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Émeutes du mois de mars: Lotfi Bel Hadj, le "cyberinfluenceur" que Macky Sall a sollicité en catastrophe ses services

Mardi 1 Février 2022

« Lotfi Bel Hadj, Lobbyiste à tout prix » . Communicant hors pair pour les uns, manipulateur de haut vol pour les autres, cet homme d’affaires franco-tunisien, spécialiste de la cyberinfluence, ne laisse personne indifférent.


D'après "Jeune Afrique", depuis plus d’une dizaine d’années, il a fait du digital sa marque de fabrique. Gestion de crise, communication classique, promotion d’un pays, analyse de données collectées sur les réseaux, cyber-influence : la palette des domaines où opèrent les nombreuses sociétés de Bel Hadj est large.


Au mois de mars dernier, les rues de la capitale sénégalaise étaient le théâtre de graves affrontements. Voitures calcinées, commissariats brûlés… Des scènes de guérilla urbaine déclenchées par l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko. Bilan : 14 morts. Pris de court, le président Macky Sall veut comprendre. Un coin du voile est levé ce soir-là à la lecture de plusieurs notes techniques de ses services de renseignement. Elles détaillent, preuves à l’appui, l’implication de 9 000 comptes Twitter d’origine saoudienne dans ce soulèvement populaire qui s’est en partie joué sur les réseaux sociaux. L’information est gardée secrète quelques mois par la présidence sénégalaise avant de fuiter dans une publication spécialisée.

Peu de gens le savent, mais l’homme qui est derrière cette découverte explosive n’est autre que Lotfi Bel Hadj. Macky Sall a sollicité en catastrophe ses services et ceux de sa société, UReputation, aux premières heures des manifestations. En quelques semaines, l’homme d’affaires franco-tunisien s’est montré à la hauteur de sa réputation.

Selon toujours "Jeune Afrique" Séduit par la prestation de l’homme d’affaires franco-tunisien, Jean-Yves Ollivier le présente à Faure Gnassingbé, le président togolais. Bel Hadj lui vend son savoir-faire et signe un contrat avec la présidence. Jean-Yves Ollivier, 77 ans, et Lotfi Bel Hadj n’ont pas grand-chose en commun. L’un est tout en rondeur, diplomate. L’autre met les pieds dans le plat. Mais entre eux, le courant passe immédiatement. Le premier décide de mettre son réseau à la disposition du second, qui intègre le cercle très fermé des chefs d’État africains. Après Faure Gnassingbé, celui qui a en sa possession huit passeports diplomatiques l’introduit auprès de ses « amis », Denis Sassou Nguesso et Macky Sall. À chaque fois, Bel Hadj décroche un contrat et un petit surnom : le Gladiateur, le Joker ou le Magicien.


Le dernier créneau visé par Bel Hadj, c’est la souveraineté numérique et la protection des données du continent. Depuis près d’un an, l’homme d’affaires se fait lobbyiste dans l’espoir que certains chefs d’État se saisissent du sujet, caressant même l’espoir que Macky Sall, qui prend la présidence de l’Union africaine (UA) en ce mois de février, en fasse l’une de ses priorités.


 

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