Menu

L'Arabie saoudite autorise les femmes à conduire

Mercredi 27 Septembre 2017

Dans un décret publié ce mardi soir par l'agence de presse officielle SPA, le roi Salman a ordonné de permettre « d'accorder le permis de conduire aux femmes en Arabie saoudite ».

De tous les pays du monde, l'Arabie saoudite était jusqu'à présent le seul à interdire aux femmes de conduire. Pour se déplacer, elles devaient donc recourir à un chauffeur privé ou un tuteur membre de leur famille. Cette interdiction sera bientôt révolue. Dans un décret publié ce mardi, le roi Salman ordonne « de permettre de délivrer des permis indifféremment aux hommes et aux femmes ». La mesure doit entrer en vigueur en juin 2018.

Avant d'abolir cette interdiction, vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l'homme, le souverain a pesé les « inconvénients de l'interdiction et ses avantages », précise le décret. Selon lui, « la majorité des grands oulémas était en faveur d'une mesure permettant aux femmes de conduire ». Un infléchissement, car ces docteurs de la foi s'y étaient vivement opposés dans le passé.

Campagnes de protestation

Celles qui tentaient de braver l'interdiction en prenant le volant sur les routes saoudiennes étaient systématiquement arrêtées. Elles devaient alors s'engager par écrit à ne pas récidiver. Des campagnes de protestation ont été régulièrement organisées, comme au printemps dernier où des dizaines de Saoudiennes se sont filmées en train de marcher seules dans la rue.

En novembre 2016, le prince Al-Wald ben Talal leur a apporté son soutien, en mettant en avant les conséquences économiques de cette interdiction. Car l'emploi d'un chauffeur est devenu onéreux pour les familles saoudiennes. Et lorsque c'est un homme de la famille qui se charge de les conduire, cela suppose qu'il s'absente de son travail, réduisant sa productivité. Autoriser les femmes à conduire est désormais « une demande sociale urgente que la conjoncture économique justifie », affirmait Al-Wald ben Talal.

« L'interdiction de conduire sans rapport avec l'islam »

Fawzya Al Bakr, professeur à l’université et écrivain, a été la première femme à avoir bravé l’interdiction de conduire en 1990. « Le 6 novembre 1990, nous étions 47 femmes à être descendues dans la rue, raconte-t-elle sur RFI. Nous avons conduit. C’était une manière de protester. Conduire c’est notre droit légitime. Notre revendication n’était pas la conduite en elle-même, mais plutôt le droit de pouvoir le faire », raconte-t-elle.

Si l'interdiction a été levée, c'est grâce à des générations de femmes qui se sont mobilisées, estime Fawzya Al Bakr. « En 27 ans, dit-elle, la société a eu le temps de mûrir. » « Nous sommes tous attachés à la religion, nous sommes tous musulmans, mais l’interdiction de conduire n’a rien à voir avec l’islam. Les gens mélangent tout, ils mélangent tradition et religion. L’interdiction de conduire était une interdiction purement saoudienne. Levée cette interdiction ne créera aucune polémique, prédit Fawzya Al Bakr. Dans tous les pays musulmans, les femmes ont le droit de conduire. »

Pour Hoda El Helaissi, membre de l'Assemblée consultative saoudienne, cette abolition était inéluctable « C'était une question de temps », assure-t-elle. Et cela pour deux raisons : une raison économique, et parce que l'Arabie saoudite est un pays de jeunes. « Cela aurait été impossible que ces jeunes vivent sans avoir à conduire. »

Riyad prêt à lâcher du lest

Les Saoudiennes doivent toujours demander à leur tuteur masculin l'autorisation pour voyager, étudier, travailler, se marier ou encore accéder aux soins de santé. Mais dans le cadre de son plan de réformes économiques et sociales « Vision 2030 », Riyad semble prêt à lâcher du lest et vouloir assouplir certaines de ces restrictions. Prudemment, il tente de promouvoir des formes de divertissement malgré l'opposition des ultraconservateurs.

Alors qu'elles étaient jusque-là empêchées de fréquenter les stades en raison de la règle de séparation entre les sexes dans les espaces publics, des centaines de Saoudiennes ont ainsi pu prendre place dans un stade de Riyad pour assister aux concerts et aux feux d'artifice de la fête nationale, samedi 23 septembre.

La décision de l'Arabie saoudite d'autoriser les femmes à conduire est un « signe très positif » et un « grand pas dans la bonne direction », a déclaré mardi le département d'Etat américain. Donald Trump a, de son côté, salué « une avancée positive ».

Nouveau commentaire :




SPORTS

Cheikhou Kouyaté : « Le médecin m’a demandé d’arrêter le football »

Sénégal 1-0 Comores : Iliman Ndiaye délivre les Lions à Marseille

Football : l’Argentine inflige une correction 7-0 au Burkina Faso

Ligue des nations : l’Angleterre corrige la Croatie 7-0

Krépin Diatta à Watford : les détails de son contrat avec les Hornets

Coupe du monde 2030 : le président de la FSF Abdoulaye Fall soutient la candidature du Maroc pour la finale

OFFICIEL : Krépin Diatta s’engage avec Watford

Match amical : le Maroc change d’adversaire et affrontera finalement le Mali à Tanger

CAN 2025 : le TAS désigne un Français pour présider l’audience sur le contentieux Maroc-Sénégal

Angleterre : Krépin Diatta a trouvé un club





PEOPLE

Dakar : une femme mariée tombe amoureuse de son mécanicien sur TikTok, l’histoire finit au tribunal

Dayana Marcela Roblesorduz : arrêtée pour prostitution présumée, son mugshot devient viral

Kim Kardashian : sa fille North West, 13 ans, déjà accro aux projecteurs

Gambie : Un gala haut en couleur pour célébrer l’indépendance de la Guinée

Mariage : Pape Abdoulaye Touré officialise son union à la mairie de Dakar

Sénégal / Diaspora de France : Alfousseyni Soumaré, « Mister Al », un animateur en pleine ascension

Carnet rose : Bamba Dieng s’est marié à Tivaouane

France : Ce geste de Macron envers le pape suscite l’indignation de certains catholiques

Soleil Levant signe son grand retour : « Les Sénégalais doivent s’attendre à du beau »

Keur Massar : un mécanicien arrêté pour un présumé chantage à la sextape contre une femme mariée