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Guinée : les raisons de la dissolution du Bataillon de la sécurité présidentielle

Samedi 29 Avril 2023

Le colonel Mamadi Doumbouya, chef de la junte CNRD au pouvoir depuis qu'il a renversé l'ancien président Alpha Condé, a pris un décret pour dissoudre le Bataillon de la sécurité présidentielle. Cette unité d'élite de l'armée guinéenne était considérée comme la garde personnelle des chefs d'État.


Le Bataillon autonome de la sécurité présidentielle (Basp) a été créé au milieu des années 80. Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante, vient de mourir et son successeur, le général Lansana Conté, décide de se doter d'une garde spécialement chargée de le protéger. Composée de bérets rouges, cette unité bénéficie des faveurs du pouvoir. Un meilleur équipement, une meilleure formation, un meilleur solde également, souvent au détriment du reste de l'armée guinéenne, notoirement démunie. Le principe d'une garde prétorienne survit au régime de Lansana Conté. Son successeur Alpha Condé la renommera Bataillon de la sécurité présidentielle (BSP), qu'il va renforcer en nommant le colonel Claude « Coplan » Pivi ministre de la Sécurité présidentielle. Aucun motif n’a été avancé pour justifier la dissolution de ce bataillon. Le président de transition Mamadi Doumbouya a tout juste instruit le ministre de la Défense et le chef d’état-major général des armées de prendre les mesures nécessaires. Mais cette dissolution s'inscrit dans une restructuration de la hiérarchie militaire.



« La méfiance encore plus importante »
Quatre jours avant la dissolution du BSP, un autre mouvement dans l'armée avait fait du bruit : le limogeage du lieutenant-colonel Ismael Keïta, directeur du renseignement militaire. L'officier supérieur a été renvoyé pour faute lourde, sans que cette dernière soit précisée. C'est justement le BSP qui avait affronté les forces spéciales du colonel Mamadi Doumbouya, lors du putsch qui le portera au sommet de l'État le 5 septembre 2021. Depuis, certains de ses éléments étaient cantonnés au camp militaire Makambo, situé à quelques rues du palais présidentiel.

Selon Kabinet Fofana, directeur de l'Association guinéenne de Sciences politiques, ces changements montrent la volonté du président putschiste Mamadi Doumbouya de sécuriser son pouvoir. « Il est arrivé dans l’armée en tant qu’instructeur, puis il a été nommé à la tête du Groupement des forces spéciales (GFS). Donc tout ce qu’il a comme réseau, il l’a obtenu par ce mode d’accès privilégié direct, analyse-t-il. On peut comprendre que sa méfiance envers le reste de l'armée soit encore plus importante. La sécurité du colonel Doumbouya, c’est surtout les GFS, avec lesquels il partage une histoire. Sa domination dans la junte, à défaut être légale ou rationnelle, s'attache au fait d'appartenir à ce même corps, à un même idéal, qui est celui de conserver le pouvoir. »

D'après l'expert, c'est ce parachutage du colonel Doumbouya à de hautes fonctions militaires qui l'empêchent d'avoir le soutien total des troupes. De quoi susciter des inquiétudes quant à l'unité de la junte CNRD dans un pays habitué aux coups d'État militaires.

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