Face au débat grandissant autour d’un éventuel changement de Constitution en République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a finalement tranché. Après trois jours de discussions avec des représentants du pouvoir, de l’opposition et des experts, les évêques ont exprimé leur opposition à toute modification de la loi fondamentale.
Dans une déclaration rendue publique samedi 20 juin, la Cenco a estimé qu’« il n’y a ni nécessité, ni urgence, ni opportunité d’un changement de Constitution ». Une position claire qui intervient alors que les autorités défendent ce projet, tandis que l’opposition y voit une tentative d’ouvrir la voie à un maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi après ses deux mandats.
Les évêques ont également mis en garde contre les conséquences d’un éventuel passage en force. Selon eux, une telle démarche pourrait provoquer de graves tensions dans un contexte politique déjà marqué par des rivalités à dimension ethnique et tribale. La Cenco évoque notamment le risque d’une nouvelle crise majeure pouvant fragiliser davantage le pays.
Par la voix de monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale, l’Église catholique a appelé le chef de l’État à respecter son engagement de défendre la Constitution. Elle assure toutefois ne pas rejoindre l’opposition, mais agir au nom du respect de l’ordre constitutionnel.
La Cenco affirme également que la campagne en faveur du changement constitutionnel se déroule dans un « climat de terreur contre des voix discordantes au sein même de la majorité ». Les évêques invitent enfin les Congolais à se mobiliser face aux défis du pays : « Le pays va mal, mettons-nous debout », ont-ils lancé, appelant la population à prendre son avenir en main.



