Menu

Plus de 80 morts entre 2021 et 2024 : Une enquête lancée, mais des obstacles en vue

Mercredi 30 Juillet 2025

Alors que les violences politiques survenues entre 2021 et 2024 ont endeuillé le Sénégal, faisant plus de 80 morts, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, a décidé d’ouvrir une enquête judiciaire. Une initiative attendue mais semée d’embûches, entre immunités, flou juridique et risques de politisation, préviennent les spécialistes du droit.

Si cette initiative est saluée par une partie de l’opinion publique, elle pourrait néanmoins se heurter à de nombreux obstacles juridiques, techniques et politiques, préviennent des experts. Selon Dr Mouhamadou Ba, enseignant en droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), interrogé par L’Observateur, la complexité de cette enquête réside dans le statut des personnes potentiellement mises en cause.

L’universitaire explique que certains hauts fonctionnaires, notamment dans les forces de l’ordre, peuvent bénéficier d’une immunité pénale s’ils ont agi dans le cadre d’une mission de service public. Quant aux anciens ministres ou chefs d’État, ils ne peuvent être poursuivis que selon des procédures spécifiques, comme le recours à la Haute Cour de Justice. Les agents des forces de sécurité, eux, relèvent du tribunal militaire.

« Ouvrir des enquêtes, c’est une chose. Établir la responsabilité pénale, c’en est une autre », avertit l'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias. 

Il souligne également que la frontière entre faute de service et faute personnelle est souvent floue, rendant les poursuites encore plus incertaines.

De son côté, El Amath Thiam, président de Justice sans Frontière (JSF), pointe les limites factuelles qui pourraient entraver l’enquête : disparition de preuves, difficulté à identifier les auteurs ou les donneurs d’ordre. Il met en garde contre un risque de politisation de la procédure, appelant à une enquête rigoureuse, impartiale et respectueuse des droits de la défense.

Les analystes estiment que cette initiative judiciaire pourrait raviver les tensions si elle est perçue comme une justice à deux vitesses. Une comparaison est d’ailleurs faite avec le procès de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI), où malgré un bilan de 3 000 morts, aucune culpabilité n’a pu être établie.

Le Dr Ba conclut, non sans scepticisme :

« Des enquêtes seront ouvertes, des auditions menées, mais la montagne risque d’accoucher d’une souris. »
exclusif net

Nouveau commentaire :




AUTRES INFOS

Congé de maternité : Diomaye Faye veut passer de 14 à 18 semaines

Carnet blanc : Tann Bombé quitte officiellement le célibat

Le journaliste René Capain Bassène, condamné à tort (vidéo)

Premier League : Manchester United s'impose face à Liverpool grâce à l'enfant du club Kobbie Mainoo (3-2)

La CAN 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda aura lieu du 19 juin au 17 juillet

Football : Pape Thiaw clôt une tournée auprès des internationaux sénégalais

Maroc : 136 interpellations après de violents affrontements lors du match AS FAR–Raja

CANAL+ Sénégal et la Fédération Sénégalaise des Sports Électroniques et Disciplines Associées unissent leurs forces pour développer l’Esport au Sénégal

Dakar 2026 : les États-Unis officialisent leur présence aux Jeux Olympiques de la Jeunesse

Préparation au Mondial 2026 : le Sénégal face à l’Arabie saoudite en match test