La flambée des cours des produits pétroliers provoquée par les tensions au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz se répercute désormais sur les automobilistes ouest-africains. Mais face au même choc international, les prix à la pompe varient fortement selon les pays. Fiscalité, subventions et mécanismes de plafonnement expliquent en grande partie ces différences.
Après avoir temporairement absorbé une partie de la hausse, plusieurs gouvernements de la sous-région ont progressivement répercuté l’augmentation des cours internationaux sur les consommateurs.
Depuis le début de la crise, le litre de super sans plomb est ainsi passé de 775 à 875 F CFA au Mali, de 820 à 905 F CFA en Côte d’Ivoire, de 695 à 725 F CFA au Bénin et de 680 à 725 F CFA au Togo.
Au Sénégal, il est passé de 920 à 990 F CFA, soit le niveau le plus élevé parmi ces pays.
« La différence des prix s’explique par des décisions souveraines qui reposent principalement sur trois facteurs : la fiscalité, les subventions étatiques et le système de prix plafonds », explique l’économiste malien Modibo Mao Makalou.
Sénégal : 990 F CFA le litre malgré le pétrole de Sangomar
La situation sénégalaise retient particulièrement l’attention. Malgré l’entrée en production, en 2024, du champ pétrolier de Sangomar, avec une capacité annoncée d’environ 100 000 barils par jour, le pays affiche toujours des prix du carburant parmi les plus élevés de la sous-région.
Le niveau d’endettement public réduit les marges budgétaires de Dakar pour maintenir artificiellement des prix bas. Avec un ratio de dette publique supérieur à 100 % du PIB selon les données citées, le gouvernement doit arbitrer entre soutien au pouvoir d’achat et préservation des finances publiques.
Les subventions auraient déjà représenté plus de 245 milliards de F CFA depuis le début de l’année.
La Côte d’Ivoire a fait un choix différent. Pour éviter que le litre de carburant n’atteigne environ 1 120 F CFA sous l’effet de la crise internationale, Abidjan aurait mobilisé quelque 200 milliards de F CFA en 2026 afin d’amortir le choc.
Le Mali réduit ses taxes
Bamako a également choisi d'utiliser le levier fiscal. Selon Diakaridia Dembélé, président de l’Office malien des produits pétroliers, le Mali a consenti « un effort budgétaire exceptionnel » en réduisant les taxes sur les produits pétroliers d’environ trois milliards de F CFA par mois.
Une politique qui contribue à maintenir le carburant à un niveau inférieur à celui observé au Sénégal ou en Côte d’Ivoire.
« Bien que le Mali s’approvisionne par des corridors routiers terrestres reliant le pays à ses voisins, l’essence y est moins chère car les taxes ivoiriennes et sénégalaises sont plus élevées », analyse Modibo Mao Makalou.
Le difficile abandon des subventions
La crise relance parallèlement le débat sur les subventions énergétiques en Afrique. Le Fonds monétaire international plaide depuis plusieurs années pour leur suppression progressive, estimant que ces mécanismes généralisés pèsent lourdement sur les finances publiques et bénéficient souvent davantage aux ménages les plus aisés.
Le Nigeria a franchi le pas en 2023. Le président Bola Tinubu avait alors supprimé les subventions sur les produits pétroliers. Selon les estimations gouvernementales citées, cette réforme aurait permis d’économiser environ 7,5 milliards de dollars par an, avec l’objectif de réorienter une partie de ces ressources vers la santé, l’éducation ou l’agriculture.
D’autres pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la Tunisie, se sont engagés dans des réformes visant à réduire progressivement les subventions énergétiques ou à les remplacer par des mécanismes de compensation davantage ciblés.
Mais avec la flambée des prix liée à la crise du détroit d’Ormuz, l’équation devient particulièrement délicate : préserver les finances publiques sans provoquer une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat et des tensions sociales.
Après avoir temporairement absorbé une partie de la hausse, plusieurs gouvernements de la sous-région ont progressivement répercuté l’augmentation des cours internationaux sur les consommateurs.
Depuis le début de la crise, le litre de super sans plomb est ainsi passé de 775 à 875 F CFA au Mali, de 820 à 905 F CFA en Côte d’Ivoire, de 695 à 725 F CFA au Bénin et de 680 à 725 F CFA au Togo.
Au Sénégal, il est passé de 920 à 990 F CFA, soit le niveau le plus élevé parmi ces pays.
« La différence des prix s’explique par des décisions souveraines qui reposent principalement sur trois facteurs : la fiscalité, les subventions étatiques et le système de prix plafonds », explique l’économiste malien Modibo Mao Makalou.
Sénégal : 990 F CFA le litre malgré le pétrole de Sangomar
La situation sénégalaise retient particulièrement l’attention. Malgré l’entrée en production, en 2024, du champ pétrolier de Sangomar, avec une capacité annoncée d’environ 100 000 barils par jour, le pays affiche toujours des prix du carburant parmi les plus élevés de la sous-région.
Le niveau d’endettement public réduit les marges budgétaires de Dakar pour maintenir artificiellement des prix bas. Avec un ratio de dette publique supérieur à 100 % du PIB selon les données citées, le gouvernement doit arbitrer entre soutien au pouvoir d’achat et préservation des finances publiques.
Les subventions auraient déjà représenté plus de 245 milliards de F CFA depuis le début de l’année.
La Côte d’Ivoire a fait un choix différent. Pour éviter que le litre de carburant n’atteigne environ 1 120 F CFA sous l’effet de la crise internationale, Abidjan aurait mobilisé quelque 200 milliards de F CFA en 2026 afin d’amortir le choc.
Le Mali réduit ses taxes
Bamako a également choisi d'utiliser le levier fiscal. Selon Diakaridia Dembélé, président de l’Office malien des produits pétroliers, le Mali a consenti « un effort budgétaire exceptionnel » en réduisant les taxes sur les produits pétroliers d’environ trois milliards de F CFA par mois.
Une politique qui contribue à maintenir le carburant à un niveau inférieur à celui observé au Sénégal ou en Côte d’Ivoire.
« Bien que le Mali s’approvisionne par des corridors routiers terrestres reliant le pays à ses voisins, l’essence y est moins chère car les taxes ivoiriennes et sénégalaises sont plus élevées », analyse Modibo Mao Makalou.
Le difficile abandon des subventions
La crise relance parallèlement le débat sur les subventions énergétiques en Afrique. Le Fonds monétaire international plaide depuis plusieurs années pour leur suppression progressive, estimant que ces mécanismes généralisés pèsent lourdement sur les finances publiques et bénéficient souvent davantage aux ménages les plus aisés.
Le Nigeria a franchi le pas en 2023. Le président Bola Tinubu avait alors supprimé les subventions sur les produits pétroliers. Selon les estimations gouvernementales citées, cette réforme aurait permis d’économiser environ 7,5 milliards de dollars par an, avec l’objectif de réorienter une partie de ces ressources vers la santé, l’éducation ou l’agriculture.
D’autres pays, dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Cameroun et la Tunisie, se sont engagés dans des réformes visant à réduire progressivement les subventions énergétiques ou à les remplacer par des mécanismes de compensation davantage ciblés.
Mais avec la flambée des prix liée à la crise du détroit d’Ormuz, l’équation devient particulièrement délicate : préserver les finances publiques sans provoquer une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat et des tensions sociales.

