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Verdict de Teral: Karim, Khalifa et Sonko, trois procès pour trois prétendants sûrs

Lundi 7 Octobre 2019

Par Bacary NDIAYE


Verdict de Teral:  Karim, Khalifa et Sonko, trois procès pour trois prétendants sûrs
Bizarrement, c'est en politique où on peut prendre son élan sur les ruines des autres. C'est le cas du Président Macky Sall qui deviendra le numéro 2 de l'État et du Parti démocratique sénégalais (Pds)  quand Idrissa Seck Premier Ministre d'alors du Président Wade entamait une descente aux enfers dans une formation politique où il a grandi et appris l'art de Machiavel.
Et jamais de mémoire politique au Sénégal, un numéro 2 a pu occuper simultanément les mêmes fonctions qui en font un numéro 2 à caractere spécial pour ne pas dire un numéro 1 prime.


Aujourd'hui, les faits nous permettent de conclure que le Président Macky Sall a sécurisé son deuxième mandat sur les déboires de ses adversaires pour se faire réélire.
Sinon, comment comprendre le silence du Pds, l'une des plus grandes forces politiques du pays qui, non seulement s'est abstenu de participer à la dernière présidentielle mais  n'a donné un mot d'ordre en dépit du contentieux qui oppose le parti de Me Wade à l'Alliance pour la République (Apr).


Pourtant, en 2019 Abdoulaye Wade avait l'occasion de donner une consigne de vote qui aurait pû affaiblir le candidat Macky Sall. En s'abstenant, Me Wade soutient Macky. C'est pour cela que certains observateurs sans être démentis ont parlé de protocole de Conakry en pleine campagne pour la présidentielle. La contrepartie du compromis sera sans doute l'amnistie de Karim, suite logique des accords ecrits de Conakry. C'est un Macky Sall sans choix, pas avec gaieté de cœur qui agit. Le film de ce jeu semble offrir un scénario où Karim Wade veut pousser Macky Sall à une révision de son procès au terme duquel il sera blanchi par le tribunal. Étant donné qu'une révision du procès blanchirait Wade fils des fortes accusations (138 milliards CFA du contribuable sénégalais détournés) qui ont pesé sur lui. Si ce cas de figure arrivait à se présenter, il offrirait à Karim l'occasion de se propulser plus que s'il n'était qu'amnistié. Parce-que, le fils de Me Wade ne retrouverait la totalité de son honneur et sa crédibilité que quand la même justice qui l'avait condamné et expatrié au Qatar revient pour le blanchir. 


La nature des équations fait que les avocats de Karim Wade aujourd'hui n'ont pas le même combat à mener avec ceux de Khalifa Sall. Car si pour le Maire de Dakar les avocats se battront pour obtenir une amnistie, la défense de Karim se battra désormais pour la révision du procès de son client qui pourrait être acquitté et se présenter aux Sénégalais comme blanc.


Au même moment où Khalifa se bat pour l'amnistie et Karim pour la révision de son procès, le parlement dans ce même contexte s'apprête le vendredi 11 octobre 2019 à faire le procès de Ousmane Sonko (enquête parlementaire sur les 94 milliards CFA).


l'État, ses démembrements contrôlés par le Président de la République et l'Assemblée nationale feront tout pour condamner le leader du Pastef les Patriotes quelque soient les preuves qu'il pourrait fournir. Donner raison à Sonko dans ce contexte constituerait une faillite du système que Sonko lui même a dénoncé.


Au nom de la raison d'Etat, Ousmane n'aura pas raison car lui donner raison serait plébisciter celui qui a toujours crié aux combines et banquets au sommet.


De la même manière que Karim et Khalifa ont été condamnés, Sonko le sera par l'Assemblée nationale. C'est évident que Moustapha Niasse installé par la grâce de Macky Sall ne convoque pas les députés pour donner raison à Ousmane Sonko qui est le principal adversaire de Macky.


Là, l'opinion retiendra encore que c'est pour affaiblir un potentiel candidat à la présidentielle de 2024 que la machine des manœuvres est mise en branle. Un procès de plus. Et le peuple aura la juste impression qu'à chaque candidat son procès pour écarter ou pour affaiblir un adversaire sérieux.


Autant dire que le Parlement prépare sa revanche contre Sonko.  Ce même parlement qui avait boudé de la présence de Ousmane Sonko prononcera sa sentence. Les Sénégalais finalement auront tout compris.

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