Le sort judiciaire de Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, reste suspendu à la décision du Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, attendue vendredi 18 septembre 2026. Le parquet a requis contre elle deux ans de prison, dont un an ferme, tandis que ses avocats ont développé plusieurs arguments susceptibles, selon eux, de conduire à sa relaxe, à l’annulation de la procédure ou à une décision plus clémente.
Mais une autre question suscite de nombreuses interrogations depuis son incarcération : l’Allemagne peut-elle intervenir en faveur de Rox ? Avant son arrestation, cette dernière avait affirmé posséder la nationalité allemande et s’était présentée comme « intouchable ». À la connaissance d’Exclusif.net, aucun document officiel établissant cette nationalité n’a cependant été rendu public.
Pour comprendre les différents scénarios possibles, Exclusif.net a interrogé Éric Bassène, journaliste sénégalais basé en Allemagne. Celui-ci évoque une éventuelle intervention consulaire, la possibilité de purger une peine en Allemagne et même, dans certaines situations exceptionnelles, des échanges de prisonniers. Des hypothèses qu’il convient toutefois de distinguer des règles juridiques effectivement applicables.
Ce que risque actuellement Rox
Rox n’est, à ce stade, pas condamnée à un an de prison ferme. Il s’agit de la peine requise par le ministère public. Le tribunal reste libre de suivre ou non les réquisitions du parquet.
À l’audience, Rox a reconnu notamment les menaces et les injures publiques, tout en contestant d’autres accusations.
Le parquet a demandé sa relaxe concernant l’un des chefs liés à la divulgation d’images. En revanche, il a considéré que d’autres infractions étaient constituées, notamment l’association de malfaiteurs, et a sollicité qu’elle soit reconnue coupable pour les menaces de mort. Au terme de son réquisitoire, le procureur a demandé deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme.
La défense a riposté en demandant, selon les différents chefs, la relaxe, la prescription ou une application bienveillante de la loi. Me Ciré Clédor Ly a notamment réclamé la nullité de la procédure, en invoquant les désistements intervenus entre certaines parties et la prescription.
Une première tentative pour obtenir la liberté de Rox n’a cependant pas abouti : à l’issue de l’audience, la demande de mise en liberté provisoire présentée par la défense a été rejetée après l’opposition du parquet.
Si elle est Allemande, Berlin peut-il intervenir ?
Pour Éric Bassène, tout dépend d’abord d’une question essentielle : Rox possède-t-elle effectivement la nationalité allemande ?
« Tout dépend des cas », explique le journaliste. Il estime qu’il faudrait notamment déterminer si Rox possède uniquement la nationalité allemande, uniquement la nationalité sénégalaise ou si elle est binationale.
Selon lui, si sa nationalité allemande est établie, Berlin pourrait suivre sa situation. Mais il estime que les autorités allemandes devraient également tenir compte de la nature des faits reprochés.
Éric Bassène fait ainsi une distinction entre une personne poursuivie en raison de ses opinions et une personne condamnée pour des infractions de droit commun.
« Si elle a insulté, elle a tort, ou bien elle a escroqué des gens, ça, bon, l’Allemagne peut négocier pour sa libération, mais elle ne va pas forcer la main non plus », explique-t-il.
Il insiste également sur le caractère privé de l'affaire : « Ce n’est pas un problème politique, ce n’est pas un problème social, c’est carrément privé », analyse-t-il.
Éric Bassène : « L’Allemagne va attendre jusqu’au bout du procès »
Pour le journaliste sénégalais établi en Allemagne, une éventuelle intervention de Berlin pourrait surtout se poser après la décision de la justice sénégalaise.
« L’Allemagne va attendre jusqu’au bout du procès. Après, si elle a été condamnée, elle va purger une peine de prison au Sénégal. C’est en ce moment qu’il faut voir son casier, son dossier », explique-t-il.
Éric Bassène évoque alors la possibilité, selon les circonstances, qu’une personne de nationalité allemande condamnée à l’étranger puisse terminer sa peine en Allemagne.
« Si elle a opté pour l’Allemagne, donc quel que soit le problème, ce qu’elle a fait, il y aura l’intervention de l’Allemagne qui va, en fait, l’arracher des geôles sénégalaises pour l’amener en Allemagne pour purger sa peine », affirme-t-il.
Il ajoute : « Si elle a choisi de purger ses peines dans le pays où elle a été condamnée, donc elle va purger sa peine au Sénégal. Maintenant, si elle a opté pour purger ses peines en Allemagne, il faut voir son casier, son dossier. »
Ces propos expriment l’analyse d’Éric Bassène. Ils ne signifient pas qu’un transfert vers l’Allemagne serait automatique si Rox était condamnée.
Assistance consulaire ne signifie pas libération automatique
Les informations officielles du ministère allemand des Affaires étrangères permettent justement de nuancer cette hypothèse. Les représentations allemandes peuvent apporter conseil et assistance à leurs ressortissants à l’étranger et, en cas d’arrestation, faciliter notamment le contact avec un avocat ou avec la famille.
En revanche, le ministère précise que ses représentations ne peuvent pas intervenir dans une procédure judiciaire en cours ni donner des instructions aux autorités du pays concerné. Leur assistance doit respecter le droit international et les lois de l’État où se trouve le ressortissant.
Autrement dit, même si Rox apporte la preuve de sa nationalité allemande, un passeport allemand ne suffirait pas à faire disparaître la procédure sénégalaise ou à imposer sa libération.
Éric Bassène évoque même l'échange de prisonniers
Dans son entretien avec Exclusif.net, Éric Bassène évoque également des situations beaucoup plus exceptionnelles dans lesquelles l’Allemagne pourrait intervenir en faveur d’un de ses ressortissants détenu à l’étranger.
Il prend notamment l’exemple d’une personne dont l’état de santé nécessiterait une prise en charge en Allemagne.
« Si l’Allemagne se rend compte qu’elle est malade, qu’il faut nécessairement qu’elle aille se faire traiter en Allemagne, donc en ce moment l’Allemagne va intervenir parce que l’Allemagne ne lâche jamais », affirme-t-il.
Éric Bassène va jusqu’à évoquer les échanges de prisonniers entre États : « L’Allemagne peut, par exemple, échanger un citoyen allemand, un prisonnier allemand contre un prisonnier d’un autre pays. »
Il ne dit toutefois pas qu’un tel échange serait envisagé dans l’affaire Rox. Aucun élément dont dispose Exclusif.net ne fait état de négociations entre le Sénégal et l’Allemagne pour un échange de prisonniers concernant la TikTokeuse.
Rox peut-elle finalement être libérée ?
Plusieurs scénarios existent d’abord devant la justice sénégalaise. Le tribunal peut notamment prononcer une relaxe sur tout ou partie des poursuites, retenir certaines infractions seulement, prononcer une peine différente de celle demandée par le parquet ou suivre les réquisitions du ministère public. Les avocats de Rox demandent également au tribunal de tenir compte de leurs arguments sur la prescription et la régularité de la procédure.
Éric Bassène estime, pour sa part, que la situation pourrait évoluer favorablement pour Rox si sa nationalité allemande est confirmée.
« Même si on condamne cette femme, elle ne va pas rester longtemps en prison. Elle va rester quelque temps et puis elle va sortir. Donc les choses vont se régler vite pour elle », prédit-il.
Il présente cette situation comme un possible « avantage des binationaux ».
Mais cette prédiction n’engage qu’Éric Bassène. À ce jour, aucune position officielle allemande ne permet d’affirmer que Rox serait libérée rapidement, transférée en Allemagne ou bénéficierait d’un traitement particulier. Les règles consulaires allemandes indiquent au contraire que Berlin ne peut pas se substituer aux juridictions locales dans une procédure judiciaire.
Pour l'heure, la première réponse viendra donc de Pikine-Guédiawaye, vendredi 18 septembre. Le tribunal dira si Rox est coupable des faits qui lui sont reprochés et, le cas échéant, quelle peine elle devra subir. Ce n’est qu’ensuite que la question d’une éventuelle démarche allemande pourrait véritablement se poser — à condition, d’abord, que sa nationalité allemande soit formellement établie.
Mais une autre question suscite de nombreuses interrogations depuis son incarcération : l’Allemagne peut-elle intervenir en faveur de Rox ? Avant son arrestation, cette dernière avait affirmé posséder la nationalité allemande et s’était présentée comme « intouchable ». À la connaissance d’Exclusif.net, aucun document officiel établissant cette nationalité n’a cependant été rendu public.
Pour comprendre les différents scénarios possibles, Exclusif.net a interrogé Éric Bassène, journaliste sénégalais basé en Allemagne. Celui-ci évoque une éventuelle intervention consulaire, la possibilité de purger une peine en Allemagne et même, dans certaines situations exceptionnelles, des échanges de prisonniers. Des hypothèses qu’il convient toutefois de distinguer des règles juridiques effectivement applicables.
Ce que risque actuellement Rox
Rox n’est, à ce stade, pas condamnée à un an de prison ferme. Il s’agit de la peine requise par le ministère public. Le tribunal reste libre de suivre ou non les réquisitions du parquet.
À l’audience, Rox a reconnu notamment les menaces et les injures publiques, tout en contestant d’autres accusations.
Le parquet a demandé sa relaxe concernant l’un des chefs liés à la divulgation d’images. En revanche, il a considéré que d’autres infractions étaient constituées, notamment l’association de malfaiteurs, et a sollicité qu’elle soit reconnue coupable pour les menaces de mort. Au terme de son réquisitoire, le procureur a demandé deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme.
La défense a riposté en demandant, selon les différents chefs, la relaxe, la prescription ou une application bienveillante de la loi. Me Ciré Clédor Ly a notamment réclamé la nullité de la procédure, en invoquant les désistements intervenus entre certaines parties et la prescription.
Une première tentative pour obtenir la liberté de Rox n’a cependant pas abouti : à l’issue de l’audience, la demande de mise en liberté provisoire présentée par la défense a été rejetée après l’opposition du parquet.
Si elle est Allemande, Berlin peut-il intervenir ?
Pour Éric Bassène, tout dépend d’abord d’une question essentielle : Rox possède-t-elle effectivement la nationalité allemande ?
« Tout dépend des cas », explique le journaliste. Il estime qu’il faudrait notamment déterminer si Rox possède uniquement la nationalité allemande, uniquement la nationalité sénégalaise ou si elle est binationale.
Selon lui, si sa nationalité allemande est établie, Berlin pourrait suivre sa situation. Mais il estime que les autorités allemandes devraient également tenir compte de la nature des faits reprochés.
Éric Bassène fait ainsi une distinction entre une personne poursuivie en raison de ses opinions et une personne condamnée pour des infractions de droit commun.
« Si elle a insulté, elle a tort, ou bien elle a escroqué des gens, ça, bon, l’Allemagne peut négocier pour sa libération, mais elle ne va pas forcer la main non plus », explique-t-il.
Il insiste également sur le caractère privé de l'affaire : « Ce n’est pas un problème politique, ce n’est pas un problème social, c’est carrément privé », analyse-t-il.
Éric Bassène : « L’Allemagne va attendre jusqu’au bout du procès »
Pour le journaliste sénégalais établi en Allemagne, une éventuelle intervention de Berlin pourrait surtout se poser après la décision de la justice sénégalaise.
« L’Allemagne va attendre jusqu’au bout du procès. Après, si elle a été condamnée, elle va purger une peine de prison au Sénégal. C’est en ce moment qu’il faut voir son casier, son dossier », explique-t-il.
Éric Bassène évoque alors la possibilité, selon les circonstances, qu’une personne de nationalité allemande condamnée à l’étranger puisse terminer sa peine en Allemagne.
« Si elle a opté pour l’Allemagne, donc quel que soit le problème, ce qu’elle a fait, il y aura l’intervention de l’Allemagne qui va, en fait, l’arracher des geôles sénégalaises pour l’amener en Allemagne pour purger sa peine », affirme-t-il.
Il ajoute : « Si elle a choisi de purger ses peines dans le pays où elle a été condamnée, donc elle va purger sa peine au Sénégal. Maintenant, si elle a opté pour purger ses peines en Allemagne, il faut voir son casier, son dossier. »
Ces propos expriment l’analyse d’Éric Bassène. Ils ne signifient pas qu’un transfert vers l’Allemagne serait automatique si Rox était condamnée.
Assistance consulaire ne signifie pas libération automatique
Les informations officielles du ministère allemand des Affaires étrangères permettent justement de nuancer cette hypothèse. Les représentations allemandes peuvent apporter conseil et assistance à leurs ressortissants à l’étranger et, en cas d’arrestation, faciliter notamment le contact avec un avocat ou avec la famille.
En revanche, le ministère précise que ses représentations ne peuvent pas intervenir dans une procédure judiciaire en cours ni donner des instructions aux autorités du pays concerné. Leur assistance doit respecter le droit international et les lois de l’État où se trouve le ressortissant.
Autrement dit, même si Rox apporte la preuve de sa nationalité allemande, un passeport allemand ne suffirait pas à faire disparaître la procédure sénégalaise ou à imposer sa libération.
Éric Bassène évoque même l'échange de prisonniers
Dans son entretien avec Exclusif.net, Éric Bassène évoque également des situations beaucoup plus exceptionnelles dans lesquelles l’Allemagne pourrait intervenir en faveur d’un de ses ressortissants détenu à l’étranger.
Il prend notamment l’exemple d’une personne dont l’état de santé nécessiterait une prise en charge en Allemagne.
« Si l’Allemagne se rend compte qu’elle est malade, qu’il faut nécessairement qu’elle aille se faire traiter en Allemagne, donc en ce moment l’Allemagne va intervenir parce que l’Allemagne ne lâche jamais », affirme-t-il.
Éric Bassène va jusqu’à évoquer les échanges de prisonniers entre États : « L’Allemagne peut, par exemple, échanger un citoyen allemand, un prisonnier allemand contre un prisonnier d’un autre pays. »
Il ne dit toutefois pas qu’un tel échange serait envisagé dans l’affaire Rox. Aucun élément dont dispose Exclusif.net ne fait état de négociations entre le Sénégal et l’Allemagne pour un échange de prisonniers concernant la TikTokeuse.
Rox peut-elle finalement être libérée ?
Plusieurs scénarios existent d’abord devant la justice sénégalaise. Le tribunal peut notamment prononcer une relaxe sur tout ou partie des poursuites, retenir certaines infractions seulement, prononcer une peine différente de celle demandée par le parquet ou suivre les réquisitions du ministère public. Les avocats de Rox demandent également au tribunal de tenir compte de leurs arguments sur la prescription et la régularité de la procédure.
Éric Bassène estime, pour sa part, que la situation pourrait évoluer favorablement pour Rox si sa nationalité allemande est confirmée.
« Même si on condamne cette femme, elle ne va pas rester longtemps en prison. Elle va rester quelque temps et puis elle va sortir. Donc les choses vont se régler vite pour elle », prédit-il.
Il présente cette situation comme un possible « avantage des binationaux ».
Mais cette prédiction n’engage qu’Éric Bassène. À ce jour, aucune position officielle allemande ne permet d’affirmer que Rox serait libérée rapidement, transférée en Allemagne ou bénéficierait d’un traitement particulier. Les règles consulaires allemandes indiquent au contraire que Berlin ne peut pas se substituer aux juridictions locales dans une procédure judiciaire.
Pour l'heure, la première réponse viendra donc de Pikine-Guédiawaye, vendredi 18 septembre. Le tribunal dira si Rox est coupable des faits qui lui sont reprochés et, le cas échéant, quelle peine elle devra subir. Ce n’est qu’ensuite que la question d’une éventuelle démarche allemande pourrait véritablement se poser — à condition, d’abord, que sa nationalité allemande soit formellement établie.


