactivité pourraient acquérir un savoir-faire. Expérience à travers leur insertion au niveau du secteur public ou du secteur privé, revisiter le pilotage des accords actuels d’incitation à l’emploi conclu avec le secteur privé, formel, stage, apprenti, école, entreprise… Une administration lourde et contraignante aussi. Le code part de l’Etat difficile à recouvrir par les bénéficiaires, absence de dynamisme et le déficit de communication. Il faut créer des comités locaux dans chaque commune d’encadrement des jeunes.

Pourquoi plaidez-vous pour la création des comités locaux ?

Ça, c’est important parce que quelqu’un qui est dans un village ou dans une région reculée, il faut justement ces comités d’encadrement pour permettre aux jeunes de se sentir concernés. Le Sénégal ce n’est pas seulement Dakar. Donc, créer ces comités qui seront composés de jeunes, d’associations, de l’Etat  etc. Mais aussi, créer des guichets locaux. On se disait avec les membres du bureau exécutif du Meds lorsqu’on a sorti notre livre blanc en 2017, j’ai préconisé des guichets uniques partout dans le Sénégal pour permettre aux jeunes et aux moyens jeunes qui souhaitent créer des entreprises de le faire en une seule fois. Si vous suivez bien depuis 10 ans au niveau du forum de l’emploi, on a ce qu’on appelle le guichet unique par l’Apix. Donc, un jeune qui est porteur de projet en moins de 24 heures il dépose son dossier, le lendemain il a son registre de commerce, il a le ninea et avec les institutions financières qui nous accompagnent, le jeune ouvre un compte bancaire avec zéro franc. Donc, si ce jeune-là reçoit un financement, il a déjà une structure créée, il a déjà un compte bancaire avec zéro franc. Je crois qu’il faut s’appuyer sur l’existant et sur ceux qui ont de l’expérience dans ce domaine pouvoir justement matérialiser et réaliser les vœux du président d’une manière générale du gouvernement.         

Le président a souhaité l’implication du secteur privé. Ne faut-il pas aller vers un vrai partenariat public privé pour des solutions structurelles ?

Effectivement. La preuve ? Il y’a quelques mois nous avons tenu une grande réunion avec le ministre de l’économie, Amadou Hott. A cette occasion, le secteur privé a remis un mémorandum par rapport à sa vision et aux solutions pour l’emploi des jeunes. On l’a rappelé tantôt au ministre de l’emploi. On s’est dit sûrement le ministre de l’économie a partagé ce dossier avec le ministre de l’emploi. Et, le partenariat public privé est aujourd’hui une réalité. Mais comme vous dites, réorienter encore d’avantage sur la problématique de l’emploi des jeunes. Parce que quoi qu’on dise c’est l’entreprise qui crée des emplois, c’est l’entreprise qui crée la richesse. Ce qu’on demande à l’Etat c’est de créer un environnement propice à l’investissement, à sécuriser l’investissement, à faire en sorte que le chef d’entreprise se sent en sécurité et se dire que l’Etat est là pour nous encourager et pour nous soutenir. Je pense que c’est important et l’Etat l’a compris. D’où ces réunions avant le conseil avec les ministres dont les départements concernés par l’emploi des jeunes.

On file vers la 20e édition du Forum du 1er emploi. Pour cette année à quoi peut-on s’attendre comme innovations du Meds ?

Cette année la thématique c’est : « la souveraineté économique ». Parce que la Covid nous a démontré qu’il faut être souverain dans tous les domaines : sanitaire, économique,… donc l’employabilité et l’emploi. Nous avons comme chaque année et cette année d’avantage mis en place plusieurs ateliers thématiques avec les meilleurs experts, les meilleurs consultants, des chefs d’entreprises, des industriels etc. Parce que le Sénégal ne se développera pas sans l’industrialisation de ce pays. Et je l’ai toujours dit, il faut créer de jeunes capitaines d’industries. L’appétit vient en mangeant et si aujourd’hui on crée une unité de production à Assane pour faire du savon, pour faire de l’eau de javel etc, dans 2 ou 3 ans Assane il va voir grand. Il va essayer de développer autre chose que le savon et l’eau de javel. Et en 5 ans, 6 ans il devient un capitaine d’industrie. Parce que ce qui nous manque au Sénégal c’est de vrais capitaines d’industries. On en a 5 ou 6 et tout le reste est détenu par des étrangers ou des libano-syriens même s’ils sont sénégalais. Mais les sénégalais de souche aujourd’hui, on n’en a pas de vrais capitaines d’industrie. Et un pays qui n’est pas industrialisé ne va pas se développer. Je pense que nous avons intégré tous ces facteurs-là justement incité les jeunes à l’auto emploi parce que le travail salarié est saturé, le secteur privé dans son ensemble ne crée pas plus de 30 mille à 40 mille emplois par an. Confondu avec la fonction publique on est à 70 mille, maximum 80 mille par année. Pendant ce temps, le marché du travail est là et il y’a des jeunes qui arrivent. Il y’a une quinzaine d’années je parlais de 200.000 jeunes dans le marché du travail. Aujourd’hui, je peux parler de 300 ou 350 mille voir 400.000 jeunes qui viennent grossir le volume qui était là et qui attend. Il faut donc trouver des solutions alternatives pour essayer de résorber ce problème. Vous savez que nous on a développé un concept social que personne n’a vu venir. En 2000 personne n’a vu venir le chômage des jeunes. Le premier forum c’était il y’a 20 ans et c’était sur la problématique des jeunes. Je me suis rendu compte en recevant autant de CV qu’il y’avait problème et personne n’en parlait. C’est ainsi que j’ai réfléchi au concept du forum du premier emploi. Nous avons des anciens forumistes dans le gouvernement, à l’Assemblée, dans les institutions internationales etc. Nous avons innové dans tous les sens pour permettre aux jeunes de décrocher leur premier emploi.

Cheikh Moussa SARR
La Redaction



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