Menu

Argent "volé" en Afrique : Les transferts illicites de fonds en provenance du continent s’élèvent à 50 milliards dollars par an

Mercredi 21 Septembre 2022

La Commission de l'Union africaine (CUA), le Conseil consultatif de l'Union africaine contre la Corruption (CCUAC) et l'Office national de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC), ont organisé, hier, un atelier de 5 jours sur la collaboration des Parties prenantes pour la mise en œuvre de la Position africaine commune sur le recouvrement des avoirs.

Les pays africains continuent de perdre une très grande partie de leurs ressources en raison des transferts illicites d'actifs financiers et autres dans des juridictions étrangères ; ce qui fait du continent un créancier net du reste du monde. Ces ressources, si elles étaient exploitées correctement, pourraient faire une énorme différence dans le développement de l'Afrique. Toutefois, pour que ces actifs soient utilisés à des fins productives en Afrique, les pays africains doivent prendre des mesures concrètes et coordonnées. Cette rencontre a accueilli soixante-dix (70) participants, notamment les représentants, du réseau des procureurs d’Afrique, des réseaux interagences de recouvrement des avoirs (ARIN), des organes régionaux de type Groupe d’Action Financière (GAFI), et des communautés économiques régionales (CER). “Thème choisit reflète le recouvrement des avoirs : un moyen de lutte contre les flux financiers illicites en provenance d'Afrique”.

Les transferts illicites de fonds en provenance de l’Afrique s’élèvent à 50 milliards par an.

Selon le Secrétaire général du ministère de la Justice du Sénégal, Aissé Gassama Tall, les estimations de l’ONUDC et l’Office des Nations Unies contre le crime et la drogue s’élèvent à 1600 milliards de dollars par an, à travers le monde. À l’en croire, ils ont plusieurs rapports qui ont révélé que chaque année les transferts illicites de fonds en provenance de l’Afrique s’élèveraient à 50 milliards par an. Ils ont rendu compte que ce montant serait supérieur à l’aide au développement reçu par l’Afrique pendant le même temps. “C’est pour ça que les chefs d’État et du gouvernement ont estimé qu’ils étaient impératifs de lutter contre les flux financiers illicites pour faire rapatrier l’argent qui a été volé en Afrique”, dit-elle. La solution qui a été adoptée par les Chefs d’État, de gouvernement et de l’Union Africaine s’appelle la position commune africaine sur le recouvrement des avoirs. Cette position repose sur 4 piliers que sont la détection et identification d’avoir, le recouvrement et le rapatriement d’avoir, la gestion des avoirs recouvrés et la coopération régionale et internationale ainsi que les partenariats.
‘’À cet effet, si l'on veut endiguer le phénomène, la mise en place, d'institutions efficaces, de structures nationales, régionales et internationales, est une absolue nécessitée. Ainsi, les actions de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme à travers la mise en œuvre des normes du GAFI, peuvent, à défaut de les juguler, être de puissants leviers pour les atténuer considérablement”, souligne le Secrétaire général du ministère de la Justice du Sénégal. 
Par ailleurs, pour lutter contre l'évasion fiscale, l'échange d'informations entre pays est crucial. Si des efforts fort remarquables sont en train d'être faits dans le cadre du Forum mondial sur la transparence et l'échange de renseignements à des fins fiscales, ils devraient être renforcés davantage dans le sens de rendre systématiques ces échanges.  De même, la répression de la corruption internationale devrait être accentuée et les pays ne disposant pas d'un arsenal juridique ou institutionnel dans ce sens, devraient, sans délai, s'y investir. Sur le même registre, les pays ayant déjà été évalués par rapport à l'application de la Convention des Nations unies contre la Corruption, devraient instamment mettre en œuvre les recommandations issues de cette évaluation, et ceux, n'ayant pas encore fait l'évaluation, se soumettre à un tel exercice et le cas échéant, se conformer à cette Convention. En outre, le recouvrement d'avoirs illicites y compris leur rapatriement dans leurs juridictions d'origine, contribuera à lutter contre la criminalité transnationale organisée et pourra ainsi générer des ressources additionnelles à nos pays en voie de développement. 
“Cet atelier régional a pour objectif de contribuer à la mise en place d’une plateforme de dialogue entre ces différentes parties prenantes, pour discuter de stratégies efficaces dans le cadre de la mise en œuvre de la CAPAR avec de rapports périodiques à produire à cet effet”, explique Mor Ndiaye, Directeur Général de l'Office National de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC-Sénégal). Pour rappel, la CAPAR est un instrument politique, de stratégie et de plaidoyer destiné à faciliter l'identification, le rapatriement et la gestion efficace des actifs de l'Afrique pour le bien commun des citoyens, conformément au programme de développement de l'Afrique, aux lois nationales et à d'autres objectifs gouvernementaux légitimes, dans le respect de la souveraineté des États membres. D’autant plus, elle est une étape essentielle pour endiguer ou inverser les flux financiers illicites en provenance d'Afrique et pour recouvrer et restituer les avoirs dans un contexte historique, politique, économique et social. Elle repose sur quatre piliers : la détection et l'identification des avoirs, le recouvrement et la restitution des avoirs, la gestion des avoirs, et la coopération et les partenariats. “ Quoi qu’on puisse dire il y a un certain nombre d’avoir qui ont été identifiés et confiés à l’ONRAC en valeur comme en actu et les estimations qui sont faites actuellement avoisine plus d’1 milliard des biens qui sont sur la gestion de l’office national de Recouvrement des Avoirs criminels”, a fait savoir Mor Ndiaye. Pour rappel, ces conventions recommandent fortement la coopération très étroite entre services de détection et de répression.
En plus des demandes d'entraide pénale internationale classiques qui sont des canaux puissants de neutralisation des avoirs issus de la criminalité transnationale organisée, les procureurs devraient se rapprocher de plus en plus en signant par exemple des Memorandum of Understanding (MOU) ou en développant une plateforme d'échanges d'informations entre eux.
R

Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 26 Septembre 2022 - 13:11 Qui est l'artiste Willy Boy rappelé à Dieu ?



AUTRES INFOS

GOLF SUD : Lancement officiel du Plan de Développement Communal (PDC)

MONDIAL 2022 : Le jeu offensif des Lions amélioré face à la Bolivie

Casamance : Décès de l'artiste Willy Boy du groupe "Kermindeng "

Le Quotidien "Le Réveil" du Lundi 26 Septembre 2022

Adja Thiare mannequin mouille Kalifone dans une affaire de viol : «Il a pris ses doigts et m’a pénétré de force »

Ziguinchor : Papa Joe tué pendant un "diambadong "

Qui est Gaëlle Bien-AiméArticle ?

Kaliphone Sall accusé de viol, la victime parle: « Il m’a tout enlevé... »

Bolivie–Sénégal : Où et quand voir le match des Lions ?

Sénégal, Crash d’un avion de la gendarmerie nationale


Flux RSS

Inscription à la newsletter