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« Mascarade » ou justice rendue ? Le verdict contre Tariq Ramadan divise profondément

Jeudi 26 Mars 2026

La condamnation de l’islamologue suisse Tariq Ramadan à 18 ans de prison par la cour criminelle départementale de Paris a déclenché une onde de choc bien au-delà du prétoire, ravivant un débat explosif sur l’équité de la justice française.

À peine le verdict prononcé, les réactions ont fusé, dénonçant pêle-mêle une « mascarade », une « parodie de justice » et un « acharnement » contre une figure controversée depuis l’émergence du mouvement MeToo.

Dans un entretien accordé à Agence Anadolu, son avocat Me Ouadie Elhamamouchi a fustigé une procédure qu’il juge profondément biaisée : « Le procès se termine comme il a commencé, à savoir une mascarade », a-t-il lancé, estimant que la sévérité de la peine et l’interdiction définitive du territoire français traduisent « un acharnement sur la personne de Tariq Ramadan ».

La défense, qui avait quitté les audiences pour protester contre la tenue du procès en l’absence de l’accusé, se dit aujourd’hui « confortée » dans son choix, refusant de « servir de caution à cette parodie de justice ».

Sur les réseaux sociaux, la contestation a rapidement pris de l’ampleur. Sa fille, Maryam Ramadan, a dénoncé une « parodie de justice », tandis que le Dr Fanny Bauer-Motti a évoqué « un procès qui fait honte à la France ». De nombreux internautes, eux, parlent d’un « verdict politique » et d’une volonté « d’anéantissement ».

Présidée par la juge Corinne Goetzmann, la juridiction parisienne a suivi les réquisitions du parquet en prononçant une peine de 18 ans de réclusion, assortie d’une interdiction définitive du territoire français et d’un suivi socio-judiciaire de huit ans.

Cette mesure impose notamment à l’accusé de ne pas entrer en contact avec les plaignantes, mais aussi de s’abstenir de toute publication ou intervention publique en lien avec l’affaire.

Le procès, tenu à huis clos à la demande d’une des plaignantes, s’est déroulé dans un contexte particulièrement controversé. Tariq Ramadan, âgé de 64 ans, n’a pas comparu, en raison de son état de santé. Hospitalisé en Suisse pour des complications liées à une sclérose en plaques, il avait demandé un report, refusé après une expertise médicale contestée par la défense.

Depuis près de dix ans, l’affaire Tariq Ramadan s’inscrit dans une longue bataille judiciaire entre la Suisse et la France, marquée par des décisions contradictoires et des controverses persistantes. L’islamologue, qui clame son innocence, affirme que les relations évoquées étaient consenties.

Dernier élément en date : une analyse stylométrique avancée par la défense, qui a semé le doute en attribuant certains messages anonymes à une plaignante. Malgré cela, ses demandes de révision en Suisse et de complément d’enquête en France ont été rejetées.

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