Menu






Dette dissimulée et rupture de confiance : le choix risqué du régime PASTEF (Par Pape Adama DIOUF)

Jeudi 26 Mars 2026

La dette dissimulée sous le régime de PASTEF : la République des Valeurs, dirigée par le président Thierno Alassane Sall, maintient sa position et accable le gouvernement, qui a usé de subterfuges incongrus opérés en catimini, loin du regard vigilant des parlementaires et des observateurs qui auraient pu alerter à temps.


D’abord, il faut comprendre que cette dette figure dans les comptes de l’exercice budgétaire de l’année 2025, une année marquée par l’imposition d’un budget voté sans débat parlementaire, pour des motifs propres et singuliers au gouvernement pastefien, fidèle à ses pratiques pour le moins contestables.

En exploitant le document relatif à la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) 2026-2028, qui constitue le cadre officiel de la politique d’endettement de l’État, il apparaît que les Total Return Swaps (TRS) n’ont jamais constitué une option dans la stratégie retenue. Dans ce document stratégique, quatre scénarios alternatifs ont été évalués selon leurs implications en termes de coût et de risque à l’horizon 2028.

La stratégie 3 (réduction des risques) a été retenue par l’État du Sénégal, car elle privilégie une gestion prudente, transparente et soutenable de la dette publique, conforme aux standards internationaux. Or, le recours aux TRS est aux antipodes de cette stratégie. En effet, ces instruments garantissent les obligations souveraines tout en accordant aux créanciers concernés des droits prioritaires par rapport aux investisseurs traditionnels.

Cela explique le caractère dissimulé de cette dette : le gouvernement n’a jamais souhaité que les autres créanciers, notamment les détenteurs d’eurobonds existants, soient informés de ce recours aux TRS, surtout au regard des montants importants mobilisés, qui les relèguent de facto en second rang dans les priorités de remboursement. Quels créanciers accepteraient d’être ainsi désavantagés dans le recouvrement de leurs créances ?

Par ailleurs, l’agitation du FMI autour d’une supposée rétention d’information de la part du Sénégal en dit long sur les véritables motivations de l’État, qui semblent relever d’une volonté d’afficher une crédibilité de façade dans la perspective d’un nouveau programme avec l’institution.

N’eût été les révélations du Financial Times et l’alerte précoce lancée par l’opposant Thierno Alassane Sall, les Sénégalais n’auraient probablement jamais eu connaissance des contours de ces opérations impliquant des fonds souvent qualifiés de « vautours ». Les pays qui y ont recours voient généralement leur crédibilité et la soutenabilité de leur dette se dégrader aux yeux du FMI.

En effet, ces dettes sont non seulement coûteuses et opaques, mais également très risquées, notamment en raison de leur structure : elles mettent en garantie des obligations souveraines à hauteur de 400 millions d’euros, assorties d’un taux de 5 %, pour un emprunt de 300 millions d’euros contracté auprès de First Abu Dhabi Bank.

Un procédé similaire a été utilisé avec l’Africa Finance Corporation (AFC), mettant en garantie une autre partie des obligations souveraines, estimée à 150 millions d’euros, en échange d’un financement de 105 millions d’euros.

Conscient de l’ampleur et des risques que ces dettes font peser sur le pays, le gouvernement sénégalais n’avait d’autre choix que d’en dissimuler les contours, tant au peuple sénégalais qu’aux créanciers traditionnels et au FMI. Pour preuve, les contrats ne sont toujours pas rendus publics, alors même que les exigences de transparence imposeraient un accès clair à toutes les informations relatives à ces emprunts.

Il a fallu l’onde de choc provoquée par les révélations du Financial Times pour que le ministère des Finances et du Budget sorte de sa réserve et tente d’informer l’opinion, avec toutefois une argumentation jugée légère.

Pape Adama DIOUF,
 responsable de la cellule de communication du Mouvement National des Jeunes de la République des Valeurs (MONJER).

Nouveau commentaire :



AUTRES INFOS

L’ancienne star de « Loft Story » Loana retrouvée morte à Nice

CAN 2025 : Le Sénégal saisit le TAS pour récupérer son titre retiré par la CAF

Dopage : le TAS donne raison à Siteu et annule la suspension de deux ans

Trophée retiré au Sénégal : pourquoi Ndala pourrait faire basculer le dossier devant le TAS

Dakar : le ministre de l'intérieur, Me Bamba Cissé félicite les commerçants de Petersen pour leur civisme

France : Zaho raconte le racisme subi en radio à cause du refrain en arabe de « Kif’n’dir »

CAN 1976, Réclamation du titre du Maroc : les précisions de la Guinée

« Apaiser les tensions » : Idrissa Gueye prêt à remettre les médailles au Maroc

CAN 2025 : un message attribué à Augustin Senghor jette le trouble sur les coulisses de la CAF

Afrique : plus de 100 000 signatures en 24h pour la dissolution de la CAF