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Togo : Jean-Lucien Savi de Tové élu président de la République

Samedi 3 Mai 2025

L’histoire politique du Togo vient de franchir une nouvelle étape ce 3 mai 2025. Jean-Lucien Savi de Tové, figure historique de l’opposition togolaise reconverti en homme d’État, a été élu par le Congrès – réunissant les députés de l’Assemblée nationale et les sénateurs – premier président de la Ve République. À 86 ans, cet ancien ministre du Commerce incarne désormais un poste éminemment symbolique, dans un régime largement remodelé sous l’impulsion du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé.

L’Union pour la République (Unir), formation politique au pouvoir, a annoncé sa candidature peu après l’investiture de Faure Gnassingbé à la tête du Conseil. À la surprise générale, c’est le nom de Jean-Lucien Savi de Tové qui a été proposé, alors qu’il ne figurait pas parmi les favoris évoqués ces dernières semaines. L’issue du vote n’a souffert d’aucune contestation : 150 voix en sa faveur, pour 150 suffrages exprimés – 24 parlementaires étant absents.

Un poste honorifique, un choix politique

L’élection de Savi de Tové à ce poste essentiellement honorifique répond à une logique de répartition régionale du pouvoir : l’Assemblée nationale est présidée par Kodjo Adédzé (région Maritime), le Sénat par Barry Moussa Barqué (Savanes), tandis que Faure Gnassingbé demeure le véritable détenteur du pouvoir exécutif depuis la région de Kara. Le nouveau président, lui, est originaire de la région des Plateaux, achevant ainsi un équilibre géopolitique savamment orchestré.

En vertu de la nouvelle Constitution, le président de la République « incarne l’unité nationale, veille au respect de la Constitution et à la continuité de l’État ». Il dispose de prérogatives limitées : accréditation des ambassadeurs, réception des diplomates, droit de grâce individuel. Toutefois, ces fonctions symboliques sont subordonnées à un contresigne obligatoire du président du Conseil.

Un long parcours politique

Diplômé en sciences politiques et économie des universités de Bordeaux et de Naples, Jean-Lucien Savi de Tové est une figure familière du paysage politique togolais. Il débute sa carrière après le coup d’État de 1967, comme secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. En 1979, accusé de tentative de coup d’État, il est emprisonné et condamné à dix ans de prison.

Avec le retour du multipartisme, il fonde le Parti des démocrates pour l’unité (PDU), devenu ensuite la Convergence patriotique panafricaine (CPP). Il reste une voix importante de l’opposition jusqu’à sa nomination, en 2005, au sein du gouvernement de Faure Gnassingbé, comme ministre du Commerce. En 2009, il prend la tête du Cadre permanent de dialogue et de concertation (CPDC), où il œuvre pour des réformes institutionnelles clés.

Un mandat sous le signe du consensus

Élu pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois, Jean-Lucien Savi de Tové sera appelé à jouer un rôle de garant institutionnel dans un contexte politique où les pouvoirs sont désormais concentrés entre les mains du président du Conseil. Son élection parachève la mise en œuvre de la nouvelle architecture institutionnelle du Togo, et marque le début d’une Ve République aux équilibres redessinés.

S’il ne dispose pas de leviers de décision, le nouveau président reste néanmoins un symbole vivant d’unité nationale, dans un pays où l’histoire politique reste marquée par les transitions, les ruptures et les réconciliations.
 

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