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Trois morts : «Le régime du tyran Macky Sall est injuste jusqu’à la moelle»

Samedi 18 Juin 2022

En réponse à l’invalidation des listes électorales de la coalition Yewwi Askan Wi par le Conseil constitutionnel, une nouvelle manifestation, non autorisée par le régime de l'APR a été organisée vendredi. Les affrontements entre police et manifestants ont fait trois morts et onze blessés.


Un vendredi rouge au Sénégal. Rouge comme la menace qui planait, dès potron-minet, sur la stabilité du pays, en ce jour de prière et de tensions politiques. Rouge comme la couleur des bérets des policiers disposés sur les ronds-points stratégiques de Dakar, la capitale. Rouge comme la colère des manifestants, aussi, qui s’apprêtaient à braver l’interdiction de participer aux rassemblements organisés par Yewwi Askan Wi, principal parti d’opposition au régime de l’actuel président, Macky Sall.

«La manifestation est maintenue : elle aura bel et bien lieu», avait assuré vendredi matin le porte-parole de Pastef, Ousseynou Ly. Une promesse qui faisait redouter aux observateurs une journée explosive, loin de l’ambiance festive qui régnait une semaine auparavant, alors que des milliers de partisans du leader d’opposition Ousmane Sonko s’étaient rassemblés pacifiquement sur la place de la Nation. Ils protestaient contre l’invalidation de la liste nationale des titulaires de Yewwi Askan Wi pour les élections législatives du 31 juillet par le Conseil constitutionnel. Les craintes des observateurs se sont rapidement confirmées.


«On n’est plus en démocratie»
Quartier résidentiel de Cité Keur Gorgui, Dakar, 8 heures du matin à peine. Barrière antiémeute, véhicules blindés dont les gyrophares rouges et bleus se reflètent sur le sable de l’allée, matraques : la police encercle le domicile d’Ousmane Sonko, l’empêchant de sortir de chez lui, entravant sa liberté de mouvement et, par la même occasion, sa liberté de culte, pourtant garanties par la Constitution. Un échange avec un policier s’ensuit, abondamment relayé sur les réseaux sociaux, dans lequel le candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2024 s’insurge : «Tout ce dispositif est à lui seul une raison de manifester, on n’est plus en démocratie.»

En écho à ses paroles, dans le quartier populaire de Colobane, ça pète. «Le régime du tyran Macky Sall est injuste jusqu’à la moelle», enrage un manifestant, masque en tissu rouge et vert sur le visage, les couleurs de Yewwi Askan Wi. Les lacrymos volent. Les pavés aussi. La place de la Nation, blindée de policiers, ressemble à une forteresse. Les commerçants du quartier affichent porte close, suivant les recommandations de la préfecture de rester chez soi. Les échauffourées, sporadiques, se déplacent le long des grands axes qui teintent du noir des pneus brûlés et du rouge des flammes.

Une adolescente prise au piège
Dans l’après-midi, ces dernières emportent même une échoppe de matelas et, avec eux, une adolescente qui avait la malchance de s’y trouver allongée au moment de l’impact d’une grenade de désencerclement. Sirène, gyrophares, les médecins de la Croix-Rouge évacuent le corps. La confirmation du diagnostic ne tombera qu’en début de soirée. La victime, encore anonyme, a succombé à ses blessures.


En ce vendredi rouge, près de onze blessés et trois morts sont à déplorer au Sénégal. Des manifestants de la ville de Bigona posent sur les réseaux avec des balles réelles, gros calibres. Ils accusent la police d’y avoir recouru. Idem à Ziguinchor. A minuit passé, aucune infirmation des forces de l’ordre. «Macky Sall est un président meurtrier. Après avoir assassiné quatorze personnes [lors des émeutes de mars 2021, ndlr], le voilà qui ajoute trois autres victimes», accuse Ousmane Sonko, reprochant au pouvoir de céder à la «panique».

Dans un message publié sur sa page Facebook dans la nuit de vendredi à samedi, l’opposant a lancé un «ultimatum» au président sénégalais, l’exhortant à libérer au plus vite les personnalités arrêtées vendredi. «Monsieur Macky Sall, nous vous donnons un ultimatum (intimant de) libérer tous les otages politiques qui sont entre vos mains ; au-delà, nous viendrons chercher ces otages politiques, coûte ce que cela devra coûter», a-t-il menacé. A plus d’un mois des élections législatives, le Sénégal est loin d’avoir vu le bout des flammes.


Avec Libération. fr
R

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