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Opposante à Maduro et proche de Trump : qui est María Corina Machado, prix Nobel de la paix ?

Samedi 11 Octobre 2025

Le comité Nobel a surpris le monde entier, vendredi 10 octobre, en attribuant le prix Nobel de la paix 2025 à la Vénézuélienne María Corina Machado, figure autoproclamée de la résistance au régime de Nicolas Maduro. Si certains saluent son « courage civique », d’autres dénoncent une instrumentalisation politique d’une récompense censée incarner la neutralité et l’universalité de la paix.

Âgée de 58 ans, María Corina Machado s’est imposée comme la principale opposante à Nicolas Maduro, au pouvoir depuis plus de treize ans. En juillet 2024, elle avait dénoncé la « fraude électorale » du président sortant, refusant de reconnaître les résultats officiels. Depuis, l’ancienne députée vit dans la clandestinité et se présente comme la voix du « Venezuela libre ».

Mais derrière cette image d’opposante courageuse, de nombreuses voix s’élèvent pour rappeler le profil idéologique très marqué de la nouvelle lauréate. Issue d’une riche famille d’industriels et formée aux États-Unis, María Corina Machado incarne une droite dure, ouvertement libérale et pro-américaine, prônant la privatisation massive des entreprises publiques et la libéralisation totale de l’économie.


Pour ses détracteurs, ce Nobel n’est pas un hommage à la paix, mais un signal politique en faveur du camp occidental, dans un contexte de tensions renouvelées entre Caracas et Washington.

« Le prix Nobel de la Paix a été décerné à la représentante n°1 de l’impérialisme américain », s’indigne un commentateur latino-américain, dénonçant une récompense à une femme « riche héritière de droite financée par la CIA », surnommée par certains « Augusta Pinocheta » en référence à son alignement idéologique sur les doctrines néolibérales.

María Corina Machado est également connue pour avoir soutenu le coup d’État manqué de 2002 contre Hugo Chávez, et pour ses relations étroites avec les cercles trumpistes. Ses positions pro-israéliennes ont aussi alimenté la polémique, après qu’elle aurait appelé Benyamin Netanyahou à « intervenir pour renverser Maduro ».

Un Nobel sous influence
Le choix du comité Nobel suscite donc une vague de critiques dans plusieurs capitales d’Amérique latine, où l’on dénonce une politisation flagrante de la distinction.

« Ce prix récompense moins la paix que l’idéologie. On couronne une militante ultralibérale, hostile à tout dialogue, qui n’a jamais prôné la réconciliation nationale », estime un chercheur en relations internationales à l’Université de São Paulo.

Même certains analystes européens s’interrogent sur le message envoyé. « Honorer María Corina Machado, c’est transformer le Nobel de la paix en instrument diplomatique contre le Venezuela », souligne une experte en géopolitique latino-américaine.

Un message ambigu au nom de la “liberté”
Dans un message publié sur le réseau social X, la lauréate a dédié son prix à Donald Trump et au peuple vénézuélien. « Ce prix, je le dédie au président Trump et à tous les Vénézuéliens qui se battent pour la liberté », a-t-elle écrit, avant d’ajouter qu’elle comptait « poursuivre son combat jusqu’à la chute du régime de Maduro ». Une déclaration qui renforce le malaise autour d’une récompense censée symboliser la paix, mais qui semble désormais porter les couleurs d’un camp politique.


En honorant María Corina Machado, le comité Nobel s’éloigne de l’esprit fondateur d’Alfred Nobel et fragilise la crédibilité d’un prix souvent perçu comme un instrument d’équilibre moral dans un monde fracturé. Alors que le Venezuela demeure plongé dans une crise économique et humanitaire sans précédent, cette distinction, loin d’apaiser les divisions, risque au contraire de raviver les fractures idéologiques. Une question reste ouverte : comment célébrer la paix en couronnant une personnalité qui, plus qu’une militante du dialogue, s’impose comme le symbole d’un combat politique soutenu par les faucons de Washington ?

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