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Présidentielle au Sénégal : la malédiction du second tour

Dimanche 24 Février 2019

De 1960 à 1973, rien d’étonnant à cela puisque Léopold Sédar Senghor était l’unique candidat en lice. Mais depuis 1978, sept scrutins pluralistes ont eu lieu : à cinq reprises, le président sortant a été réélu dès le premier tour. Revers de la médaille, les deux seules occasions où l’occupant du Palais de la République a été mis en ballotage, il a dû s’incliner au second tour. Rétrospective.

2012 : Macky Sall prive Abdoulaye Wade d’un troisième mandat



Lors de la dixième élection présidentielle du pays depuis l’indépendance, le président sortant Abdoulaye Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat contraire à l’esprit de la Constitution, qui limite désormais à deux le nombre de mandats successifs. Dans la rue, la mobilisation citoyenne provoque une campagne sous haute tension.  

Face à lui, treize candidats unis par un pacte informel : « Tout sauf Wade ! » Au soir du premier tour, le 26 février 2012, Abdoulaye Wade arrive en tête avec 34,8 % des suffrages. Macky Sall, qui fut longtemps son  protégé avant de tomber en disgrâce et de fonder son propre parti, l’Alliance pour la République (APR), sort du lot, devançant Moustapha Niasse, Ousmane Tanor Dieng et Idrissa Seck (26,58 %).

Le 25 mars 2012, Abdoulaye Wade ne parvient pas à dépasser son score du premier tour (34,20 %). Soutenu par l’ensemble des candidats malheureux, Macky Sall s’impose haut la main (65,8 %), offrant au pays sa deuxième alternance.

2007 : Abdoulaye Wade réélu dans un fauteuil



Abdoulaye Wade, le fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS), se présente pour un second mandat. Il fait face à quatorze candidats, dont l’un de ses fils spirituels, qu’il a formé depuis son plus jeune âge : Idrissa Seck, désormais à la tête de son propre parti, Rewmi. Le leader du Parti socialiste, Ousmane Tanor Dieng, et celui de l’Alliance des forces de progrès (AFP), Moustapha Niasse, sont eux aussi de la partie.

L’élection prend fin dès le premier tour, avec une large victoire d’Abdoulaye Wade (55,90 %), qui devance largement Idrissa Seck (14,92 %) et Ousmane Tanor Dieng (13,56 %).

2000 : Abdoulaye Wade impose l’alternance
Le socialiste Abdou Diouf est candidat à sa réélection pour un quatrième mandat. Dans le même temps, l’éternel opposant libéral, Abdoulaye Wade, dont c’est la cinquième candidature, fait campagne en promettant le « Sopi » (« Changement » en wolof).

Pour la première fois de l’histoire du Sénégal, un président sortant est mis en ballotage. Au premier tour, Abdoulaye Wade récolte 31 % des voix, Abdou Diouf 41,3 %. Le 19 mars 2000, Abdoulaye Wade l’emporte avec 58,49 % des suffrages, mettant fin à quarante années de règne socialiste. Le Sénégal connaît sa première alternance

1993 : troisième mandat pour Abdou Diouf
Telle une routine, la présidentielle de 1993 prend fin au premier tour, avec la réélection d’Abdou Diouf. Face à sept candidats dont Abdoulaye Wade ou Landing Savané, le socialiste l’emporte confortablement, le 21 février, avec 58,40 % des suffrages. Il devance Abdoulaye Wade, plébiscité par 32 % des électeurs.

1988 : Abdou Diouf rempile
Comme ce fut le cas en 1983, et comme ça le sera encore en 1993 -, le président socialiste remporte une victoire sans appel dès le premier tour. L’élection, qui se joue à quatre candidats, est largement favorable au sortant, qui est réélu avec plus de 73 % des voix.

1983 : Abdou Diouf conforté
Le socialiste Abdou Diouf, qui a succédé à Léopold Sédar Senghor en 1981, après la démission du président-poète, est conforté à la tête de l’État par les Sénégalais, qui sont 83,45 % à lui faire confiance dès le premier tour. Pour sa deuxième candidature, Abdoulaye Wade doit se contenter de 14,79 % des suffrages.

1978 : l’heure du choix
Depuis l’indépendance, en 1960, l’élection présidentielle se jouait avec un candidat unique : Léopold Sédar Senghor. En 1978, pour la première fois, les Sénégalais sont amenés à choisir entre plusieurs candidats. Face à Senghor, Abdoulaye Wade inaugure une longue série de candidatures malheureuses. Léopold Sédar Senghor est élu dès le premier tour avec 82,20 % des voix.

JEUNE AFRIQUE 

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