L'annonce, par l'AFC/M23, de la libération prochaine de militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) remet sur le devant de la scène la question sensible des détenus liée au conflit dans l'est du pays. Le mouvement parle de 5 000 hommes. Selon des informations rapportées par RFI, environ 2 700 militaires congolais seraient concernés par cette mesure que le mouvement présente comme un geste de bonne foi. Mais au-delà de l'annonce, les contours de l'opération restent encore flous, et son éventuelle mise en œuvre dépend de plusieurs étapes logistiques et diplomatiques.
Les militaires dont la libération est évoquée ne constituent pas un groupe homogène. Plusieurs catégories sont mentionnées. La première concerne des soldats qui auraient refusé de combattre dans les rangs de l'Armée révolutionnaire congolaise (ARC), la branche armée de l'AFC/M23. À leurs côtés, figurent des militaires blessés qui étaient, jusque-là, soignés dans des hôpitaux de Goma.
D'autres appartiendraient à des catégories plus fragiles au sein de l'institution militaire. Certains sont considérés comme invalides, tandis que d'autres sont des soldats âgés ayant dépassé l'âge de servir dans l'armée.
Enfin, des militaires faits prisonniers au cours des combats figureraient également parmi les personnes concernées par cette libération annoncée. Le nombre exact n'a toutefois pas été confirmé par des sources indépendantes.
Le CICR prêt à accompagner une opération humanitaire
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), régulièrement impliqué dans ce type d'opérations, a réagi avec prudence. Sans confirmer le nombre de personnes concernées, l'organisation indique avoir pris connaissance de l'annonce.
« Le CICR a pris connaissance du communiqué de l'AFC/M23 annonçant sa décision de libérer un certain nombre d'éléments FARDC détenus. En tant qu'intermédiaire neutre, le CICR se tient prêt à accompagner une telle opération avec l'accord de toutes les parties », a déclaré François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC.
Selon plusieurs sources, le mouvement rebelle échange avec le CICR depuis plusieurs mois sur cette question. Le sujet avait également été évoqué, le mois dernier, lors de discussions entre des représentants de l'AFC/M23 et Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la gestion des crises.
Du côté de l'AFC/M23, cette annonce est présentée comme un geste de bonne foi. Le mouvement affirme attendre, en retour, la libération de ses propres membres détenus à Kinshasa.
L'initiative s'inscrit dans un contexte où les deux parties avaient signé, en septembre 2025, un mécanisme pour la libération des détenus, salué à l'époque comme une avancée importante dans la gestion des conséquences du conflit. Près de sept mois plus tard, cependant, peu de progrès visibles ont été enregistrés dans la mise en œuvre de ce mécanisme.
Des réactions sceptiques à Kinshasa
À Kinshasa, l'annonce de l'AFC/M23 a été accueillie avec réserve. Avant sa publication, certains responsables affirment ne pas avoir été informés de cette initiative.
Plusieurs dirigeants accusent le mouvement rebelle de chercher avant tout un bénéfice politique et diplomatique. Un responsable sécuritaire avance une autre lecture. Selon lui, cette libération pourrait aussi traduire la difficulté pour l'AFC/M23 d'entretenir durablement un nombre important de militaires captifs.
Même si une libération devait se concrétiser, le processus pourrait prendre du temps. Il devrait passer par plusieurs étapes de clarification et de planification impliquant le CICR et les autorités congolaises.
Un précédent illustre l'ampleur de ce type d'opération. L'an dernier, le transfert de 1 300 personnes désarmées des forces gouvernementales et de leurs familles de Goma vers Kinshasa, facilité par le CICR et la MONUSCO, avait nécessité plus de 60 rotations d'avions et d'hélicoptères. Une opération de plus grande ampleur demanderait donc une organisation logistique particulièrement complexe.
Un mécanisme d'échanges encore bloqué
Dans le cadre du mécanisme signé en septembre 2025, les deux parties ont déjà établi des listes de détenus, transmises au CICR en tant qu'intermédiaire humanitaire neutre.
Du côté du gouvernement congolais, une commission technique d'identification a été mise en place pour examiner ces dossiers. À ce stade, toutefois, aucune libération n'a encore été effectuée dans le cadre de l'accord de Doha.
La question du calendrier reste cependant incertaine. Kinshasa se montre discret et invoque la confidentialité de l'opération et la protection de l'identité des personnes concernées.
Face à ces blocages, plusieurs acteurs internationaux tentent d'encourager les avancées. Mirjana Spoljaric, présidente du CICR, s'est rendue dans la région, en septembre dernier – à Kinshasa, Kigali et Goma – et a abordé notamment ces questions avec les différentes parties.
Selon plusieurs sources, la médiation qatarienne est également en contact avec le CICR et les protagonistes du conflit, afin de faire progresser le processus.
Les militaires dont la libération est évoquée ne constituent pas un groupe homogène. Plusieurs catégories sont mentionnées. La première concerne des soldats qui auraient refusé de combattre dans les rangs de l'Armée révolutionnaire congolaise (ARC), la branche armée de l'AFC/M23. À leurs côtés, figurent des militaires blessés qui étaient, jusque-là, soignés dans des hôpitaux de Goma.
D'autres appartiendraient à des catégories plus fragiles au sein de l'institution militaire. Certains sont considérés comme invalides, tandis que d'autres sont des soldats âgés ayant dépassé l'âge de servir dans l'armée.
Enfin, des militaires faits prisonniers au cours des combats figureraient également parmi les personnes concernées par cette libération annoncée. Le nombre exact n'a toutefois pas été confirmé par des sources indépendantes.
Le CICR prêt à accompagner une opération humanitaire
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), régulièrement impliqué dans ce type d'opérations, a réagi avec prudence. Sans confirmer le nombre de personnes concernées, l'organisation indique avoir pris connaissance de l'annonce.
« Le CICR a pris connaissance du communiqué de l'AFC/M23 annonçant sa décision de libérer un certain nombre d'éléments FARDC détenus. En tant qu'intermédiaire neutre, le CICR se tient prêt à accompagner une telle opération avec l'accord de toutes les parties », a déclaré François Moreillon, chef de la délégation du CICR en RDC.
Selon plusieurs sources, le mouvement rebelle échange avec le CICR depuis plusieurs mois sur cette question. Le sujet avait également été évoqué, le mois dernier, lors de discussions entre des représentants de l'AFC/M23 et Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée de la gestion des crises.
Du côté de l'AFC/M23, cette annonce est présentée comme un geste de bonne foi. Le mouvement affirme attendre, en retour, la libération de ses propres membres détenus à Kinshasa.
L'initiative s'inscrit dans un contexte où les deux parties avaient signé, en septembre 2025, un mécanisme pour la libération des détenus, salué à l'époque comme une avancée importante dans la gestion des conséquences du conflit. Près de sept mois plus tard, cependant, peu de progrès visibles ont été enregistrés dans la mise en œuvre de ce mécanisme.
Des réactions sceptiques à Kinshasa
À Kinshasa, l'annonce de l'AFC/M23 a été accueillie avec réserve. Avant sa publication, certains responsables affirment ne pas avoir été informés de cette initiative.
Plusieurs dirigeants accusent le mouvement rebelle de chercher avant tout un bénéfice politique et diplomatique. Un responsable sécuritaire avance une autre lecture. Selon lui, cette libération pourrait aussi traduire la difficulté pour l'AFC/M23 d'entretenir durablement un nombre important de militaires captifs.
Même si une libération devait se concrétiser, le processus pourrait prendre du temps. Il devrait passer par plusieurs étapes de clarification et de planification impliquant le CICR et les autorités congolaises.
Un précédent illustre l'ampleur de ce type d'opération. L'an dernier, le transfert de 1 300 personnes désarmées des forces gouvernementales et de leurs familles de Goma vers Kinshasa, facilité par le CICR et la MONUSCO, avait nécessité plus de 60 rotations d'avions et d'hélicoptères. Une opération de plus grande ampleur demanderait donc une organisation logistique particulièrement complexe.
Un mécanisme d'échanges encore bloqué
Dans le cadre du mécanisme signé en septembre 2025, les deux parties ont déjà établi des listes de détenus, transmises au CICR en tant qu'intermédiaire humanitaire neutre.
Du côté du gouvernement congolais, une commission technique d'identification a été mise en place pour examiner ces dossiers. À ce stade, toutefois, aucune libération n'a encore été effectuée dans le cadre de l'accord de Doha.
La question du calendrier reste cependant incertaine. Kinshasa se montre discret et invoque la confidentialité de l'opération et la protection de l'identité des personnes concernées.
Face à ces blocages, plusieurs acteurs internationaux tentent d'encourager les avancées. Mirjana Spoljaric, présidente du CICR, s'est rendue dans la région, en septembre dernier – à Kinshasa, Kigali et Goma – et a abordé notamment ces questions avec les différentes parties.
Selon plusieurs sources, la médiation qatarienne est également en contact avec le CICR et les protagonistes du conflit, afin de faire progresser le processus.

