Au Cameroun, la bataille politique autour du pouvoir ne se joue pas uniquement dans les bureaux de l’administration. Elle se déroule également sur le terrain de l’information, avec l’apparition de documents présentés comme des décisions officielles avant d’être finalement démentis.
Le dernier épisode en date remonte au mois de juin. Joël Sitchom s’est présenté à la Direction des affaires de souveraineté de la Cameroon Radio Television (CRTV) avec deux documents censés être des décrets présidentiels. Le premier portait sur la nomination d’un vice-président, tandis que le second concernait la formation d’un nouveau gouvernement.
Les documents comportaient notamment les sceaux de la présidence de la République ainsi que la signature attribuée au président Paul Biya. Mais alors que Joël Sitchom aurait demandé à un rédacteur en chef de les lire à l’antenne, le directeur général de la CRTV, Charles Ndongo, est intervenu.
Il a alors contacté Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil du chef de l’État, afin de vérifier l’authenticité des documents. La réponse aurait été sans ambiguïté : les deux décrets étaient faux.
La CRTV face au risque des faux documents
Cet épisode n’est pas isolé. La chaîne publique camerounaise avait déjà été confrontée à une situation similaire en novembre 2023.
Le 9 novembre, le journal de 17 heures avait annoncé le limogeage de Boukar Abdourahim, alors directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, et son remplacement par Kamsouloum Elhadji Hachimi.
Le décret diffusé avait ensuite été présenté comme un faux et retiré. Cet épisode avait alimenté les interrogations sur une éventuelle instrumentalisation de la chaîne publique dans les luttes d’influence qui traversent les cercles du pouvoir à Yaoundé.
CRTV contre PRC TV : deux canaux d’information
Cette guerre des récits concerne également les relations entre les différents réseaux proches du pouvoir.
La CRTV, dirigée par Charles Ndongo, est régulièrement présentée comme un relais important de certaines sphères du pouvoir. Face à elle, PRC TV, créée en 2022 sous l’autorité du cabinet civil de la présidence, s’est progressivement imposée comme un autre canal de communication autour des activités du chef de l’État.
Cette concurrence s’est notamment manifestée lors du conflit opposant Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football, au ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi.
Dans ce contexte, la diffusion d’informations sensibles ou de documents controversés peut rapidement devenir un instrument de combat entre différents réseaux d’influence.
L’affaire Amougou Belinga, autre épisode emblématique
L’un des cas les plus marquants reste celui de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, incarcéré dans le cadre de l’affaire liée à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
En décembre 2023, ses avocats avaient reçu une ordonnance de mise en liberté provisoire présentée comme ayant été signée par le juge militaire Sikati II Kamwo. Mais le ministère de la Défense avait rapidement affirmé que le document était un faux.
L'affaire avait ensuite été suivie par le remplacement du magistrat, officialisé quelques mois plus tard par un décret présidentiel.
Une guerre de documents et d'influences
Ces différents épisodes illustrent les tensions qui entourent la circulation de l’information au sommet de l’État camerounais. Décrets présidentiels, décisions judiciaires ou annonces de nominations peuvent devenir des instruments dans les luttes entre différents réseaux.
Dans un environnement où plusieurs clans cherchent à contrôler les canaux d’information et à influencer les décisions publiques, l’apparition de documents attribués aux plus hautes autorités pose une question essentielle : qui produit ces faux documents et dans quel objectif ?
Pour l’heure, les épisodes successifs de faux décrets et de décisions controversées entretiennent surtout un climat de méfiance. Au Cameroun, la bataille pour le contrôle de l’information semble ainsi être devenue un autre front de la lutte d’influence autour du pouvoir.
Le dernier épisode en date remonte au mois de juin. Joël Sitchom s’est présenté à la Direction des affaires de souveraineté de la Cameroon Radio Television (CRTV) avec deux documents censés être des décrets présidentiels. Le premier portait sur la nomination d’un vice-président, tandis que le second concernait la formation d’un nouveau gouvernement.
Les documents comportaient notamment les sceaux de la présidence de la République ainsi que la signature attribuée au président Paul Biya. Mais alors que Joël Sitchom aurait demandé à un rédacteur en chef de les lire à l’antenne, le directeur général de la CRTV, Charles Ndongo, est intervenu.
Il a alors contacté Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil du chef de l’État, afin de vérifier l’authenticité des documents. La réponse aurait été sans ambiguïté : les deux décrets étaient faux.
La CRTV face au risque des faux documents
Cet épisode n’est pas isolé. La chaîne publique camerounaise avait déjà été confrontée à une situation similaire en novembre 2023.
Le 9 novembre, le journal de 17 heures avait annoncé le limogeage de Boukar Abdourahim, alors directeur de cabinet du président de l’Assemblée nationale, et son remplacement par Kamsouloum Elhadji Hachimi.
Le décret diffusé avait ensuite été présenté comme un faux et retiré. Cet épisode avait alimenté les interrogations sur une éventuelle instrumentalisation de la chaîne publique dans les luttes d’influence qui traversent les cercles du pouvoir à Yaoundé.
CRTV contre PRC TV : deux canaux d’information
Cette guerre des récits concerne également les relations entre les différents réseaux proches du pouvoir.
La CRTV, dirigée par Charles Ndongo, est régulièrement présentée comme un relais important de certaines sphères du pouvoir. Face à elle, PRC TV, créée en 2022 sous l’autorité du cabinet civil de la présidence, s’est progressivement imposée comme un autre canal de communication autour des activités du chef de l’État.
Cette concurrence s’est notamment manifestée lors du conflit opposant Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football, au ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi.
Dans ce contexte, la diffusion d’informations sensibles ou de documents controversés peut rapidement devenir un instrument de combat entre différents réseaux d’influence.
L’affaire Amougou Belinga, autre épisode emblématique
L’un des cas les plus marquants reste celui de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, incarcéré dans le cadre de l’affaire liée à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo.
En décembre 2023, ses avocats avaient reçu une ordonnance de mise en liberté provisoire présentée comme ayant été signée par le juge militaire Sikati II Kamwo. Mais le ministère de la Défense avait rapidement affirmé que le document était un faux.
L'affaire avait ensuite été suivie par le remplacement du magistrat, officialisé quelques mois plus tard par un décret présidentiel.
Une guerre de documents et d'influences
Ces différents épisodes illustrent les tensions qui entourent la circulation de l’information au sommet de l’État camerounais. Décrets présidentiels, décisions judiciaires ou annonces de nominations peuvent devenir des instruments dans les luttes entre différents réseaux.
Dans un environnement où plusieurs clans cherchent à contrôler les canaux d’information et à influencer les décisions publiques, l’apparition de documents attribués aux plus hautes autorités pose une question essentielle : qui produit ces faux documents et dans quel objectif ?
Pour l’heure, les épisodes successifs de faux décrets et de décisions controversées entretiennent surtout un climat de méfiance. Au Cameroun, la bataille pour le contrôle de l’information semble ainsi être devenue un autre front de la lutte d’influence autour du pouvoir.

