Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a livré un plaidoyer en faveur de l’indépendance et de l’autonomie des institutions. Pour lui, les divergences entre les différents pouvoirs ne doivent pas être assimilées à une crise institutionnelle. Il rappelle que la Constitution elle-même prévoit des mécanismes permettant l’expression du désaccord et met en garde contre toute volonté de transformer l’Assemblée nationale en simple chambre d’enregistrement.
Ousmane Sonko revendique le droit au désaccord entre les institutions de la République. Dans une déclaration consacrée aux rapports entre les différents pouvoirs, le président de l’Assemblée nationale estime que leur autonomie constitue une exigence du fonctionnement démocratique.
« Les institutions dans ce pays assument leurs différences », affirme-t-il d’emblée. À ses yeux, la Constitution sénégalaise n’a jamais érigé l’unanimité entre les pouvoirs en principe de fonctionnement.
Pour étayer son propos, Ousmane Sonko énumère plusieurs mécanismes prévus par la Loi fondamentale. « La Constitution d’ailleurs a prévu le désaccord en organisant : l’initiative des lois, les amendements, les questions au Gouvernement, les commissions d’enquête, la saisine du Conseil constitutionnel, la confiance, la censure et la dissolution », souligne-t-il.
Et de s’interroger : « Pourquoi de tels mécanismes existeraient-ils si l’unanimité était la règle ? »
« L’alignement ne constitue pas une obligation constitutionnelle »
Le président de l’Assemblée nationale convoque également les deux grandes échéances électorales de 2024 pour rappeler l’origine populaire de la légitimité des institutions.
« Le Président tient sa légitimité de l’élection du 24 mars 2024. Et le 17 novembre 2024, même souveraineté, celle du peuple, exercée par des institutions aux compétences distinctes », soutient Ousmane Sonko.
Selon lui, une proximité politique entre l’Exécutif et la majorité parlementaire peut exister, mais elle ne saurait conduire à l’effacement de l’autonomie de l’Assemblée nationale.
« L’alignement peut être une réalité politique. Mais il ne constitue pas une obligation constitutionnelle », tranche-t-il.
Plus catégorique encore, Ousmane Sonko rappelle la mission des parlementaires : « Les députés ne sont pas les validateurs des décisions prises ailleurs. »
« L’État n’a pas besoin d’institutions alignées, mais d’institutions debout »
Le président de l’Assemblée nationale rejette ainsi l’idée selon laquelle une divergence entre institutions serait nécessairement synonyme de conflit politique.
« En vérité, l’État n’a pas besoin d’institutions alignées, mais d’institutions debout », affirme-t-il.
Pour Ousmane Sonko, il convient de distinguer clairement autonomie institutionnelle et confrontation. « L’autonomie n’est pas l’hostilité. Le contrôle n’est pas la défaillance, ni la défiance. Le désaccord n’est pas le désordre », insiste-t-il.
Il va plus loin en mettant en garde contre une concentration excessive du pouvoir : « Ce qui menace la République, ce n’est pas la franchise entre les pouvoirs, mais la volonté de l’un d’eux de réduire les autres au silence. »
Cette indépendance ne doit toutefois pas servir de prétexte à des blocages permanents. « Cette autonomie n’autorise ni l’obstruction, ni l’alignement », précise-t-il.
« Une chambre de délibération, non une chambre d’écho »
Ousmane Sonko réserve enfin une partie de son propos au rôle que doit jouer l’Assemblée nationale. Pour lui, l’institution parlementaire doit être un véritable espace de débat, de contrôle et de confrontation des idées.
« Notre Assemblée doit être une chambre de délibération, non une chambre d’écho », déclare-t-il.
Le président de l’institution adresse, dans le même temps, un message à la majorité parlementaire. « La majorité n’est ni infaillible, ni toute-puissante. Sa grandeur se mesure à l’espace qu’elle laisse à l’opposition », estime-t-il.
Mais l’opposition est également appelée à exercer pleinement son rôle sans verser dans la dramatisation systématique. Elle « doit exercer sa critique avec rigueur, sans transformer chaque désaccord en catastrophe », prévient Ousmane Sonko.
Enfin, il reconnaît le rôle de contre-pouvoir joué par d’autres acteurs de l’espace public tout en invitant chacun à la mesure : « La société civile et les médias sont indispensables, mais nul ne détient le monopole de la vérité. »
Ousmane Sonko revendique le droit au désaccord entre les institutions de la République. Dans une déclaration consacrée aux rapports entre les différents pouvoirs, le président de l’Assemblée nationale estime que leur autonomie constitue une exigence du fonctionnement démocratique.
« Les institutions dans ce pays assument leurs différences », affirme-t-il d’emblée. À ses yeux, la Constitution sénégalaise n’a jamais érigé l’unanimité entre les pouvoirs en principe de fonctionnement.
Pour étayer son propos, Ousmane Sonko énumère plusieurs mécanismes prévus par la Loi fondamentale. « La Constitution d’ailleurs a prévu le désaccord en organisant : l’initiative des lois, les amendements, les questions au Gouvernement, les commissions d’enquête, la saisine du Conseil constitutionnel, la confiance, la censure et la dissolution », souligne-t-il.
Et de s’interroger : « Pourquoi de tels mécanismes existeraient-ils si l’unanimité était la règle ? »
« L’alignement ne constitue pas une obligation constitutionnelle »
Le président de l’Assemblée nationale convoque également les deux grandes échéances électorales de 2024 pour rappeler l’origine populaire de la légitimité des institutions.
« Le Président tient sa légitimité de l’élection du 24 mars 2024. Et le 17 novembre 2024, même souveraineté, celle du peuple, exercée par des institutions aux compétences distinctes », soutient Ousmane Sonko.
Selon lui, une proximité politique entre l’Exécutif et la majorité parlementaire peut exister, mais elle ne saurait conduire à l’effacement de l’autonomie de l’Assemblée nationale.
« L’alignement peut être une réalité politique. Mais il ne constitue pas une obligation constitutionnelle », tranche-t-il.
Plus catégorique encore, Ousmane Sonko rappelle la mission des parlementaires : « Les députés ne sont pas les validateurs des décisions prises ailleurs. »
« L’État n’a pas besoin d’institutions alignées, mais d’institutions debout »
Le président de l’Assemblée nationale rejette ainsi l’idée selon laquelle une divergence entre institutions serait nécessairement synonyme de conflit politique.
« En vérité, l’État n’a pas besoin d’institutions alignées, mais d’institutions debout », affirme-t-il.
Pour Ousmane Sonko, il convient de distinguer clairement autonomie institutionnelle et confrontation. « L’autonomie n’est pas l’hostilité. Le contrôle n’est pas la défaillance, ni la défiance. Le désaccord n’est pas le désordre », insiste-t-il.
Il va plus loin en mettant en garde contre une concentration excessive du pouvoir : « Ce qui menace la République, ce n’est pas la franchise entre les pouvoirs, mais la volonté de l’un d’eux de réduire les autres au silence. »
Cette indépendance ne doit toutefois pas servir de prétexte à des blocages permanents. « Cette autonomie n’autorise ni l’obstruction, ni l’alignement », précise-t-il.
« Une chambre de délibération, non une chambre d’écho »
Ousmane Sonko réserve enfin une partie de son propos au rôle que doit jouer l’Assemblée nationale. Pour lui, l’institution parlementaire doit être un véritable espace de débat, de contrôle et de confrontation des idées.
« Notre Assemblée doit être une chambre de délibération, non une chambre d’écho », déclare-t-il.
Le président de l’institution adresse, dans le même temps, un message à la majorité parlementaire. « La majorité n’est ni infaillible, ni toute-puissante. Sa grandeur se mesure à l’espace qu’elle laisse à l’opposition », estime-t-il.
Mais l’opposition est également appelée à exercer pleinement son rôle sans verser dans la dramatisation systématique. Elle « doit exercer sa critique avec rigueur, sans transformer chaque désaccord en catastrophe », prévient Ousmane Sonko.
Enfin, il reconnaît le rôle de contre-pouvoir joué par d’autres acteurs de l’espace public tout en invitant chacun à la mesure : « La société civile et les médias sont indispensables, mais nul ne détient le monopole de la vérité. »


