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Tensions nucléaires : l’Iran et les États-Unis renouent timidement le fil du dialogue

Samedi 12 Avril 2025

Une lueur de diplomatie ressurgit entre deux puissances que tout oppose depuis 1980. L’Iran et les États-Unis ont entamé, ce samedi, des pourparlers qualifiés d’« indirects » par Téhéran et de « directs » par Washington, sous la médiation du ministre des Affaires étrangères omanais Badr al-Boussaïdi. Cette rencontre inédite se déroule à Mascate, la capitale du sultanat d’Oman.

Ces négociations impliquent deux hauts responsables : Abbas Araghchi, chef de la diplomatie iranienne, et Steve Witkoff, l’émissaire du président Donald Trump pour le Moyen-Orient, fraîchement arrivé de Moscou. Les échanges, menés par intermédiaires interposés, représentent la première tentative de dialogue d’envergure depuis le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord nucléaire de 2015, décidé en mai 2018 par Donald Trump.

Dialogue prudent, divergences persistantes
Abbas Araghchi a affirmé vouloir aboutir à un « accord juste et honorable sur un pied d’égalité », soulignant que l’Iran participait aux discussions avec « sérieux » mais aussi avec prudence. L’Iran, fidèle à sa ligne rouge, refuse catégoriquement d’évoquer son programme balistique, limitant les échanges au seul dossier nucléaire. Un point de blocage que Donald Trump, en quête d’un nouvel accord plus contraignant, n’a pas encore contourné.

La posture américaine, oscillant entre menaces de frappes militaires et volonté de pression diplomatique, laisse planer l’incertitude sur ses intentions réelles. Téhéran, quant à lui, ne cache pas son scepticisme quant aux chances de parvenir à un compromis.

Ces discussions sont suivies de près par Israël. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, qui espérait avec le retour de Trump une offensive militaire contre les infrastructures nucléaires iraniennes, constate aujourd’hui un ralentissement inquiétant des intentions américaines. Tel Aviv doute de l’utilité d’un accord qui ne dépasserait pas les acquis du texte de 2015.

L’hypothèse d’un scénario à la libyenne, où Téhéran renoncerait totalement à ses capacités nucléaires sous la menace militaire, est exclue par les dirigeants iraniens. Ce souvenir tragique, qui a vu Mouammar Kadhafi perdre le pouvoir puis la vie après avoir désarmé, reste un repoussoir majeur pour la République islamique.

Le rôle clé d’Oman
Habitué aux médiations discrètes mais décisives, le sultanat d’Oman joue une fois de plus un rôle de facilitateur entre deux ennemis irréconciliables. Mascate espère que ces premiers échanges ouvriront la voie à une désescalade durable, dans un contexte régional marqué par de nombreuses tensions, notamment au Liban, en Syrie et dans le Golfe.

Les prochaines heures seront déterminantes. L’évaluation mutuelle des intentions et la fixation d’un éventuel calendrier pourraient jeter les bases d’un dialogue élargi. Mais pour l’heure, c’est une diplomatie à petits pas, entre méfiance, calculs stratégiques et pression internationale, qui se joue à Oman.

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