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Dette publique : le Sénégal lance son Plan de traitement et saisit le G20

Mardi 1 Septembre 2026

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la gestion de son endettement. Dans un communiqué publié ce 1er septembre 2026, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan annonce le lancement du Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Dakar entend notamment solliciter ses créanciers internationaux dans le cadre d’une version « améliorée » du Cadre commun du G20, tout en excluant de l’opération la dette libellée en francs CFA.

Face au poids croissant du service de la dette et à la réduction de ses marges de manœuvre budgétaires, le Gouvernement sénégalais a décidé de passer à une nouvelle phase de sa stratégie financière. Le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS) doit permettre de réaménager le profil de la dette publique afin d'en alléger la pression sur le budget de l'État.

Cette annonce intervient dans le prolongement de l’audit des finances publiques qui, selon le Gouvernement, a révélé « l’ampleur des déséquilibres budgétaires et le niveau élevé de la dette publique ».

Les autorités rappellent avoir engagé depuis 2024 plusieurs réformes visant à assainir les finances publiques et à renforcer leur gouvernance et leur transparence. Selon les chiffres officiels, le déficit budgétaire est ainsi passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025.

L'accès aux marchés internationaux se referme

Le Gouvernement reconnaît toutefois une dégradation du profil de risque du Sénégal et une « fermeture progressive de l’accès aux marchés des capitaux étrangers ». Une situation qui avait déjà conduit le ministère des Finances à intensifier ses opérations de financement et de gestion de la dette sur le marché régional de l'UEMOA.

Après une croissance réelle de 6,5 % en 2024 puis de 6,7 % en 2025, principalement portée par la montée en puissance de la production d’hydrocarbures, l'activité devrait fortement ralentir en 2026.

Le Gouvernement projette désormais une croissance de seulement 2,7 % pour l'ensemble de l'année. Il attribue notamment ce ralentissement à l'amenuisement des marges budgétaires et aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient, qui auraient pesé sur les investissements publics et privés ainsi que sur les dépenses énergétiques.

Dans ces conditions, Dakar considère que la réduction des vulnérabilités liées à la dette est devenue « cruciale et urgente ».

Le Sénégal veut traiter sa dette extérieure

C’est dans ce contexte qu’intervient le PTDS, présenté par les autorités comme « une initiative souveraine conçue et portée par les autorités sénégalaises ».

L’objectif affiché est double : restaurer durablement le profil de la dette publique et réduire le poids de son service dans le budget national. Les économies dégagées devraient ensuite permettre de financer davantage les investissements prioritaires, notamment dans les secteurs sociaux.

Une distinction importante est toutefois apportée par le Gouvernement : la dette libellée en francs CFA ne sera pas concernée par le PTDS.

Dakar justifie cette exclusion par « le rôle important du marché régional dans le financement de l’État et de l’économie ».

Le traitement envisagé devrait donc essentiellement concerner les engagements extérieurs entrant dans le périmètre qui sera arrêté avec les créanciers concernés.

Dakar sollicite le Cadre commun du G20

Autre annonce majeure : le Sénégal a officiellement fait connaître à ses partenaires son intention de recourir au Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette.

Le Gouvernement souhaite cependant bénéficier d’une version « améliorée » de ce mécanisme afin d’accélérer les discussions avec ses créanciers.

Dakar réclame notamment « un calendrier de mise en œuvre resserré », un partage plus précoce des informations et des consultations menées parallèlement avec l’ensemble des créanciers concernés.

L’objectif est d’éviter que les négociations ne s’éternisent et de parvenir rapidement à un traitement compatible avec les besoins de financement du pays.

Dégager de l'argent pour payer les entreprises

Au-delà de la dette elle-même, le Gouvernement attend du PTDS des effets directs sur l’économie nationale.

La diminution du service de la dette et des besoins de refinancement devrait permettre de libérer progressivement des ressources budgétaires. Une partie de ces marges serait consacrée à l’apurement des arriérés dus par l’État aux entreprises privées.

Pour le ministère des Finances, cette orientation doit permettre de « réinjecter des ressources dans le circuit économique », d’améliorer la trésorerie des entreprises, de préserver leurs investissements et, à terme, de soutenir l’emploi.

Le lancement du PTDS intervient par ailleurs au moment où le Sénégal et les services du Fonds monétaire international viennent de parvenir à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques devant soutenir un nouveau programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars.

Dans son communiqué publié à l'issue de sa mission à Dakar, le FMI avait justement indiqué que « les autorités ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de rétablir sa viabilité ».

Les deux annonces apparaissent ainsi étroitement liées à la nouvelle stratégie macroéconomique du Sénégal : réduire la pression de la dette, restaurer des marges budgétaires et tenter de retrouver progressivement une capacité d’investissement compatible avec les ambitions économiques et sociales du pays.

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan promet désormais une communication régulière sur les différentes étapes du PTDS et l’évolution des discussions avec les créanciers.

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