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Dmitry Kourakoy, Ambassadeur de la Russie au Sénégal : «La Russie est devenue plus forte et peut assumer la responsabilité du développement mondial »

Vendredi 7 Mai 2021

Toutes les questions d’actualité ont été abordées par le diplomate de la Russie Monsieur Dmitry Kourakov. Il a été sans détours durant  l'entretien qu'il a accordé à nos confrères de Dakartimes…
 
 

DAKARTIMES : Bonjour Votre Excellence, pouvez-Vous revenir sur le symbolique de la fête « Jour de la Victoire » en Russie? C'est quoi le sens sur le plan politique et histoire?
 
DMITRY  KOURAKOV : Le 9 mai – le « Jour de la Victoire » de l'Union Soviétique dans la Grande Guerre Patriotique est une date particulière pour les citoyens de la Russie. Depuis le mois de mai 1945, voilà que 76 ans se sont écoulés, au cours desquels plusieurs générations ont grandi. La carte politique du monde a changé. Il n'y a plus d'Union Soviétique qui ait remporté une victoire grandiose et écrasante sur le nazisme et qui ait réellement sauvé le monde entier. Cependant, jusqu'à présent, nous chérissons la mémoire des 27 millions de morts. Un tel prix n'a jamais été payé par aucun État dans toute l'histoire de l'humanité.


Cette guerre a été un coup terrible pour le peuple soviétique. L'agression allemande contre notre pays a été la plus brutale et la plus impitoyable. Hitler a cherché non seulement à briser notre volonté, non seulement à dominer la Russie et les autres républiques soviétiques qui faisaient partie de l'URSS, mais aussi à exterminer physiquement la quasi-totalité de leur population. Il incombait à nos ancêtres non seulement de défendre leur propre pays, mais aussi d'apporter une contribution décisive à la défaite du nazisme, à la libération du monde entier de l'esclavage fasciste.


La Seconde Guerre Mondiale est devenue la plus grande tragédie du XX-ème siècle, qui a coûté la vie à des dizaines de millions de personnes. La plus grande catastrophe humanitaire de l'histoire de l’humanité a été le résultat des aspirations agressives de ceux qui étaient convaincus de leur supériorité raciale, de leur exclusivité et de leur droit de décider, eux-mêmes, du sort des autres pays et peuples.
 
«La Victoire a créé le fondement de l'ordre mondial d'après-guerre sur le pilier de la sécurité collective et de la coopération interétatique, a ouvert la voie à la création de l'ONU. Voilà la réalité  ».
 
Dans la vision des citoyens de la Russie, le «Jour de la Victoire» a embrassé tout: la fierté d'avoir défendu l'honneur et l'indépendance de notre Patrie, d’avoir protégé l'humanité de la menace la plus terrible qui ait jamais existé. Le sentiment d’un hommage et du plus profond respect pour ceux qui, avec leur courage et leur bravoure désintéressée, ont triomphé le fascisme. Le sentiment du deuil pour ceux qui sont tombés sur les champs de bataille pour défendre la Patrie. Il n'y a pratiquement pas de famille en Russie qui n'aurait pas perdu un de ses proches sur les champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale.


La Victoire a créé le fondement de l'ordre mondial d'après-guerre sur le pilier de la sécurité collective et de la coopération interétatique, a ouvert la voie à la création de l'ONU. Voilà la réalité.


Notre tâche aujourd'hui est de préserver la mémoire de l'exploit du peuple soviétique qui, avec son unité et sa solidarité, son travail acharné et son dévouement, son incroyable amour pour la Patrie, nous a procuré la paix, la liberté et l'indépendance. «Le Jour de la Victoire» est la fête qui unit toutes les générations. Nous nous souvenons de notre histoire et nous en sommes fiers.
 
Pourquoi le Peuple russe tient à célébrer cette journée du 9 Mai chaque année?
Comme Vous le savez, en Europe, aux États-Unis et dans d'autres pays occidentaux, le «Jour de la Victoire » en Europe (the V-E Day) est fêté le 8 mai. Cela est dû au décalage horaire. Le fait est que l'acte de capitulation de Berlin a été signé tard dans la soirée du 8 mai, alors qu’à Moscou c’était déjà le 9 mai. Dans certains pays qui se sont formés sur le territoire de l'ex-URSS, ainsi que là où vivent de nombreux immigrants de l'Union Soviétique, on célèbre la fête en honneur de la fin de la Seconde Guerre Mondiale au cours de deux jours – les 8 et 9 mai: le 8 mai est prévu pour les activités officielles, et le 9 mai est réservé pour ceux qui chérissent la mémoire de la célébration de cette journée en URSS.
 
« Il est triste que même en Russie, il y ait des personnes qui ont repris les mythes répandus par ceux qui souhaitent oublier ces faits et qui croient que le moment est venu d'abandonner la célébration solennelle du «Jour de la Victoire».
 
Au Sénégal, comment comptez-Vous la célébrer?
Traditionnellement, nous célébrons cette fête au Musée des Forces Armées du Sénégal, et l'Ambassade organise une réception officielle. Cependant, les restrictions de Covid-19 ne permettent pas d'organiser des événements de masse, donc cette fois nous sommes obligés de nous limiter au format en ligne. L'Ambassade a installé dans ces locaux une exposition consacrée aux anciens combattants et vétérans – parents de nos employés. En plus, des excursions virtuelles au principal musée d'histoire militaire de Russie – le Musée de la Victoire sur Poklonnaya Gora à Moscou, seront organisés pour les élèves de l'école à l'Ambassade et des compatriotes.
 
 
« Nos détracteurs cherchent à diminuer le rôle de l'Union Soviétique dans la Seconde Guerre Mondiale et à la dépeindre sinon comme le principal coupable de la guerre, du moins comme un agresseur, aux côtés de l'Allemagne nazie, et répandre les thèses sur «l'égalité de responsabilité».
 
 
La Russie n'est-elle pas en train d'apprendre au reste du monde, le sens des valeurs historiques de son peuple ?
Malheureusement, la mémoire de la Victoire n'est pas sacrée pour tout le monde. Il est triste que même en Russie, il y ait des personnes qui ont repris les mythes répandus par ceux qui souhaitent oublier ces faits et qui croient que le moment est venu d'abandonner la célébration solennelle du «Jour de la Victoire». Plus le temps passe, plus on doit souvent faire face à l'inconscience historique.


Aussi amer qu'il soit de témoigner, nous voyons les tentatives de discréditer les héros, de générer artificiellement des doutes sur l'exactitude du chemin emprunté par nos ancêtres. Tant à l'étranger que dans notre pays, nous entendons parfois dire que la conscience publique en Russie est militarisée, et les défilés et processions du «Jour de la Victoire » n’ont pour but que d'imposer des sentiments belliqueux et militaristes au niveau de l'Etat. Ce faisant, la Russie rejetterait l’humanisme et les valeurs du monde «civilisé».


Nos détracteurs cherchent à diminuer le rôle de l'Union Soviétique dans la Seconde Guerre Mondiale et à la dépeindre sinon comme le principal coupable de la guerre, du moins comme un agresseur, aux côtés de l'Allemagne nazie, et répandre les thèses sur «l'égalité de responsabilité». Ils assimilent cyniquement l’occupation nazie, qui a coûté la vie à des dizaines de millions de personnes, et les crimes commis par les collaborateurs à la mission de libération de l’Armée Rouge. Des monuments sont érigés en l'honneur des complices des nazis. Dans le même temps, les monuments aux soldats libérateurs et les tombes des soldats tués aux combats sont profanés et détruits dans certains pays.


Cependant, de fausses interprétations de l'histoire sont introduites dans le système éducatif occidental avec des mystifications et des théories pseudo-historiques conçues pour minimiser l'exploit de nos ancêtres. On dit aux jeunes que le principal mérite de la Victoire sur le nazisme et de la libération de l'Europe ne revient pas aux troupes soviétiques, mais à l'Occident, en raison du débarquement en Normandie, qui a eu lieu moins d'un an avant la défaite du nazisme, au moment où l'Armée soviétique libérait déjà la Biélorussie, atteignant en fait les frontières de l'Union Soviétique.


Nous tenons pour sacrée la contribution de tous les Alliés à la victoire commune dans cette guerre, et nous pensons que toute tentative de creuser un fossé entre nous est honteuse. Mais peu importe la volonté des falsificateurs de l'histoire, l’essentiel est que, le feu de la vérité ne peut pas être éteint. Ce sont les peuples de l'Union Soviétique qui ont brisé la colonne vertébrale du Troisième Reich. Voilà la réalité.
Aujourd'hui, déformant le passé, les politiciens et propagandistes occidentaux veulent faire douter le public de la nature juste de l'ordre mondial qui a été approuvé dans la Charte des Nations Unies après la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont adopté une politique visant à saper le système juridique international existant et à le remplacer par un certain «ordre fondé sur des règles». Ils veulent créer cet ordre basé sur le principe : «celui qui est le plus fort a raison» et selon la «loi de la jungle».
Pour les diplomates et les politiciens, le 9 mai est également une bonne occasion de rappeler que les Alliés se sont dénommés les Nations Unies en 1945. Ils se sont tenus côte à côte pendant la guerre. La prise de conscience de la menace commune face à l'idéologie inhumaine du national-socialisme a aidé les États dotés de différents modèles politiques et socio-économiques à surmonter les différences. La conviction que la défaite de l'Allemagne nazie marquera le triomphe de la justice et la victoire de la lumière sur les ténèbres était le facteur unificateur.


Après la guerre, les Alliés ont construit une nouvelle architecture des relations internationales basée sur l'idéal d'une coopération égale entre États souverains. La création de l'ONU était censée garantir que le triste sort de son prédécesseur, la Société des Nations, ne se reproduira plus. Mais l'histoire a tendance à se répéter. C’est pourquoi la communauté internationale n’a pas le droit d’oublier les leçons de la Seconde Guerre Mondiale. L'une des plus importantes d'entre elles est qu'on ne peut pas flirter avec le mal absolu, dont l'incarnation est toute idéologie, tout mouvement politique basé sur le racisme, la haine et le culte de la violence. Il ne faut pas avoir l'illusion qu’on peut utiliser ce genre de pouvoir à ses propres avantages.
 
 
«Pour les diplomates et les politiciens, le 9 mai est également une bonne occasion de rappeler que les Alliés se sont dénommés les Nations Unies en 1945 ».
 
 
Qu'est-ce que le peuple africain peut-il encore apprendre des valeurs de la société russe et de son histoire?
Depuis le tout début de son histoire, la Russie est un pays multinational et multi-confessionnel. Actuellement, 190 nationalités vivent dans notre pays et pratiquement toutes les confessions religieuses y sont représentées (les chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, animistes etc.). La Russie attache une grande importance à la préservation de l'identité et de la communauté des peuples qui y vivent à la fois. Il est évident que la norme pour nous est la diversité au sein de l'État. Elle enseigne la patience et la tolérance, ainsi que la capacité de comprendre et d'accepter de différents points de vue, des traditions, des modes de vie sans imposer un quelconque modèle de développement comme un axiome. Cette expérience de la Russie, à mon avis, peut être utile à de nombreux autres pays.

 
Beaucoup pense que l'effervescence économique russe et les miracles économiques de Poutine, font peur aux rivaux. Avez-vous ce sentiment?
Au cours des 20 dernières années, la Russie a fait beaucoup dans le cadre du développement économique. Ainsi, 75% des capacités de production de l'industrie de transformation ont été créées. L'âge moyen des machines et des équipements utilisés dans l'industrie de transformation est de 12 ans. Des travaux sont en cours pour développer les infrastructures: le nombre d'autoroutes fédérales a doublé (de 39 000 km à plus de 80 000 km). Depuis l’année 2000, environ 600 nouveaux gisements ont été découverts en Russie. La Russie, qui était le principal importateur de céréales pendant la période soviétique, est maintenant devenue son principal exportateur. En outre, le volume de la production agricole a augmenté de 46%.

En même temps, il est extrêmement important pour la Russie d’aujourd’hui de réduire la dépendance de l'économie russe vis-à-vis des hydrocarbures. A présent, seulement 30% du budget fédéral de la Russie est constitué des revenus pétroliers et gaziers. De plus, au troisième trimestre 2020, le niveau de la dette publique russe s'élevait à 18% du PIB. A l'heure actuelle, ce chiffre reste l'un des plus bas au monde. La Russie est l'une des plus grandes puissances économiques, qui occupe fermement une position de leader dans les développements scientifiques et technologiques avancés. Cependant, je crois qu’il ne faut pas avoir peur du renforcement de l’économie russe; au contraire, c’est une occasion d’élargir une coopération économique mutuellement avantageuse au profit du développement futur de l’humanité.
 
«Ainsi, 75% des capacités de production de l'industrie de transformation ont été créées. L'âge moyen des machines et des équipements utilisés dans l'industrie de transformation est de 12 ans. Des travaux sont en cours pour développer les infrastructures: le nombre d'autoroutes fédérales a doublé (de 39 000 km à plus de 80 000 km). Depuis l’année 2000, environ 600 nouveaux gisements ont été découverts en Russie ».
 
Récemment, le Président russe Vladimir Poutine a comparé le comportement des personnages du « Livre de la jungle » de Rudyard Kipling avec les démarches hostiles d'autres Etats envers la Russie, décrivant ce comportement comme un "nouveau sport" où les pays s'affrontent, "qui dira quelque chose de plus fort". A Votre avis, comment expliquer cette frivolité des rivaux de la Russie?
Bien sûr, le monde est conduit par la concurrence, y compris entre les grandes puissances et, à mon avis, les relations complexes actuelles entre l'Occident et la Russie sont largement déterminées par le poids économique croissant et le rôle plus actif de notre pays dans l'économie mondiale. Je pense, que le problème le plus important dans les relations entre la Russie et l'Occident réside dans les visions radicalement différentes des parties sur elles-mêmes et les unes sur les autres. La Russie est une puissance renaissante, tandis que l'Occident voudrait la voir comme un pays en affaiblissement, dans le sillage de sa politique et en étant son réserve des matières premières.


Cependant, la Russie est devenue plus forte et peut assumer la responsabilité du développement mondial et jouer son rôle dans les relations internationales. Il est tout à fait évident que le développement de la Russie en tant qu’un État souverain fort n’est pas dans les intérêts de nos rivaux. De plus, l'idée même que notre pays peut prendre sa place appropriée dans le monde est inacceptable pour les États-Unis et leurs alliés. C'est avec cela que l'hystérie est liée, et il n'y a pas d'autre moyen de définir les déclarations qui résonnent presque tous les jours.
 
 
«De plus, l'idée même que notre pays peut prendre sa place appropriée dans le monde est inacceptable pour les États-Unis et leurs alliés ».
 
 
 
Comment se porte l'économie russe?
Toutes les questions d’actualité ont été abordées par le diplomate de la Russie Monsieur Dmitry Kourakov. Il a été sans détours durant notre entretien…
 
 
DAKARTIMES : Bonjour Votre Excellence, pouvez-Vous revenir sur le symbolique de la fête « Jour de la Victoire » en Russie? C'est quoi le sens sur le plan politique et histoire?
 
DMITRY  KOURAKOV : Le 9 mai – le « Jour de la Victoire » de l'Union Soviétique dans la Grande Guerre Patriotique est une date particulière pour les citoyens de la Russie. Depuis le mois de mai 1945, voilà que 76 ans se sont écoulés, au cours desquels plusieurs générations ont grandi. La carte politique du monde a changé. Il n'y a plus d'Union Soviétique qui ait remporté une victoire grandiose et écrasante sur le nazisme et qui ait réellement sauvé le monde entier. Cependant, jusqu'à présent, nous chérissons la mémoire des 27 millions de morts. Un tel prix n'a jamais été payé par aucun État dans toute l'histoire de l'humanité. Cette guerre a été un coup terrible pour le peuple soviétique. L'agression allemande contre notre pays a été la plus brutale et la plus impitoyable. Hitler a cherché non seulement à briser notre volonté, non seulement à dominer la Russie et les autres républiques soviétiques qui faisaient partie de l'URSS, mais aussi à exterminer physiquement la quasi-totalité de leur population. Il incombait à nos ancêtres non seulement de défendre leur propre pays, mais aussi d'apporter une contribution décisive à la défaite du nazisme, à la libération du monde entier de l'esclavage fasciste.


La Seconde Guerre Mondiale est devenue la plus grande tragédie du XX-ème siècle, qui a coûté la vie à des dizaines de millions de personnes. La plus grande catastrophe humanitaire de l'histoire de l’humanité a été le résultat des aspirations agressives de ceux qui étaient convaincus de leur supériorité raciale, de leur exclusivité et de leur droit de décider, eux-mêmes, du sort des autres pays et peuples.
 
«La Victoire a créé le fondement de l'ordre mondial d'après-guerre sur le pilier de la sécurité collective et de la coopération interétatique, a ouvert la voie à la création de l'ONU. Voilà la réalité  ».
 
Dans la vision des citoyens de la Russie, le «Jour de la Victoire» a embrassé tout: la fierté d'avoir défendu l'honneur et l'indépendance de notre Patrie, d’avoir protégé l'humanité de la menace la plus terrible qui ait jamais existé. Le sentiment d’un hommage et du plus profond respect pour ceux qui, avec leur courage et leur bravoure désintéressée, ont triomphé le fascisme. Le sentiment du deuil pour ceux qui sont tombés sur les champs de bataille pour défendre la Patrie. Il n'y a pratiquement pas de famille en Russie qui n'aurait pas perdu un de ses proches sur les champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale. La Victoire a créé le fondement de l'ordre mondial d'après-guerre sur le pilier de la sécurité collective et de la coopération interétatique, a ouvert la voie à la création de l'ONU. Voilà la réalité.
Notre tâche aujourd'hui est de préserver la mémoire de l'exploit du peuple soviétique qui, avec son unité et sa solidarité, son travail acharné et son dévouement, son incroyable amour pour la Patrie, nous a procuré la paix, la liberté et l'indépendance. «Le Jour de la Victoire» est la fête qui unit toutes les générations. Nous nous souvenons de notre histoire et nous en sommes fiers.

 
Pourquoi le Peuple russe tient à célébrer cette journée du 9 Mai chaque année?
Comme Vous le savez, en Europe, aux États-Unis et dans d'autres pays occidentaux, le «Jour de la Victoire » en Europe (the V-E Day) est fêté le 8 mai. Cela est dû au décalage horaire. Le fait est que l'acte de capitulation de Berlin a été signé tard dans la soirée du 8 mai, alors qu’à Moscou c’était déjà le 9 mai. Dans certains pays qui se sont formés sur le territoire de l'ex-URSS, ainsi que là où vivent de nombreux immigrants de l'Union Soviétique, on célèbre la fête en honneur de la fin de la Seconde Guerre Mondiale au cours de deux jours – les 8 et 9 mai: le 8 mai est prévu pour les activités officielles, et le 9 mai est réservé pour ceux qui chérissent la mémoire de la célébration de cette journée en URSS.
 
« Il est triste que même en Russie, il y ait des personnes qui ont repris les mythes répandus par ceux qui souhaitent oublier ces faits et qui croient que le moment est venu d'abandonner la célébration solennelle du «Jour de la Victoire».

 
Au Sénégal, comment comptez-Vous la célébrer?
Traditionnellement, nous célébrons cette fête au Musée des Forces Armées du Sénégal, et l'Ambassade organise une réception officielle. Cependant, les restrictions de Covid-19 ne permettent pas d'organiser des événements de masse, donc cette fois nous sommes obligés de nous limiter au format en ligne. L'Ambassade a installé dans ces locaux une exposition consacrée aux anciens combattants et vétérans – parents de nos employés. En plus, des excursions virtuelles au principal musée d'histoire militaire de Russie – le Musée de la Victoire sur Poklonnaya Gora à Moscou, seront organisés pour les élèves de l'école à l'Ambassade et des compatriotes.
 
 
« Nos détracteurs cherchent à diminuer le rôle de l'Union Soviétique dans la Seconde Guerre Mondiale et à la dépeindre sinon comme le principal coupable de la guerre, du moins comme un agresseur, aux côtés de l'Allemagne nazie, et répandre les thèses sur «l'égalité de responsabilité».
 
 
La Russie n'est-elle pas en train d'apprendre au reste du monde, le sens des valeurs historiques de son peuple ?
Malheureusement, la mémoire de la Victoire n'est pas sacrée pour tout le monde. Il est triste que même en Russie, il y ait des personnes qui ont repris les mythes répandus par ceux qui souhaitent oublier ces faits et qui croient que le moment est venu d'abandonner la célébration solennelle du «Jour de la Victoire». Plus le temps passe, plus on doit souvent faire face à l'inconscience historique.
Aussi amer qu'il soit de témoigner, nous voyons les tentatives de discréditer les héros, de générer artificiellement des doutes sur l'exactitude du chemin emprunté par nos ancêtres. Tant à l'étranger que dans notre pays, nous entendons parfois dire que la conscience publique en Russie est militarisée, et les défilés et processions du «Jour de la Victoire » n’ont pour but que d'imposer des sentiments belliqueux et militaristes au niveau de l'Etat. Ce faisant, la Russie rejetterait l’humanisme et les valeurs du monde «civilisé».


Nos détracteurs cherchent à diminuer le rôle de l'Union Soviétique dans la Seconde Guerre Mondiale et à la dépeindre sinon comme le principal coupable de la guerre, du moins comme un agresseur, aux côtés de l'Allemagne nazie, et répandre les thèses sur «l'égalité de responsabilité». Ils assimilent cyniquement l’occupation nazie, qui a coûté la vie à des dizaines de millions de personnes, et les crimes commis par les collaborateurs à la mission de libération de l’Armée Rouge. Des monuments sont érigés en l'honneur des complices des nazis. Dans le même temps, les monuments aux soldats libérateurs et les tombes des soldats tués aux combats sont profanés et détruits dans certains pays.


Cependant, de fausses interprétations de l'histoire sont introduites dans le système éducatif occidental avec des mystifications et des théories pseudo-historiques conçues pour minimiser l'exploit de nos ancêtres. On dit aux jeunes que le principal mérite de la Victoire sur le nazisme et de la libération de l'Europe ne revient pas aux troupes soviétiques, mais à l'Occident, en raison du débarquement en Normandie, qui a eu lieu moins d'un an avant la défaite du nazisme, au moment où l'Armée soviétique libérait déjà la Biélorussie, atteignant en fait les frontières de l'Union Soviétique.


Nous tenons pour sacrée la contribution de tous les Alliés à la victoire commune dans cette guerre, et nous pensons que toute tentative de creuser un fossé entre nous est honteuse. Mais peu importe la volonté des falsificateurs de l'histoire, l’essentiel est que, le feu de la vérité ne peut pas être éteint. Ce sont les peuples de l'Union Soviétique qui ont brisé la colonne vertébrale du Troisième Reich. Voilà la réalité.
Aujourd'hui, déformant le passé, les politiciens et propagandistes occidentaux veulent faire douter le public de la nature juste de l'ordre mondial qui a été approuvé dans la Charte des Nations Unies après la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont adopté une politique visant à saper le système juridique international existant et à le remplacer par un certain «ordre fondé sur des règles». Ils veulent créer cet ordre basé sur le principe : «celui qui est le plus fort a raison» et selon la «loi de la jungle».


Pour les diplomates et les politiciens, le 9 mai est également une bonne occasion de rappeler que les Alliés se sont dénommés les Nations Unies en 1945. Ils se sont tenus côte à côte pendant la guerre. La prise de conscience de la menace commune face à l'idéologie inhumaine du national-socialisme a aidé les États dotés de différents modèles politiques et socio-économiques à surmonter les différences. La conviction que la défaite de l'Allemagne nazie marquera le triomphe de la justice et la victoire de la lumière sur les ténèbres était le facteur unificateur. Après la guerre, les Alliés ont construit une nouvelle architecture des relations internationales basée sur l'idéal d'une coopération égale entre États souverains. La création de l'ONU était censée garantir que le triste sort de son prédécesseur, la Société des Nations, ne se reproduira plus.


Mais l'histoire a tendance à se répéter. C’est pourquoi la communauté internationale n’a pas le droit d’oublier les leçons de la Seconde Guerre Mondiale. L'une des plus importantes d'entre elles est qu'on ne peut pas flirter avec le mal absolu, dont l'incarnation est toute idéologie, tout mouvement politique basé sur le racisme, la haine et le culte de la violence. Il ne faut pas avoir l'illusion qu’on peut utiliser ce genre de pouvoir à ses propres avantages.
 
 
«Pour les diplomates et les politiciens, le 9 mai est également une bonne occasion de rappeler que les Alliés se sont dénommés les Nations Unies en 1945 ».
 
 
Qu'est-ce que le peuple africain peut-il encore apprendre des valeurs de la société russe et de son histoire?
Depuis le tout début de son histoire, la Russie est un pays multinational et multi-confessionnel. Actuellement, 190 nationalités vivent dans notre pays et pratiquement toutes les confessions religieuses y sont représentées (les chrétiens, musulmans, juifs, bouddhistes, animistes etc.).
La Russie attache une grande importance à la préservation de l'identité et de la communauté des peuples qui y vivent à la fois. Il est évident que la norme pour nous est la diversité au sein de l'État. Elle enseigne la patience et la tolérance, ainsi que la capacité de comprendre et d'accepter de différents points de vue, des traditions, des modes de vie sans imposer un quelconque modèle de développement comme un axiome. Cette expérience de la Russie, à mon avis, peut être utile à de nombreux autres pays.
 
Beaucoup pense que l'effervescence économique russe et les miracles économiques de Poutine, font peur aux rivaux. Avez-vous ce sentiment?
Au cours des 20 dernières années, la Russie a fait beaucoup dans le cadre du développement économique. Ainsi, 75% des capacités de production de l'industrie de transformation ont été créées. L'âge moyen des machines et des équipements utilisés dans l'industrie de transformation est de 12 ans. Des travaux sont en cours pour développer les infrastructures: le nombre d'autoroutes fédérales a doublé (de 39 000 km à plus de 80 000 km). Depuis l’année 2000, environ 600 nouveaux gisements ont été découverts en Russie. La Russie, qui était le principal importateur de céréales pendant la période soviétique, est maintenant devenue son principal exportateur. En outre, le volume de la production agricole a augmenté de 46%.


En même temps, il est extrêmement important pour la Russie d’aujourd’hui de réduire la dépendance de l'économie russe vis-à-vis des hydrocarbures. A présent, seulement 30% du budget fédéral de la Russie est constitué des revenus pétroliers et gaziers. De plus, au troisième trimestre 2020, le niveau de la dette publique russe s'élevait à 18% du PIB. A l'heure actuelle, ce chiffre reste l'un des plus bas au monde. La Russie est l'une des plus grandes puissances économiques, qui occupe fermement une position de leader dans les développements scientifiques et technologiques avancés. Cependant, je crois qu’il ne faut pas avoir peur du renforcement de l’économie russe; au contraire, c’est une occasion d’élargir une coopération économique mutuellement avantageuse au profit du développement futur de l’humanité.
 
«Ainsi, 75% des capacités de production de l'industrie de transformation ont été créées. L'âge moyen des machines et des équipements utilisés dans l'industrie de transformation est de 12 ans. Des travaux sont en cours pour développer les infrastructures: le nombre d'autoroutes fédérales a doublé (de 39 000 km à plus de 80 000 km). Depuis l’année 2000, environ 600 nouveaux gisements ont été découverts en Russie ».
 
Récemment, le Président russe Vladimir Poutine a comparé le comportement des personnages du « Livre de la jungle » de Rudyard Kipling avec les démarches hostiles d'autres Etats envers la Russie, décrivant ce comportement comme un "nouveau sport" où les pays s'affrontent, "qui dira quelque chose de plus fort". A Votre avis, comment expliquer cette frivolité des rivaux de la Russie?
Bien sûr, le monde est conduit par la concurrence, y compris entre les grandes puissances et, à mon avis, les relations complexes actuelles entre l'Occident et la Russie sont largement déterminées par le poids économique croissant et le rôle plus actif de notre pays dans l'économie mondiale. Je pense, que le problème le plus important dans les relations entre la Russie et l'Occident réside dans les visions radicalement différentes des parties sur elles-mêmes et les unes sur les autres. La Russie est une puissance renaissante, tandis que l'Occident voudrait la voir comme un pays en affaiblissement, dans le sillage de sa politique et en étant son réserve des matières premières.

Cependant, la Russie est devenue plus forte et peut assumer la responsabilité du développement mondial et jouer son rôle dans les relations internationales. Il est tout à fait évident que le développement de la Russie en tant qu’un État souverain fort n’est pas dans les intérêts de nos rivaux. De plus, l'idée même que notre pays peut prendre sa place appropriée dans le monde est inacceptable pour les États-Unis et leurs alliés. C'est avec cela que l'hystérie est liée, et il n'y a pas d'autre moyen de définir les déclarations qui résonnent presque tous les jours.
 
 
«De plus, l'idée même que notre pays peut prendre sa place appropriée dans le monde est inacceptable pour les États-Unis et leurs alliés ».
 
 
 
 
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Dmitry Kourakoy, Ambassadeur de la Russie au Sénégal : «La Russie est devenue plus forte et peut assumer la responsabilité du développement mondial »
Comment se porte l'économie russe?
 
Le 17 décembre 2020, lors d'une grande conférence de presse, le Président russe Vladimir Poutine a noté que dans le contexte de la pandémie de coronavirus, la récession économique en Russie était de 3,6% et s'est avérée inférieure à celle des États-Unis et de l’UE. On a pu soutenir les industries les plus touchées par la pandémie grâce à des mesures d'aide financière aux entreprises et à la population. Il s’agit de l'octroi des congés de crédit, des subventions et des prêts préférentiels aux entreprises, du report et des exonérations fiscales pour les entreprises et les entrepreneurs, ainsi que des paiements directs aux familles avec des enfants mineurs. En général, 4,5% du PIB du pays (6,12 milliards USD) ont été alloués au soutien des citoyens, de l'industrie et à la lutte contre la pandémie.
Dans le même temps, il faut admettre que la Russie n'a pas réussi à éviter l'aggravation de certains problèmes sociaux: le chômage est passé de 4,7% à 6,3%, la pauvreté a légèrement augmenté –pendant 2000–2017 la Russie a réussi à réduire la part des citoyens pauvres de 29% à 12,3%, mais en 2020 cette indice a atteint 13,5%.
Fin septembre 2020, le gouvernement russe a approuvé un plan national de relance économique. Le projet contient environ 500 initiatives, et le coût de sa mise en œuvre peut s'élever à environ 66,55 milliards USD. Dans son cadre il est prévu de ramener le taux de chômage en dessous de 5% et d'assurer une croissance des revenus réels des citoyens de 2,5% par an.


Au cours de la pandémie, la Banque de Russie a continué à réduire le taux directeur en 2020 et l'a baissé de 6,25% à 4,25% par an. L'indicateur est devenu le plus bas de toute la période post-soviétique. La réduction du taux de la Banque Centrale à un niveau record est une manœuvre très importante. Elle a aidé à la fois les entreprises et la population. L'argent est devenu moins cher et, naturellement, les particuliers et les entreprises ont commencé à prendre les fonds disponibles et à les utiliser pour des investissements, pour l'innovation et pour accroître leur bien-être. Tout cela, avec l'aide de l'État, a contribué à atténuer les dégâts causés à l'économie.

 
«Il est prévu de ramener le taux de chômage en dessous de 5% et d'assurer une croissance des revenus réels des citoyens de 2,5% par an ».
 
 
La pandémie de coronavirus a accéléré la numérisation de l'économie. Dans le contexte des restrictions liées au Covid-19 en Russie, la part du commerce en ligne et des paiements électronique ont considérablement augmenté. En outre, le secteur de la santé a reçu une impulsion notable de développement. Selon des estimations d'experts, à cause de la pandémie et des lock-downs partout dans le monde, le secteur des services, ainsi que les petites et moyennes entreprises (PME), ont été les plus gravement touchés. En même temps, par rapport aux pays occidentaux où la part des PME dans l'économie dépasse souvent 60%, l'impact du coronavirus en Russie s'est prononcé plus faible car les PME n’y font que les 22% de l’économie.
Pendant la pandémie, la faible dette publique et un niveau élevé des réserves étaient les principaux facteurs de stabilité macroéconomique en Russie. La poursuite de la reprise économique dépendra du rythme des vaccinations, du moment de la fin de la pandémie et de la levée d'un certain nombre de restrictions. La Russie espère qu'en 2021, la situation avec le Covid-19 changera pour le mieux.
 
 
«Aujourd’hui la Crimée est devenue l'une des régions russes les plus dynamiques. Même la pression des sanctions n’a pas pu l’empêcher. »
 
 
 
Si Vous aviez à expliquer le dossier de la Crimée et de Donbass aux africains plus particulièrement aux Sénégalais, qu'allez-Vous leur dire ?
En mars 2021, la Russie a célébré le septième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie. En 2014, les habitants de la péninsule ont exercé leur droit à l'autodétermination inscrit dans la Charte des Nations Unies: plus de 96% de la population (avec un taux de participation de 83%) se sont prononcés lors d'un vote populaire en faveur de l'indépendance de la Crimée et son adhésion à la Russie.
Aujourd’hui la Crimée est devenue l'une des régions russes les plus dynamiques. Même la pression des sanctions n’a pas pu l’empêcher. Un programme d’appui équivalent à plusieurs milliards de dollars «Développement social et économique de la République de Crimée et de Sébastopol» est en cours. L'infrastructure se développe. Un nouveau pont ferroviaire et autoroutier relie le continent à la péninsule. L'aéroport international moderne de Simferopol et l'autoroute «Tawrida» ont été achevés. Des milliers de kilomètres de routes subissent une rénovation, et de nouvelles maisons et hôtels sont en construction.


Une grande importance est attachée à la protection des droits de l'homme. Une large autonomie nationale et culturelle des Tatars de Crimée a été établie dans la péninsule. Contrairement à l'époque où la Crimée faisait encore partie de l'Ukraine, la langue de ce peuple est inscrite dans la Constitution de la République en tant qu’une langue officielle aux côtés du russe et de l'ukrainien. Les fêtes musulmanes sont célébrées et leurs traditions sont maintenues. Nous sommes heureux d'accueillir sur la péninsule tous ceux qui souhaitent visiter cette merveilleuse terre, pour voir de leurs propres yeux ses réalisations et découvrir l'humeur des gens qui y vivent.
Quant à la situation au Donbass, le 12 février 2021 c’était le sixième anniversaire de la signature à Minsk du «Paquet de mesures en vue de l’application des accords de Minsk», qui a été soutenu par les dirigeants du «Format Normandie», approuvé par la résolution 2202 du Conseil de Sécurité de l'ONU et est devenu une partie intégrante du droit international.


Ce document vise à mettre fin au conflit armé interne dans le sud-est de l'Ukraine, qui a été provoqué par un coup d'État à Kiev en février 2014 et les tentatives ultérieures du gouvernement ukrainien de bafouer les droits et libertés des citoyens du sud-est de l'Ukraine et de réprimer par la force armée des manifestations pacifiques. Il n'y a pas un mot dans les accords de Minsk sur les obligations de la Russie. La Fédération de Russie n'est pas une des parties au conflit et ne l'a jamais été. Les parties au conflit sont Kiev, Donetsk et Lougansk. La Russie est un des médiateurs dans le processus de règlement. Notre statut au «Format Normandie» qui est un «mécanisme de contrôle» est le même que celui de la France et de l'Allemagne, et au sein du Groupe de contact, il est le même que celui de l'OSCE (qui coordonne d'ailleurs ses travaux).
 
«L'idée de l'Ukraine de lier le règlement dans le Donbass à la Crimée ne résiste à aucune critique. La Crimée est une affaire interne de la Russie et n'a rien à voir avec la résolution du conflit dans le sud-est de l'Ukraine. »
 
 
L'idée de l'Ukraine de lier le règlement dans le Donbass à la Crimée ne résiste à aucune critique. La Crimée est une affaire interne de la Russie et n'a rien à voir avec la résolution du conflit dans le sud-est de l'Ukraine. De plus, dans les accords de Minsk, il n'y a même pas la moindre mention de la Crimée. La Russie, en tant que pays médiateur, a préconisé et continue à préconiser un règlement pacifique du conflit entre Kiev, Donetsk et Lougansk sur la base du strict respect du «Paquet de mesures de Minsk», approuvé par la résolution 2202 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dans toute son intégralité et cohérence. Cette position n'a jamais changé.

 
Avez-Vous le sentiment que les adversaires de Moscou craignent une alliance stratégique internationale entre la Russie et la Chine ?
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Les documents signés par les dirigeants de la Russie et de la Chine soulignent toujours que l’interaction stratégique bilatérale et le partenariat multiforme n’existent pas contre qui que ce soit, mais exclusivement dans l’intérêt de nos peuples et de nos pays. Nous recherchons un équilibre des intérêts, nous avons de nombreux domaines où il a été trouvé et est mis en œuvre pour le bénéfice de nous tous.
Moscou et Pékin prônent la construction des relations interétatiques sur les principes de respect mutuel et de prise en compte des intérêts réciproques, de justice, de non-ingérence dans les affaires intérieures. Nous rejetons les jeux géopolitiques à somme nulle, les sanctions unilatérales illégitimes auxquelles recourent de plus en plus souvent nos collègues occidentaux.
 
«Pour la Russie, la Chine est un véritable partenaire stratégique et un vrai ami. Nos relations économiques se renforcent de jour en jour. »
 
 
 
Pour la Russie, la Chine est un véritable partenaire stratégique et un vrai ami. Nos relations économiques se renforcent de jour en jour. La coopération russo-chinoise en politique étrangère demeure un facteur de stabilisation de la situation globale et régionale. La Russie part du principe que notre dialogue de confiance et de respect mutuel avec la Chine doit servir d'exemple à d'autres pays, y compris à ceux qui tentent de construire des relations avec la Russie et la Chine sur des principes quelque peu différents, pas entièrement égaux. Cela n'est pas acceptable pour nous ou nos amis chinois. La Russie et la Chine continueront à construire leur politique étrangère coordonnée de manière créatrice, constructive, flexible, en faisant toujours preuve d'une volonté de compromis, mais uniquement sur la base du respect mutuel, en recherchant un équilibre des intérêts et, bien sûr, dans l'intérêt d'élargissement de la coopération économique mutuellement avantageuse.
 
 
«Les grandes entreprises russes souhaitent participer à des projets d'infrastructure, au secteur énergétique et à l'agriculture du Sénégal ».
 
 
Parlez-Vous un peu de la coopération entre la Russie et le Sénégal.

En bref, selon les statistiques russes, les échanges commerciaux entre la Russie et le Sénégal en janvier-octobre 2020 se sont élevés à 370 millions USD, dont les exportations russes vers le Sénégal – 367 millions USD et les importations russes en provenance du Sénégal – 2,6 millions USD.


Le commerce bilatéral en 2020 a été considérablement impacté par la baisse globale de l'activité commerciale à cause de la pandémie de Covid-19. En termes absolus, les indicateurs de l'année ont diminué de plus de 2 fois. Ainsi, selon les statistiques russes, en 2019, le commerce bilatéral a atteint 715 millions USD (exportations russes 711 millions USD, importations – 3,7 millions USD). En 2020, les volumes physiques du commerce bilatéral ont diminué, tandis que sa nomenclature est restée la même.
Selon le Service Fédéral des Douanes de la Russie, la structure des exportations russes vers le Sénégal pour 10 mois de 2020 est la suivante:

- 73% des exportations russes, soit 268 millions USD, étaient des «produits minéraux».
- 17% ou 60,9 millions USD –«blé»;
- 6,6% ou 24,2 millions USD – «produits chimiques» (engrais azotés et potassiques, produits chimiques inorganiques et produits pharmaceutiques);
- 1,7% ou 6,3 millions USD représentaient «papier, carton».
La structure des importations russes en provenance du Sénégal pour la même période est la suivante:
- 80% ou 2,1 millions USD– les achats de «tomates fraîches ou réfrigérées» (1,8 million USD, poids total 757 tonnes) et de «goyave, mangue et mangoustan, frais ou séchés» (305 mille USD, poids total 132 tonnes).
- 20% des importations russes ou 530 mille USD sont des «déchets et débris de cuivre» (519 mille USD, pour un poids total de 118 tonnes) et des «produits en métaux ferreux» (11 mille USD).

Nos pays ont un énorme potentiel de développement de la coopération économique. Les grandes entreprises russes souhaitent participer à des projets d'infrastructure, au secteur énergétique et à l'agriculture du Sénégal.
 
 
« La pratique de formation du personnel militaire national et des employés des services de l’ordre africains, y compris sur une base préférentielle et gratuite, reste particulièrement demandée. »
 
 
Nous avons remarqué la Russie s’engager en Afrique sur le plan sécuritaire pour aider des pays comme la Libye, la Centrafrique et le Mali. Est-ce une nouvelle option humaniste en Afrique, qui entre dans une logique de coopération?
 
 
L'interaction dans le domaine de la sécurité régionale reste un élément important des relations de la Russie avec les pays du continent africain. La situation dans de nombreuses régions d'Afrique est instable: les conflits nationaux et ethniques n'ont pas été résolus, et les crises politiques et socio-économiques aiguës se poursuivent. De nombreuses organisations terroristes sont très actives en Afrique du Nord, dans la zone du Sahara et du Sahel, dans la région du lac Tchad et dans la Corne de l'Afrique.
Les forces armées et les forces de l'ordre d'un certain nombre de pays africains ne sont pas en mesure de contrer seuls les militants et ont besoin d'une assistance substantielle. A cet égard, la Russie continue à coopérer activement avec ses partenaires africains dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent, la migration illégale et la piraterie. La pratique de formation du personnel militaire national et des employés des services de l’ordre africains, y compris sur une base préférentielle et gratuite, reste particulièrement demandée. En fin de compte, les efforts de la Russie visent à aider les États africains à résoudre par eux-mêmes les problèmes de sécurité existants, ce qui renforcera leur souveraineté et leur indépendance. Cela signifie que la situation dans le monde dans son ensemble deviendra plus stable et prévisible.
 
 
«Soulignant le rôle croissant de l'Afrique dans les affaires mondiales, le Président russe Vladimir Poutine l'a qualifié de l'un des piliers importants du système mondial multipolaire. »
 
 
 
 
Selon Vous, qu’est ce qui explique le rapprochement qu’il y a entre l’Afrique et la Russie et la sympathie que les Africains ont envers Poutine ?
Le leader russe a acquis une grande autorité non seulement dans son pays d'origine, où son niveau de popularité, selon le Centre russe des sondages d'opinion publique, dépasse 66%, mais également dans d'autres pays du monde, y compris en Afrique. Cela est largement dû à la position russe de défendre non seulement ses intérêts, mais aussi ceux de ses alliés et ses amis.
L’un des facteurs de l’intensification des liens entre les pays africains et la Fédération de Russie est l’approche russe visant à établir des relations d’égalité avec eux. Son essence réside dans le fait que la Russie n'interfère jamais dans les affaires intérieures des pays, ne pose aucune condition préalable, ne leur impose pas son modèle de développement et sa vision des formes de démocratie, comme des partenaires occidentaux le font. Contrairement à d'autres pays, qui continuent souvent à piller les richesses minières du continent, la Fédération de Russie cherche à construire ses relations avec l'Afrique sur une base mutuellement avantageuse.
Sur le plan international, la nécessité d'établir une coopération plus active avec le continent africain est dictée par le fait qu'il devient progressivement un acteur géopolitique important que tout le monde doit prendre en considération. Soulignant le rôle croissant de l'Afrique dans les affaires mondiales, le Président russe Vladimir Poutine l'a qualifié de l'un des piliers importants du système mondial multipolaire.
L’importance du dialogue avec l’Afrique ne fait aucun doute. Sur la scène internationale, le «Groupe africain» est une force cohésive et organisée capable d'influencer réellement la prise de décision à l'échelle planétaire, par exemple, à travers le mécanisme d'adoption des résolutions des Nations Unies. L'Afrique a 54 voix à l'Assemblée Générale des Nations Unies, et chaque voix de pays, quelle que soit sa taille et son PIB, a la même valeur que celle des États-Unis. Par conséquent, Moscou élargit son dialogue global avec le «Groupe africain», avec chacun de ses pays dans le but de bien expliquer nos positions sur les problèmes actuels, augmentant ainsi le nombre de nos partisans et nos alliés au sein de l'ONU et d'autres organisations internationales.
Notre politique est claire et prévisible, elle est basée sur les principes universellement acceptés, c’est pourquoi les positions de la Russie et de la plupart des pays africains sur les questions clés de l'agenda international sont proches ou coïncident: l'Afrique soutient nos initiatives à l'ONU pour lutter contre la glorification du nazisme, le non-déploiement d'armes et pour promouvoir le renforcement de la confiance dans l'espace extra-atmosphérique, et la sécurité internationale informatique. La Russie se prononce en faveur d’une représentation plus large du continent africain dans les organes directeurs des Nations Unies, principalement au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Et nous avons l'intention de poursuivre cette ligne à l'avenir. Si l'URSS était à l'avant-garde des mouvements de libération nationale africains, aujourd'hui l'Afrique reconnaît de plus en plus le rôle que la Russie joue à l'avant-garde de la «marche vers un ordre mondial juste» et multipolaire.
 
«Les entreprises russes et africaines ont signé environ 500 accords et mémorandums d’entente mutuelle, totalisant plus de 10,64 milliards USD. »
 
 
 
A quand le prochain Sommet Russie-Afrique après celle de Sotchi ?
Permettez-moi de commencer par les résultats du premier Sommet Russie-Afrique et du Forum économique qui se sont tenus les 23-24 octobre 2019 à Sotchi. Comme Vous le savez, ils ont réuni un nombre record de participants: nous avons réussi à réunir les représentants des 54 pays africains, dont 43 pays étaient représentés au plus haut niveau.
Le principal objectif du premier Sommet était de déterminer les perspectives et les orientations pour la poursuite du développement d'une coopération multiforme mutuellement avantageuse entre la Fédération de Russie et le continent africain. Les principaux thèmes du Forum étaient non seulement le développement du secteur des énergies, les infrastructures de transport, le secteur agricole, l'énergie nucléaire, la coopération militaro-technique, l'éducation et la santé, mais aussi des enjeux mondiaux: le maintien de la paix et de la sécurité, la lutte contre le terrorisme, l’élimination de la famine et des maladies.
Le Sommet d'octobre 2019 a démontré la volonté de toutes les parties de développer une coopération russo-africaine multiforme. Les entreprises russes et africaines ont signé environ 500 accords et mémorandums d’entente mutuelle, totalisant plus de 10,64 milliards USD.
Le Sommet de Sotchi n'était que la première étape vers un développement des relations économiques et politiques à grande échelle entre la Fédération de Russie et les pays africains. Comme cela est présenté dans le rapport «Russie–Afrique: une vision commune en 2030», préparé par un groupe d'experts russes, l'exportation de produits du génie agricole, de voitures et de céréales est indiquée comme des domaines de coopération prioritaires. En particulier, la Russie, en tant que premier exportateur mondial de céréales, peut devenir un fournisseur important pour les pays africains. Dans un avenir proche, on peut attendre une augmentation des exportations d'engrais par les sociétés russes « Uralchem » ​​et « Uralkali » de 100 000 tonnes actuelles à 500 à 600 000 tonnes par an. Il faut garder à l'esprit que le marché africain des engrais minéraux d'ici 2025-2030 passera de 5 à 7 milliards USD, avec une perspective de croissance d'un tiers au cours de la prochaine décennie.
Aujourd'hui, le principal problème est de mettre en pratique tous les accords conclus et de créer des conditions favorables à leur mise en œuvre. L’Association de coopération économique avec les États africains (ACEPA/AECAS) a été créée – une structure qui unit les représentants du business et de l'Etat, qui coordonne les activités des entreprises russes en Afrique, visant à obtenir des résultats qui répondent aux intérêts nationaux de la Fédération de Russie. On est en train d’élaborer des mécanismes pour prêter un soutien de l'Etat aux entreprises russes qui exportent des biens et des services et investissent dans les pays africains.
Quant au deuxième Forum Russie–Afrique: le Président russe Vladimir Poutine a décidé de le tenir en 2022. Cette fois-ci, le Sommet aura lieu en Afrique. Bien que le pays-hôte n’ait pas encore été déterminé, les travaux de préparation et d’élaboration de son contenu substantif sont déjà en cours. En particulier, le Secrétariat du Forum de partenariat Russie–Afrique a commencé à fonctionner au sein du Ministère russe des Affaires Étrangères. Des conseils de coordination, publics et scientifiques ont été créés sous sa direction. Dans un avenir proche, nous avons l'intention d'élaborer des «feuilles de route» de la coopération russo-africaine dans les domaines économique, scientifique et humanitaire.
Traditionnellement, le Sommet Russie–Afrique est précédé d'événements dans divers domaines de coopération. Les fora publics russo-africains qui se sont tenus à la fin de l’année 2019 ont contribué au renforcement des liens universitaires, culturels et ceux de la jeunesse. Les enjeux africains seront inclus dans le programme du prochain Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin 2021. Une réunion régulière des Ministres des Affaires Étrangères de la Russie et de la Troïka de l'Union africaine est également prévue en 2021.
 
 
«La Russie soutient le renforcement de l'interaction entre les Etats africains sous format des organisations sous-régionales, ainsi que les efforts du G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad) pour déployer la Force conjointe. »
 
 
 
Votre Excellence, comment Vous voyez la stratégie de lutte contre le terrorisme dans le Sahel?
 
La situation sécuritaire dans la zone du Sahara et du Sahel a une tendance constante à se détériorer en raison de la capacité des groupes terroristes opérant au Sahel à réagir rapidement et à s'adapter aux réalités changeantes.
La Russie soutient le renforcement de l'interaction entre les Etats africains sous format des organisations sous-régionales, ainsi que les efforts du G5 Sahel (Burkina Faso, Mauritanie, Mali, Niger, Tchad) pour déployer la Force conjointe.
Certainement, les présences internationales en Afrique de l'Ouest (celle de la France, les USA, les UE, et autres) contribuent à la sécurité sur le continent, même si elles donnent parfois l'impression d'un manque de coordination et de désordre. Néanmoins, il est encore trop tôt de tirer des conclusions définitives et d’évaluer l’efficacité de la contribution de la communauté internationale.
La présence de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de ses «casques bleus» reste un facteur clé en termes des perspectives de stabilisation. Nous nous félicitons de l’assistance fournie par la MINUSMA à la Force conjointe du G5 Sahel. Nous espérons que les décisions prises en 2020 et 2021 par les pays d'Afrique de l'Ouest pour intensifier la lutte contre le terrorisme seront mises en œuvre. L'idée proposée par la Commission de l'Union africaine sur le déploiement d'une force permanente africaine dans la région du Sahel nécessite une étude approfondie.
 
Est ce que la Russie soutient le G5 Sahel?
La Fédération de Russie a mis en place des mécanismes de consultation sur des thèmes antiterroristes avec un certain nombre d'Etats africains, y compris ceux du Sahel. Sur une base bilatérale, la Russie fournit une assistance pour la formation du personnel militaire et policier, renforçant la capacité de combat des forces armées des Etats de la zone du Sahara et du Sahel. Actuellement, des militaires du Mali, du Niger et du Burkina Faso suivent gratuitement la formation dans les établissements de l'enseignement supérieur du Ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Les policiers du Mali et du Tchad sont formés dans les établissements de l'enseignement supérieur du Ministère de l'Intérieur de la Fédération de Russie.
Compte tenu de ces circonstances, nous considérons qu'il est plus important que jamais de développer le potentiel de coopération avec les partenaires africains sur les questions de lutte contre le terrorisme, à la fois dans un format bilatéral et sur les plate-formes régionales et internationales appropriées. Pour notre part, nous sommes prêts à partager davantage notre expérience dans ce domaine, à mettre en œuvre des projets visant à accroître le potentiel des pays du continent dans la lutte contre les menaces terroristes et à fournir l'assistance nécessaire.
 
 
«Idriss Déby Itno était un partisan constant du renforcement de la coopération mutuellement avantageuse avec la Russie, a contribué à l'expansion des relations bilatérales entre Moscou et N'Djamena dans de divers domaines. »
 
 
Quelle analyse faites-Vous de la situation au Tchad après la mort de Idriss Deby?
Je ne peux que faire référence à la position officielle du Ministère russe des Affaires Etrangères, qui a exprimé ses sincères condoléances à la famille et aux proches de S.E.M. Idriss Déby Itno, ainsi qu'à l'ensemble du peuple tchadien.
Idriss Déby Itno était un partisan constant du renforcement de la coopération mutuellement avantageuse avec la Russie, a contribué à l'expansion des relations bilatérales entre Moscou et N'Djamena dans de divers domaines.
Au cours de son mandat à la tête de l'Etat, il a apporté une contribution significative à l'avancement du Tchad sur la voie d'un développement socio-économique stable, a contribué au maintien de la paix et de la sécurité sur le continent africain; combattait de manière décisive le terrorisme et l'extrémisme dans le Région du Sahara et du Sahel.


La situation au Tchad n'est pas facile aujourd'hui. Notre ambassade prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens russes dans le pays, et le Ministère des Affaires Etrangères de la Russie recommande de s'abstenir des voyages en République du Tchad, s’ils ne sont pas causés par une urgence, avant que la situation dans ce pays ne soit complètement normalisée et des garanties de sécurité fiables sont assurées.


Dernière question. A quand la première visite de Poutine au Sénégal?
Il ne s’agit pas encore d'une visite du Président russe au Sénégal, mais je peux Vous assurer que Vladimir Poutine participera personnellement aux événements du deuxième Sommet Russie–Afrique.
Réalisée par Mamadou Mouth BANE
 
La Redaction



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