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Meiway : « L’entêtement de nos Chefs d'Etat est la cause des putschs »

Samedi 23 Juillet 2022

Chaque samedi, Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter les sujets d’actualité. Cette semaine, l’artiste et producteur ivoirien Désiré Frédéric Ehui, alias Meiway, s’exprime sur la politique en Côte d’Ivoire et sur les récents coups d’État en Afrique de l’Ouest.


Le 14 juillet, Alassane Ouattara a reçu les anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. C’était une rencontre historique. Qu’attendez-vous de ce type de rendez-vous ?

J’en attends le meilleur, car le pire, nous l’avons déjà vécu. La Côte d’Ivoire a déjà trop souffert. Ces trois dirigeants sont tous en partie responsables des affres que le pays a vécu. J’espère qu’ils vont oublier leurs désaccords et passer le flambeau.

Le député de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a proposé une loi qui instaurerait un âge limite (75 ans) pour être candidat à la présidentielle, ce qui disqualifierait ces trois hommes. Est-ce la solution ?

Je trouve quand même dommage qu’un député en vienne à proposer une telle loi car eux-mêmes auraient dû le comprendre tout seuls. Ils sont presque octogénaires, ils ont des enfants et des petits-enfants.. Il faut qu’ils leur laissent la place.

Je ne leur dis pas qu’ils doivent partir parce qu’ils ont mal travaillé. Non, ils ont bien travaillé. Et ils ont fait des enfants compétents, qui attendent d’exercer le pouvoir à leur tour.


Comment réconcilier les Ivoiriens ?

Il faut jouer franc-jeu. Il y a encore des Ivoiriens en exil ou emprisonnés injustement en raison de leurs choix politiques. Tous ceux-là doivent être libérés pour qu’il y ait une réconciliation véritable.

Pour certains, cela reviendrait à empêcher la justice de faire son travail…

Ce sont des propos truffés de stratégie politique. On sait qu’il y a énormément de personnes injustement emprisonnées. Si la justice jouait véritablement son rôle, elles devraient être libres. La réconciliation ne doit pas avoir d’entrave. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas du même parti qu’on est ennemis.


Mali, Burkina Faso, Guinée… Plusieurs pays ouest-africains sont dirigés par des militaires arrivés au pouvoir à la suite d’un coup d’État. Assistons-nous à un recul de la démocratie dans la région ?

Les régimes défaillants, les présidents qui renouvellent sans cesse leur mandat, leur entêtement, sont la cause de ces putschs. On ne souhaite évidemment pas que la Côte d’Ivoire connaisse le même sort. Pour que cela n’arrive plus, encore faut-il que nos gouvernants nous écoutent : le peuple souffre et pleure. Il faut entendre cela, sous peine d’être surpris à l’avenir.

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