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Diomaye sanctionne une majorité rancunière (Par Amadou DIAO)

Vendredi 13 Septembre 2024

Le 12 septembre, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris une décision largement saluée par l'opinion publique : la dissolution de l'Assemblée nationale, répondant ainsi à une demande sociale exprimée par de nombreux secteurs de la population.

Cette 14e Législature laissera à l'opinion des souvenirs amers. Dès son installation, la majorité parlementaire a marqué les esprits. Aminata Touré, tête de liste de Benno Bokk Yaakaar, attendue au perchoir, a subi les conséquences de l'ingérence familiale dans le domaine politique. Macky Sall, habitué aux manœuvres politiques, a mis en place un plan soigneusement préparé, permettant à Amadou Mame Diop, soutenu par sa famille, de prendre la présidence de l'Assemblée nationale. L'opinion, désabusée, s'est interrogée sur la véritable identité d'Amadou Mame Diop sans obtenir de réponse satisfaisante.

Peu après, la majorité enfonce le clou : Aminata Touré est dépossédée de son poste de député de manière injuste, et le professeur Ismaïla Madior Fall théorise ce putsch. Cependant, comme le dit l’adage, l'histoire rattrape les faussaires. Idrissa Seck quitte la majorité, et son député se retrouve dans une situation similaire à celle théorisée par le professeur Fall. Benno Bokk Yaakaar se fait discret.

Le pire se produit lorsque l'Assemblée nationale décide de reporter honteusement la dernière présidentielle au mois de décembre, une décision finalement rejetée par le Conseil constitutionnel. Les députés de la majorité, mécontents, accusent les Sages de corruption et instaurent une commission d’enquête rapidement abandonnée.

Avec l'accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence, les députés font preuve d'une maladresse notable en refusant de collaborer avec la majorité parlementaire, comme le souligne le président dans son adresse à la nation. Cette majorité a également bloqué le débat d’orientation budgétaire prévu pour le 29 juin dernier, en réponse à la décision du Premier ministre Ousmane Sonko de présenter sa déclaration de politique générale (DPG) devant un jury populaire.

Selon les informations disponibles, la décision de bloquer les travaux d'orientation budgétaire a été prise en réunion du bureau et en conférence des présidents de l'Assemblée nationale. Le groupe parlementaire du régime déchu a utilisé sa majorité pour empêcher un débat crucial pour l'exercice budgétaire 2024-2025. Cette plénière devait marquer la fin de la session ordinaire 2023-2024 de l'Assemblée nationale.

Le 2 septembre, les députés sont convoqués pour examiner un projet de loi visant à supprimer deux institutions : le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et le Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT). Ce projet a été rejeté par la commission des lois et par 83 députés de la majorité. Le lendemain, Benno Bokk Yaakaar dépose une motion de censure contre le gouvernement, qui ne prospère pas. Cependant, le président de l'Assemblée nationale convoque une plénière le 11 septembre pour examiner la DPG, une action jugée illégale par le chef de l'État, qui l'informe par courrier.

Face à ces bravades, la dissolution de l'Assemblée nationale s’imposait, et c'est ce qui a été fait le 12 septembre 2024.

Amadou Diao
Responsable politique à Lyon
exclusif net

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