Menu

Cameroun: une vidéo d'exécutions d'enfants et de femmes suscite l’indignation

Jeudi 12 Juillet 2018

Ce sont des images insoutenables sur lesquelles, pourtant, on peut tomber presque par hasard sur les réseaux sociaux au Cameroun. Cela fait deux jours qu'elles circulent. On y voit des hommes en uniforme entraînant en brousse des femmes et des enfants et les exécutants froidement.

La vidéo dure près de trois minutes. On y voit deux femmes, l'une tenant un enfant par la main, l'autre portant un bébé sur le dos et juste derrière elles, les forçant à avancer, deux hommes en uniforme de l'armée, kalachnikov en bandoulière.

A plusieurs reprises, l'un de ces hommes gifle la première femme en lui disant « lève la calebasse qu'on te voit bien, toi, BH, tu vas mourir ». L'appellation BH au Cameroun désigne le groupe islamiste Boko Haram.

Ces images qui semblent tournées avec un téléphone portable sont commentées en direct par un homme. Il présente les protagonistes qu'il filme : des éléments Boko Haram récupérés après un assaut, dit-il. Il donne aussi des noms : notamment le caporal-chef Tsho-tsho et le 2e classe Cobra.

Les deux hommes en tenue militaire font avancer les deux femmes et leurs enfants sur une piste, les poussent vers une petite colline, bandent leurs yeux, font s'agenouiller la première femme tout comme la petite fille à qui ils mettent un t-shirt sur la tête. Puis la deuxième avec le bébé sur le dos s'agenouille, les quatre sont fusillées dans le dos. Une vingtaine de coups sont tirés, puis gros plan sur les quatre cadavres, dont le petit bébé.

Des images insoutenables et qui suscitent une très forte indignation au Cameroun. Car tant la tenue militaire que le français des protagonistes pointent vers l'armée camerounaise. Le paysage aussi ressemble à celui de l'Extrême-Nord du pays où l'armée justement se bat contre le groupe terroriste Boko Haram.

Un pas a été franchi

Pour le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), pas de doute, ce sont des éléments des forces de sécurité du Cameroun qui sont responsables de ces exécutions. Ils disent avoir authentifié la vidéo et recoupé les informations.

La militante Maximilienne Ngo Mbe en appelle à la justice camerounaise. « C’est inacceptable dans un Etat de droit, s'indigne-t-elle sur RFI. Des enfants de 2 ans et 5 ans environ qui subissent au grand jour des actes de tortures, des femmes qui subissent des actes de tortures et qui sont après assassinées par 17 balles dans le crâne. Même si on est en guerre contre la secte Boko Haram – une guerre qui est légitime, le terrorisme ne doit pas venir imposer sa loi au Cameroun – mais ça ne peut pas donner à ce que les forces de sécurité deviennent des bourreaux. Là, je pense que c’est un pas qui a été franchi depuis qu’on est dans cette guerre-là et il est urgent que les autorités du Cameroun prennent des mesures adéquates. Que ces éléments soient arrêtés sans conditions et dans l’immédiat et qu’ils payent conformément à la loi, qu’on ouvre des enquêtes pour mettre la main sur ces éléments de forces de défense et qu’ils soient punis. »

Les autorités authentifient la vidéo

Du côté des autorités, on se dit choqué par cette vidéo. Après avoir déclaré qu'une enquête avait été ouverte pour authentifier la vidéo, le porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma Bakary a lu en début de soirée mercredi une déclaration pour tenter de démontrer le caractère « fake » du document.

« A l’examen de cette vidéo, les hommes concernés arborent des uniformes bariolés, pour certains, de type forêt. Alors que le paysage et le relief indiquent clairement qu’on se trouve en zone sahelo-sahélienne. En pareilles circonstances, il est constant que les tenues de combat utilisées par l’armée camerounaises sont toujours de type sahéliennes. Par ailleurs, toujours au registre de la tenue vestimentaire comme identifiant des armées, les équipements individuels des militaires camerounais engagés dans la zone sont des équipements de combat conformes aux standards obligatoires de port de casques lourds, de gilets par balles et de chaussures de type bottes rangers. Ce qui, manifestement, n’est pas le cas des personnes contenues dans la vidéo. Les armes arborées par les présumés soldats présentés dans la vidéo, ne sont pas celles utilisées par l’armée camerounaise dans cette zone d’opération. »

RFI


Nouveau commentaire :




SPORTS

CAN 2025 : après l’audience, le TAS annonce son verdict dans « quelques jours, voire quelques semaines »

CAN 2025 : Sénégal-Maroc, le titre de champion d’Afrique se joue ce jeudi devant le TAS

Cheikhou Kouyaté : « Le médecin m’a demandé d’arrêter le football »

Sénégal 1-0 Comores : Iliman Ndiaye délivre les Lions à Marseille

Football : l’Argentine inflige une correction 7-0 au Burkina Faso

Ligue des nations : l’Angleterre corrige la Croatie 7-0

Krépin Diatta à Watford : les détails de son contrat avec les Hornets

Coupe du monde 2030 : le président de la FSF Abdoulaye Fall soutient la candidature du Maroc pour la finale

OFFICIEL : Krépin Diatta s’engage avec Watford

Match amical : le Maroc change d’adversaire et affrontera finalement le Mali à Tanger





PEOPLE

Dakar : une femme mariée tombe amoureuse de son mécanicien sur TikTok, l’histoire finit au tribunal

Dayana Marcela Roblesorduz : arrêtée pour prostitution présumée, son mugshot devient viral

Kim Kardashian : sa fille North West, 13 ans, déjà accro aux projecteurs

Gambie : Un gala haut en couleur pour célébrer l’indépendance de la Guinée

Mariage : Pape Abdoulaye Touré officialise son union à la mairie de Dakar

Sénégal / Diaspora de France : Alfousseyni Soumaré, « Mister Al », un animateur en pleine ascension

Carnet rose : Bamba Dieng s’est marié à Tivaouane

France : Ce geste de Macron envers le pape suscite l’indignation de certains catholiques

Soleil Levant signe son grand retour : « Les Sénégalais doivent s’attendre à du beau »

Keur Massar : un mécanicien arrêté pour un présumé chantage à la sextape contre une femme mariée