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Accord de paix en Casamance : entre espoirs et contestations

Mardi 25 Février 2025

Ce dimanche 23 février 2025, à Bissau, un accord a été signé entre le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko et le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, présenté comme facilitateur des discussions entre le gouvernement sénégalais et une faction du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).


Cet accord, fruit de trois jours d’échanges entre le Comité ad hoc dirigé par l’Amiral Sarr et le comité provisoire du MFDC, a suscité des réactions mitigées, notamment au sein des instances politiques et militaires du mouvement indépendantiste casamançais.

Un accord encore confidentiel
Ousmane Sonko, représentant le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, n’a pas détaillé le contenu de l’accord, mais a rappelé les grandes lignes du plan gouvernemental pour la Casamance. Ce plan, d’un montant de 51 milliards de francs CFA, est conditionné à la cessation des hostilités, au désarmement des combattants et à leur insertion socio-économique.

Le Premier ministre a insisté sur le caractère apolitique du conflit, déclarant qu’il s’agissait davantage d’un « enchevêtrement d’incompréhensions et de malentendus » que d’un problème politique. « Le Président Bassirou Diomaye Faye porte un ambitieux programme pour la Casamance, qui ne pourra être appliqué que lorsque la paix sera totalement rétablie dans cette région du Sénégal.

Tout ce qui impacte le Sénégal touche la Guinée-Bissau, et tout ce qui touche la Guinée-Bissau a également des répercussions sur le Sénégal », a affirmé le Premier ministre.

Le MFDC dénonce un accord sans légitimité
Dans un communiqué, le Cercle des Intellectuels et Universitaires du MFDC rejette en bloc cet accord, qualifié de « nième acte de bricolage de paix en Casamance ». Le mouvement indépendantiste accuse le président Embaló de manœuvres géopolitiques opportunistes et le gouvernement sénégalais de persister dans une stratégie dilatoire qui n’aurait pas su mettre en œuvre les accords de 2022 sous Macky Sall.

Les signataires de l’accord, qui se revendiquent du MFDC, sont accusés de ne disposer d’aucun mandat des instances politiques et militaires du mouvement. Leur démarche est qualifiée d’imposture et de trahison. « Nous ne nous reconnaissons pas dans les actes qu’ils ont posés », affirme le communiqué, appelant ces derniers à revenir à la raison.

Des revendications réitérées
Le MFDC insiste sur plusieurs préalables avant toute négociation crédible : Le choix d’un médiateur neutre et crédible, capable d’imposer le respect des engagements pris ; La reconnaissance de la question casamançaise dans ses dimensions historique, juridique, politique, économique et socioculturelle, entre autres revendications.

Dans un ton menaçant, le MFDC avertit que la lutte politique et armée se poursuivra si ces revendications ne sont pas prises en compte. L’organisation dénonce la présence de drones militaires sénégalais dans la région et rejette une « paix bâtie sur du sable mouvant ».

Quelle issue pour la paix en Casamance ?
Alors que Dakar affiche son ambition de mettre un terme à quatre décennies de conflit, le rejet de l’accord par une partie significative du MFDC laisse présager des tensions persistantes.

L’absence d’un consensus large entre les différentes factions du mouvement indépendantiste risque de fragiliser les efforts entrepris par le gouvernement sénégalais et ses partenaires régionaux. 
 

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