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Coupe du monde 2026 : pourquoi les fédérations africaines vont toucher davantage d’argent

Dimanche 7 Juin 2026

À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévu le 11 juin à Mexico, une certitude s’impose déjà : cette édition organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique sera la plus lucrative de l’histoire du football mondial. Grâce à l’augmentation du nombre de participants, passé de 32 à 48 équipes, et à l’explosion des revenus issus des droits de retransmission, la FIFA prévoit d’engranger près de 9 milliards de dollars de recettes, soit plus du double des revenus enregistrés lors du Mondial 2022 au Qatar.

Cette prospérité exceptionnelle profite directement aux sélections qualifiées, notamment celles du continent africain. Face aux coûts élevés liés à la préparation d’une compétition organisée sur un vaste territoire nord-américain, l’instance mondiale a considérablement renforcé son soutien financier aux fédérations. Initialement, la FIFA avait annoncé en décembre 2025 une enveloppe de 1,5 million de dollars destinée à couvrir les frais de préparation de chaque sélection qualifiée. À cette somme devaient s’ajouter 9 millions de dollars de prime de participation. Mais sous la pression des fédérations nationales, qui ont jugé ces montants insuffisants au regard des dépenses à engager, l’organisation dirigée par Gianni Infantino a finalement revu sa copie. Fin avril, à l’occasion du congrès de la FIFA organisé à Vancouver, le Conseil de la FIFA a décidé d’augmenter ces aides, rapporte le magazine "Jeune Afrique".


Les fonds destinés à la préparation sont ainsi passés de 1,5 à 2,5 millions de dollars, tandis que la prime de qualification a été portée de 9 à 10 millions de dollars par équipe. Au total, chaque sélection participante bénéficie donc d’une garantie minimale de 12,5 millions de dollars avant même son entrée en compétition.
Le futur champion du monde empochera quant à lui 50 millions de dollars supplémentaires, en plus du prestigieux trophée. Pour Gianni Infantino, cette politique illustre la solidité financière de l’institution. Le président de la FIFA s’est félicité d’une situation financière « la plus solide de son histoire », affirmant que ces ressources sont réinvesties au bénéfice du développement du football mondial.

Une bouffée d’oxygène pour plusieurs fédérations africaines

Si certaines grandes nations africaines disposent déjà de moyens conséquents, comme le Maroc, l’Algérie, l’Égypte ou encore l’Afrique du Sud, de nombreuses autres fédérations demeurent confrontées à des contraintes budgétaires importantes. Afin de réduire les dépenses, plusieurs sélections ont choisi d’effectuer une grande partie de leur préparation sur leur territoire national. Une stratégie qui permet de profiter des infrastructures existantes et de limiter les frais d’hébergement et de déplacement. Le Maroc a ainsi préparé son Mondial à Salé et Rabat avant son départ pour les États-Unis. L’Afrique du Sud a privilégié Johannesburg avant de rejoindre son camp de base au Mexique. De leur côté, les Lions de la Teranga ont effectué un stage de préparation à Dakar avant de s’envoler pour la Caroline du Nord, où ils ont affronté les États-Unis dans un match amical conclu par une défaite, la première après une série de dix rencontres sans revers.

Des coûts toujours élevés en Amérique du Nord

Malgré l’augmentation des aides, les dépenses restent particulièrement importantes une fois les délégations installées sur le continent nord-américain. Entre les billets d’avion, l’hébergement, la restauration, les déplacements internes, les salaires des encadrements techniques et les indemnités journalières, les factures peuvent rapidement atteindre plusieurs millions de dollars. Selon des spécialistes du secteur, une nuitée dans un hôtel quatre ou cinq étoiles, standard habituellement retenu pour les sélections nationales, peut coûter environ 400 euros par personne. Pour des délégations pouvant compter jusqu’à une cinquantaine de membres, les dépenses augmentent rapidement.

La FIFA prend en charge les frais d’hébergement, de transport et de restauration des délégations à partir de cinq jours avant leur premier match et jusqu’à leur élimination ou leur sacre final. Avant cette période, les fédérations doivent assumer elles-mêmes l’intégralité des dépenses. Ainsi, le Maroc, dont l’entrée en lice est programmée le 13 juin, ne commencera à bénéficier de cette prise en charge qu’à partir du 8 juin, laissant à sa fédération le soin de financer les premiers jours de présence de la délégation aux États-Unis.

Sponsors et États appelés à la rescousse

Pour compléter les ressources fournies par la FIFA, les fédérations s’appuient sur plusieurs leviers financiers. Les contrats de sponsoring constituent une source importante de revenus, tout comme les recettes générées par les matchs amicaux disputés avant le tournoi. Les États continuent également d’apporter leur contribution, notamment en prenant en charge certaines dépenses logistiques ou des frais de déplacement. Toutefois, cette aide publique tend à diminuer. La raison est simple : avec l’augmentation spectaculaire des dotations de la FIFA, plusieurs gouvernements estiment que les fédérations disposent désormais de ressources suffisantes pour couvrir une partie plus importante de leurs besoins.

À l’heure où la FIFA s’apprête à battre tous ses records financiers, la Coupe du monde 2026 apparaît ainsi non seulement comme une compétition sportive majeure, mais également comme une formidable opportunité économique pour les fédérations participantes. Pour les sélections africaines, cette redistribution des revenus du football mondial constitue un soutien précieux dans la quête de performances sur la plus grande scène du football international.

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