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Cap Skirring : "Les touristes payent mieux que nos parents noirs", les révélations d'une prostituée

Lundi 15 Avril 2024

Cap Skirring : "Les touristes payent mieux que nos parents noirs", les révélations d'une prostituée
Les professionnelles du plus vieux métier au monde, dans la station touristique de Cap-Skirring sont dans la dèche. Et pour cause, la saison touristique est fermée depuis plus d’une semaine. Elles se rongent les ongles dans les bars, dancings et maisons de passe. Elles sont ruinées à cause de «l’Homme Blanc» qui leur offrait des Euros. Ce dernier les a aujourd’hui tourné le dos. La carte dernière carte à jouer pour ces filles de joie est celle de «l’Homme Noir», avec qui, pendant six (06) mois, elles n’ont jamais voulu partager une partie de jambes en l’air. Ces prostituées qui amassaient, en une nuit, des fortunes, ont ainsi ouvert la chasse à l’«Homme Noir». Une «chasse» qui devra durer six(06) mois en attendant l’ouverture prochaine de la saison touristique. Reportage.

Quelques jours seulement avant la fermeture de la saison touristique 2023-2024, M.D. (21 ans), fille de joie, est plongée à la fois dans la dèche et dans la précarité. Elle (M.D) est une habituée de la zone touristique de Cap-Skirring. Rencontrée dans une auberge de la place, elle relate avec humour ses premiers jours de débine et ses petites démarches pour dénicher un «Homme Noir» pour lui assurer sa survie durant ces six mois de galère appelés «saison morte». «C’est le retour forcé à la case départ pour nous. «Kou Khamoul Figua Dieume Délou Figua Diogué», explique M.D.


Qui poursuit, «si nous avions choisis de rester pendant 06 mois avec ces touristes qui nous viennent des autres pays du monde, c’est très normal. C’est parce qu’ils payent aussi mieux que nos parents de la race noire. Mes copines et moi, n’avions trouvé pas d’inconvénients en cela. C’est cela notre vie et nous la déroulons ici depuis plus 04 ans. Aujourd’hui qu’ils sont rentrés chez eux, nous n’avons plus le choix. Nous recherchons maintenant «l’Homme Noir» avec qui, nous allons vivre pendant 06 autres mois. Mais, je dois avouer ces 06 mois sont souvent, des mois de galère, de misère même si parfois nous y éprouvons du plaisir»

M.D. qui habite dans le nord du Sénégal et qui dit avoir quitté sa ville et laissé derrière elle et entre les mains de sa mère sa fille âgée seulement de 09 ans, espère cependant connaître des jours meilleurs à Cap-Skirring. «Je porte un regard sur ma société et sur mes proches qui ne m’ont jamais pardonné depuis que je suis entrée dans ce métier de prostitution. Je prie cependant pour que Le Tout Puissant, dans sa bonté infinie, me pardonne et me sorte de cette vie insalubre et malsaine», a ajouté M.D.


Plus «vagabonde» et plus agressive qu’elle (M.D.), sa copine F. Ba, sa bouteille de «Flag» à la main, sa cigarette entre ses belles dents blanches, ne cache pas sa joie d’avoir exercé ce métier. «La prostitution est un métier comme les autres. Je pense que les gens doivent le comprendre ainsi et savoir que nous vivons dans une ère civilisée comme tout le monde. Nous sommes une partie intégrante de la société et nous ne sommes pas méprisables. Nous avons bien sûr le droit d’exercer ce métier, mais dans la légalité et nous le sommes.»


25.000 F et 30.000 F la passe

F. B de reconnaître par ailleurs qu’il y a bel et bien une différence entre «l’Homme Blanc » et «l’Homme Noir». «Les touristes nous payaient entre 25.000 F et 30.000 F la passe. Et cela, nous ne pouvons l’avoir chez «l’Homme Noir» qui, à la place, nous propose que 1.000 F CFA pour la passe. Il n y a pas photo entre le touriste et nos parents qui ont souvent les proches trouées», renseigne F.B.


Les poches trouées à cause des nombreuses dépenses, ils ne sont pas nombreux, ces hommes qui daignent dégainer pour une partie de jambes en l'air. Dans les restaurants-bars classiques, les belles de nuit se retournent les pouces en ajustant, par moments, leur maquillage. Rien n'y fait. La denrée recherchée commence de plus en plus à se faire rare. Dans un des milieux bien courus, ces professionnelles ou celles qui s'en réclament sont plus nombreuses que les hommes trouvés sur place. Ici, on se passe des cigarettes et on se partage les coupes de bière. Une sorte de solidarité en attendant les amateurs de chair. Seulement, au fil des heures, deux d'entre elles seulement ont pu trouver, chacune, un «pigeon» pour une passe.

1.000 F et 3.000 F la passe

L'heure n'étant plus à la surenchère, on accepte l'offrant et non le mieux offrant comme ce fut le cas, il y a quelques jours. D'après une indiscrétion, «c'est 3.000 F CFA que chacune des deux prostituées a encaissé au lieu des 6.000 FCFA, prix habituellement appliqués». Le constat qui frappe dans plusieurs «quartiers» de prostituées, c'est une sorte de crise généralisée, liée étroitement aux activités économiques du plus vieux métier au monde. Ça râle dans les rangs des vendeuses de chair.


Toutefois, d'après certains hommes qui consommaient tranquillement dans leur coin et qui connaissent parfaitement la stratégie de ces dernières, «elles n'ont qu'à s'en prendre à elles-mêmes», lance Abdoulaye Diallo. «Elles faisaient déplumer les hommes en montant les enchères avec à la clé souvent des prix exorbitants. S'il n'est pas temps pour certaines d'entre elles de changer de métier, elles n'ont qu'à accepter les prix dérisoires qui leur sont proposés», lâche à son tour Baba Faye. Un autre temple du plaisir, même scénario. Sauf qu’ici, il est reconnu de tous que «celles qui y végètent sont réputées être plus jeunes (des filles de trentenaires et beaucoup moins), mais plus chères».  «Chéri paye-moi une consommation, » «Vous avez du feu ? », « Tu n’as rien à me dire ?»...

Ces expressions fusent de partout dans ce grand temple de Bacchus, Dans une atmosphère émaillée d'odeur de cigarette d'alcool et de parfum, les belles de nuit, en rivalisant de déhanchements dans la démarche et dans la danse exhibent leurs canons de beauté en croyant bien s'y prêter pour appâter les proies. Ruinés qu'ils sont, les hommes assis ou marchandant, semblent ne prêter aucune attention à ces filles de joie. Qu'à cela ne tienne ! Ils savent qu'ils n'ont pas grand-chose à proposer. Et le crédit n'est pas une chose connue dans ce milieu.

Bataille rangée entre prostituées...
La résignation, c'est là un moyen pour éviter les penchants. Seulement, certains amateurs commencent à épuiser leurs capacités de résignation et souvent ont l'habitude de choisir la même péripatéticienne. Par chance, ils arrivent donc à embarquer leur cliente, moyennant quelques espèces sonnantes et trébuchantes. L'une des conséquences «malheureuses» de cette situation de dèche que traverse le milieu du sexe en ces jours d'âpres fêtes, c'est la tension qui plane entre les différentes prostituées, malgré l'amitié de façade qui les lie souvent.

Le mardi dernier, dans un de ces temples du plaisir ayant pignon sur rue dans la station touristique, deux d’entre elles ont failli en venir aux mains à cause d’un homme assis sur le tabouret d’un bar. D’après les explications recueillis sur place, l’homme en question, la quarantaine bien sonnée, a eu maille à partir avec toutes les deux filles en s'envoyant en l'air à des périodes différentes. Et ce qui a mis le feu aux poudres, c'est que l'une n'a jamais voulu accepter que cet amateur paye à boire à la plus jeune. D'où une vive altercation accompagnée d'insanités de part et d'autre. Le lieu a failli être transformé en ring alors que «l'objet» de la dispute, lui sirotait tranquillement sa bouteille pendant que les deux protagonistes se crêpaient le chignon. Rond comme un Polonais, il répétait sans cesse : «Ce n'est pas mon problème». Une bataille rangée a ainsi été évitée, car les copines des deux protagonistes étaient entrées dans la danse pour prendre part pour l'une et l'autre. Pendant une trentaine de minutes, on a assisté à une montée de la moutarde. Heureusement, les gérants des lieux ont réussi à apaiser les nerfs en restaurant le calme. 

Ziguinchor, ville carrefour servant de traversée aux filles de joie 

La commune de Ziguinchor, ville carrefour, compte autant de tripots que de maisons closes. Et les prostituées, souvent venues de toutes les régions du Sénégal -voire de la sous-région ne sont pas dans bien des cas détentrices d'un livret sanitaire. Ce qui explique les rafles épisodiques organisées parfois par les forces de défense et de sécurité. Une tâche bien délicate dans une région pris en sandwich par deux pays souveraines et pourvoyeurs de ces femmes aux activités très particulières. Une véritable source de revenus qui ne plaide pas pour les faire décourager.



 




       

 
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