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​Situation en Gambie: la guerre de la communication fait rage

Mercredi 28 Décembre 2016

C’est parti. La guerre fait rage sur la situation en Gambie. Non pas celle que l’on croit, la voix des armes même si celle-ci pourrait être imminente. La guerre dont il s’agit ici est la guerre de communication.

Manifestement elle fait rage. Les informations les plus rocambolesques circulent. Certains font état de l’arrestation par le Chef d’Etat-major général de l’Armée gambienne du président Yayah Jammeh. Après vérification, aucune de nos sources n’était capable de confirmer une information que l’on attribue au site anglais CBS Fox. Une information qui commence à circuler sur les réseaux sociaux.

Dans la même dynamique, d’autres informations font état d’un Président gambien introuvable depuis quatre jours comme si ce dernier a une obligation de se montrer en public pour prouver qu’il est encore là.

Et ce n’est pas tout. On nous signale que des Gambiens seraient en train de fuir la Gambie au profit Sénégal où ils se sentiraient plus en sécurité. Un coup d’œil dans l’article nous montre qu’il ne s’agit que d’une dizaine de Gambiens.

Mieux, il est fait état du Président élu qui serait en train de mettre en place un plan de développement de la Gambie. Or, nous pensions que c’est dans les programmes de campagne que figurent de tels plans.

Qu’à cela ne tienne, il est évident qu’il s’agit d’une stratégie de communication dont l’objectif à peine dissimulé est de déstabiliser le Président sortant afin de le pousser sinon à abdiquer, du moins à commettre une erreur qui lui sera fatale.

La pression psychologique sur Jammeh et son entourage est évidente. La stratégie mise en place est faite par voie de presse à tous les niveaux pour mieux resserrer l’étau autour de lui.

Il y a beaucoup de désinformations et de manipulations des médias. C’est pourquoi les informations les plus rocambolesques les unes par rapport aux autres sont rendues publiques sur l’avion présidentiel, des complicités d’étrangers mais surtout la naturalisation de mercenaires afin de constituer une armée de Djihadistes.

C’est surtout sur ce dernier point que met l’accent les stratèges de la liquidation politique ou physique de Jammeh. Comme il a parlé d’Etat islamique, il est facile de lui coller sur le dos le recrutement de Djihadistes comme si ces derniers étaient aussi facilement identifiables et accessibles.

Sans chercher à défendre le Président sortant qui, dans tous les cas, rendra le tablier d’une manière ou d’une autre, il convient de préciser qu’un minimum de prudence s’impose quant à la manipulation des informations qui circulent sur la situation ne Gambie.
La guerre de communication accompagne aujourd’hui toutes les batailles qu’elles soient militaires, économiques, culturelles, religieuses, sportives ou autres. Elle se traduit par la désinformation et la manipulation de l’opinion dans le but bien calculé de déstabiliser l’adversaire, de le diaboliser, en somme de l’affaiblir.

Sur le cas de la Gambie, il est important de savoir que le président Jammeh est bien en place et que la Cedeao n’a encore pris aucune option nonobstant les informations qui circulent.

Il échet néanmoins de ne pas dormir sur ses lauriers en prenant les devants pour mettre en place la meilleure stratégie pour assurer la sécurité du Président élu Adama Barrow, de protéger les populations gambiennes et d’assurer la transition sans de gros dégâts.Quant à la guerre de communication, elle continuera longtemps après le départ de Jammeh. Il appartiendra aux futures autorités gambiennes de ne pas céder à cette dernière.
Rewmi Quotidien

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