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« Bassirou Diomaye Faye doit se séparer d’Aminata Touré », selon Yerim SECK

Jeudi 1 Janvier 2026

 Pour le journaliste et chroniqueur politique Cheikh Yérim Seck, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, évolue aujourd’hui dans un champ politique étroit, largement balisé par son propre camp. Loin de disposer d’une marge de manœuvre autonome, le chef de l’État se retrouverait, selon lui, dans une position de dépendance stratégique vis-à-vis de PASTEF, au moment même où se pose la question d’un second mandat.

L’analyste estime que toute ambition de réélection passera inévitablement par la construction d’une coalition large, dépassant le noyau militant qui a porté la victoire de 2024. Or, à ce stade, cette perspective lui paraît compromise par des choix humains et politiques jugés peu adaptés à une logique de rassemblement.

Au cœur de cette équation figure Aminata Touré, actuelle superviseure de la coalition DiomayePrésident. Si Cheikh Yérim Seck ne remet pas en cause son expérience ni ses capacités organisationnelles, il conteste frontalement son utilité politique dans une stratégie d’élargissement. « Mimi Touré n’est aujourd’hui qu’une superviseure politique. Elle n’a aucune capacité réelle à rassembler au-delà du cercle présidentiel », tranche-t-il.

Pour le chroniqueur, la faiblesse majeure de l’architecture politique actuelle réside dans son incapacité à dialoguer avec des forces structurantes du paysage national, notamment le Parti démocratique sénégalais (PDS) et l’Alliance pour la République (APR). Or, selon lui, les antagonismes personnels et politiques qu’entretient Aminata Touré avec Karim Wade et Macky Sall rendent tout rapprochement illusoire. « Elle ne peut ni parler à l’APR, ni au PDS », affirme-t-il, évoquant un verrou politique assumé.

Cheikh Yérim Seck pointe également ce qu’il considère comme une faute stratégique majeure du président Diomaye Faye : avoir choisi d’aller aux élections législatives avec la seule bannière de PASTEF, au lieu d’installer dès le départ la coalition DiomayePrésident comme socle du pouvoir. Ce choix aurait, selon lui, installé durablement l’idée que le centre de gravité du régime ne se situe pas au Palais, mais au sein du parti.

« Le message envoyé, c’est que le parti reste le cœur du pouvoir », analyse-t-il, une perception renforcée par les démonstrations de force politiques et les grands rassemblements orchestrés par PASTEF, souvent sans mise en avant institutionnelle du chef de l’État. Dans cette configuration, la majorité parlementaire apparaît davantage alignée sur Ousmane Sonko que structurée autour de l’autorité présidentielle.

Pour Cheikh Yérim Seck, le président aurait pris conscience tardivement de cette réalité : la coalition DiomayePrésident aurait dû incarner le pouvoir dès les législatives. À défaut, Bassirou Diomaye Faye risque, selon lui, d’aborder les prochaines échéances enfermé dans un dispositif politique qui le dépasse plus qu’il ne le sert.
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