Le 1er mars 2009 était un dimanche. Dix-sept ans plus tard, cette date reste gravée dans la mémoire politique et militaire de la Guinée-Bissau. Ce jour-là, le chef d’état-major général des forces armées, Tagme Na Waie, était assassiné dans des circonstances encore entourées de zones d’ombre.
Selon les informations rapportées à l’époque, une puissante explosion a visé le quartier général de l’armée à Bissau, causant la mort du haut gradé. Les circonstances exactes de l’attentat, les responsabilités et les commanditaires présumés n’ont jamais été clairement établis. Dix-sept ans après les faits, aucune condamnation définitive n’a été prononcée contre les auteurs ou les instigateurs de cet assassinat, alimentant interrogations et spéculations au sein de l’opinion publique.
Figure majeure de l’appareil militaire bissau-guinéen, Tagme Na Waie était un ancien combattant de la lutte de libération nationale et un officier respecté au sein des forces armées. Avant d’accéder au sommet de la hiérarchie militaire, il avait exercé les fonctions d’inspecteur général des forces armées. En 2004, il est nommé chef d’état-major général, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 2009.
Son parcours s’inscrivait dans une période particulièrement instable de l’histoire politique de la Guinée-Bissau, marquée par des tensions récurrentes entre pouvoir civil et hiérarchie militaire. Son assassinat, suivi quelques heures plus tard par celui du président João Bernardo “Nino” Vieira, a plongé le pays dans une nouvelle phase de crise institutionnelle et de forte incertitude.
Dix-sept ans après, la disparition de Tagme Na Waie continue de symboliser les fragilités structurelles de l’État bissau-guinéen et les défis persistants liés à la réforme du secteur de la sécurité. Pour beaucoup, l’absence de vérité judiciaire demeure une plaie ouverte dans l’histoire récente du pays.

